[SORTIE DVD/BLU-RAY + INTERVIEW] – SUPER MARIO BROS. LE FILM : PIERRE TESSIER EST UN SUPER PLOMBIER !

C’est le succès surprise de ce début d’année ! Avec plus d’1.3 milliards de recettes récoltés au box-office Super Mario Bros. Le film a déjoué tous les pronostics. Une bombe d’animation, avec une identité visuelle forte, riche, fidèle aux jeux vidéos à la fois dans la retranscription de son univers ainsi que dans la caractérisation de ses personnages, tout en s’offrant quelques libertés nécessaires.
À l’occasion de la sortie en DVD/Blu-Ray de Super Mario Bros. ce 23 août, le comédien Pierre Tessier (Mario) a accepté de revenir sur son travail vocal et sur l’engouement médiatique autour du doublage.

« J’ai vu passer une tonne d’articles sur notre doublage, je n’ai rien compris de ce qui se passait »

Comment vous êtes-vous vu proposer le rôle de Mario ?
On ne m’a pas parlé de Mario tout de suite. Pour la sortie du film, il a fallu faire une bande-annonce en urgence. Le projet était secret. C’est Valérie Siclay qui m’a contacté en me proposant de prêter ma voix pour une bande-annonce. Elle devait faire trois propositions de voix aux studios américains. C’est lorsque je suis arrivé sur le plateau de doublage que j’ai su que c’était pour Super Mario Bros. Le film. Ce sont les Américains qui devaient choisir parmi les trois propositions. Je ne sais même pas qui sont les deux autres acteurs auditionnés. Il me semble que David Krüger n’a pas été choisi car ils ne voulaient pas que Mario ressemble à du Chris Pratt (la VO du film) dans la voix. Il est vrai que David a une voix assez grave. Là, ils souhaitaient totalement autre chose. Moins le côté « super-héros », je pense, et plus le côté dessin animé.
J’ai donc été sélectionné. C’est un peu le hasard car j’ai fait la bande-annonce sans savoir ce qui se passerait après. Il se trouve que cette bande-annonce a fait grand bruit sur les réseaux sociaux et, j’ai repassé des essais pour le rôle à la demande des Américains.

Lorsque la bande-annonce est sortie, il y a eu un engouement autour de la version française du film et surtout sur votre personnage, Mario. Comment avez-vous vécu cela ?

Ça a été dingue ! C’est parti comme une fusée. Personne ne s’y attendait. J’ai vu passer une tonne d’articles sur le sujet, je n’ai rien compris de ce qui se passait. J’étais heureux. Ça fait toujours plaisir lorsqu’on parle de nous dans les médias. C’était flatteur. Un peu moins pour Chris Pratt. Je n’ai d’ailleurs pas trop compris cette déflagration qu’il y a eu autour de lui. Car personne n’avait réellement entendu ce que faisait Chris Pratt sur le personnage de Mario. Dans la bande-annonce, je n’avais qu’une phrase et deux cris. Et c’était pareil pour lui. C’est donc étonnant qu’on puisse juger de la qualité sur si peu de choses.

Je pense que c’est la communication qui s’est un peu plantée avec une phrase qui n’existe même pas dans le film (« Royaume Champignon nous voilà ») et qui n’était peut-être pas représentative du personnage en tous cas, de ce que les gens attendaient du personnage. C’était une phrase un peu plate. Les gens attendaient autre chose sur Mario, un truc plus dynamique. Moi, on m’avait demandé de faire une voix entre Charles Martinet et Chris Pratt. Je pense que c’est ce qui a plu.

« C’était une période très agréable et nous nous sommes beaucoup amusés avec mes camarades »

Que ce soit pendant et après la sortie du film, les comédiens de doublage ont beaucoup été sollicités pour parler du doublage de Super Mario Bros dans les médias. Comment l’expliquez-vous ?
Je n’avais pas mesuré à quel point Mario était si important, toutes générations confondues. Je ne pensais pas que des jeunes d’aujourd’hui continuaient à jouer à Mario. Le personnage est culte. Un totem. De fait, il y avait une grosse attente, je crois, par rapport à la voix. Mario n’avait jamais parlé dans les jeux, c’est peut-être pour cela. C’est un peu une révolution d’avoir un Mario qui s’exprime. Au-delà de Mario, il y a aussi un réel engouement pour le doublage et le travail des comédiens français en doublage. Je pense que les gens nous aiment beaucoup. Je dis « français » mais dans tous les pays le doublage existe. Au Japon, les acteurs de doublage sont des stars. En France, pas encore. Néanmoins, on nous met de plus en plus en avant. Et pourquoi pas ? C’est mérité ! Tout le monde fait un travail de fou et nous faisons tous du bon boulot. La preuve, sur Super Mario Bros. les gens étaient ravis.
[…] On aurait pu faire plus de presse. Pour ma part, j’étais d’accord pour faire davantage d’interviews mais il m’aurait fallu un attaché de presse tellement nous étions sollicités. C’est beaucoup de travail. J’ai répondu à des demandes de manière ponctuelle. NRJ car Cauet nous aime beaucoup. Allociné, car nous nous entendons super bien avec eux. Toutefois, j’ai dû freiner et refuser des demandes. Mais il faut garder la tête sur les épaules. Car ça repart aussi vite que c’est venu. En tout cas, c’était une période très agréable et nous nous sommes beaucoup amusés avec mes camarades.

« Toutes les voix sont extrêmement soignées »

Connaissiez-vous la franchise vidéoludique de Mario avant de prêter votre voix à celui-ci ? Et, de quelle façon vous êtes-vous approprié ce rôle et l’avez-vous ensuite travaillé ?
Je ne connaissais pas bien la franchise Mario. La voix, on se l’approprie en travaillant sur le film. Nous avons bossé comme des fous, à la fois avec Valérie Siclay, la directrice artistique, les personnes de chez Universal et l’un des réalisateurs de chez Illumination, Pierre Leduc. C’était un travail d’équipe pour que le personnage soit nuancé. Qu’il soit sympathique, vivant, qu’il ne soit pas trop cartoonesque pour ne pas fatiguer les oreilles, éviter la caricature avec une voix de canard. Il est vrai que parfois, je ne savais plus très bien le dosage. Je n’avais pas la vision globale. J’ai fait confiance à Valérie Siclay. Lorsque j’ai vu le film en salle à sa sortie, j’ai vraiment pu constater que le travail avait été cohérent sur toute la longueur. Elle a fait un super travail avec tous les acteurs. Toutes les voix sont extrêmement soignées. On se laisse complètement aller. Le doublage de Mario est exceptionnel.

Si exceptionnel que certaines séquences du film comme la chanson de Bowser a tourné en boucle sur les réseaux sociaux pendant plusieurs semaines…
Oui, elle a cartonné ! L’idée de cette chanson est dingue et ce personnage méchant mais amoureux, qui chante en mode crooner, est merveilleux. J’ai découvert la chanson en allant voir le film, au cinéma. Cette scène m’a fait marrer. Jérémie Covillault est formidable dessus. Je savais que ça allait cartonner. Et ça n’a pas loupé ! (rire). Il nous l’a refaite chez Cauet et tout le monde était dingue de cette chanson. Ce sont des choses magiques qu’on ne prédit pas.

[…] Sur le plateau, il me semble que j’ai toujours été seul. J’ai dû réaliser deux scènes avec Benoît Du Pac mais sur des pistes séparées. Je savais qui jouait qui. Mais pour des raisons de planning et de sécurité, nous avons tous tournés nos séquences seuls à la barre. Cependant, ce n’est pas si grave. Nous savons le faire et sur le résultat final, ça fonctionne. Nous avons vraiment l’impression que les personnages se répondent du tac au tac.

Mario a une voix plutôt douce avec un petit accent. Est-ce qu’il y a une séquence du film qui vous a demandé plus de difficultés au doublage ?

Oui (rire). La séquence publicitaire où Mario et Luigi parlent avec un accent italien. Je me suis bien marré mais c’était un peu galère. J’aime beaucoup les séquences avec Peach aussi. Des scènes où l’on sent qu’il pourrait tomber amoureux, qu’il est ému mais pas trop, ça donne un personnage vivant, humain. Il est sensible et, en même temps, courageux. Il fallait qu’il reste humain. C’était difficile aussi parce qu’on ne sait pas bien quels âges Mario et Luigi peuvent avoir. Ils ont une moustache, donc nous pourrions penser qu’ils ont la quarantaine. Ils sont un peu naïfs, ils découvrent la vie. Mais on ne peut pas en faire des gamins de 10 ans. Ils vivent toujours chez leurs parents, sont-ils encore adolescents ? Nous sommes partis sur l’idée que ça serait deux jeunes garçons, âgés de 20-25 ans. C’est rigolo à chercher. J’étais attaché à ses grands yeux naïfs, je me suis servi de ça. Il a l’air tellement gentil que cela devait s’entendre dans la voix.

Cela demande-t-il plus de concentration et d’énergie pour doubler un personnage animé ?
Ça ne demande pas davantage de concentration. C’est différent. Un personnage en chair et en os, lorsqu’on le double, nous sommes concentrés pour respecter ce que fait l’acteur original. Là, j’avais plus de libertés. Je pouvais amener ma patte. Néanmoins, ce fut un gros travail. Chaque phrase était travaillée et retravaillée. Nous étions à la nuance près.

Nintendo est-il intervenu sur le doublage ? Avaient-ils des exigences ?
Je sais que Nintendo validait chaque jour ce que nous enregistrions, validait les prises ou les refusait. Et c’est normal, c’est leur bébé, leur film, leur personnage. Ils ont soigné le film, l’animation, c’est normal qu’ils fassent attention aux voix.

Super Mario. Bros Le film, en DVD/BLU-Ray le 23 août prochain.

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