[INTERVIEW] – PLUS BELLE LA VIE, ENCORE PLUS BELLE : DISCUSSION AVEC LE COMÉDIEN LAURENT KÉRUSORÉ : « J’ai adoré jouer cette intrigue de Noël avec Bryan Trésor et Pauline Bression »

Crédit photo : CEDRIC PERRIN

Presque 20 ans dans la peau de Thomas Marci, un record de longévité pour le comédien Laurent Kérusoré qui prend toujours plaisir à interpréter le célèbre barman du Mistral. Avec beaucoup d’humilité, il se confie sur l’année de reprise des tournages de la quotidienne, sur cette nouvelle version de « Plus Belle la Vie » et évoque sa complicité avec certains de ses camarades de jeu ainsi que le retour de Bryan Trésor (Baptiste) et Pauline Bression (Emma) pour l’intrigue de Noël qui démarrera le 2 décembre.

Cela fait maintenant un peu plus d’un an que vous avez repris le tournage de « Plus Belle la Vie, Encore Plus Belle ». Et bientôt un an pour nous que la diffusion de PBLV a repris. Comment vous avez vécu cette année ?
Sur les chapeaux de roue ! Ce fut une année intense. Émotionnellement, d’abord en raison de la reprise inattendue d’une série que nous pensions terminée. Ensuite, j’ai été ravi de retrouver le personnage de Thomas, d’autant que dans les derniers épisodes de « Plus Belle la Vie », celui-ci avait été un peu édulcoré. Là, je retrouve l’essence de mon personnage. Donc, heureux de retrouver les camarades, heureux de retrouver mon personnage, heureux d’avoir retrouvé les chemins des plateaux et heureux de rencontrer les nouveaux qui sont, je tiens à le dire, exceptionnels.

« La seule petite chose que je souhaitais, c’est que le personnage de Thomas reste marié »

Après l’arrêt de PBLV, j’avais senti une volonté pour vous de tourner la page et de partir vers d’autres horizons. Est-ce que vous avez hésité à revenir ?
Pas du tout ! À la fin de PBLV, j’ai eu un instinct de protection. J’ai attendu la diffusion du dernier prime pour tourner la page et ne pas rester dans l’espoir ou une certaine nostalgie qui peuvent parfois nous rendre immobiles. Mon instinct m’a dicté de ne pas y croire et d’aller de l’avant. De fait, durant cette année-là, j’ai joué dans un épisode de « La Stagiaire » ou réalisé un single. Mais j’ai surtout pris du temps pour moi. Cela faisait 18 ans que je tournais toutes les semaines, que je me consacrais à PBLV, et j’avais besoin de ce petit temps avant de reprendre le chemin des tournages de façon plus concrète. Dans nos métiers de comédien, nous sommes voués à interpréter plein de rôles. Moi, j’ai accepté de reprendre le rôle de Thomas parce que nous avons une ambiance exceptionnelle de tournage. Quand on parle de famille PBLV, c’est que nous sommes tous dans le même élan : il y a énormément de solidarité. C’est de l’or de travailler dans cette atmosphère-là. Donc, ma décision a été rapide. D’ailleurs, le producteur pensait que je prendrais quelques jours de réflexion. Il était presque un peu déçu de ma réaction car ce fut un « oui » naturel (rire). Puis, pour le moral, c’est génial d’avoir du travail.

[…] Le plus dur, c’est qu’on m’a prévenu très tôt de la reprise de la série par rapport à certains de mes camarades, sans faire de différence. Le plus difficile était de les côtoyer sans pouvoir leur dire quoi que ce soit.

Aviez-vous des conditions à votre retour ?
Je suis un acteur assez simple, je n’ai rien imposé. Néanmoins, la seule petite chose que je souhaitais, c’est que le personnage de Thomas reste marié ou que le Mistral puisse subsister malgré cette nouvelle version. J’ai toujours fait confiance aux auteurs et j’ai eu raison parce qu’ils trouvent des choses chouettes pour Thomas. Chacun son boulot. Je pense que si on est trop en demande sur notre personnage, on peut finir par devenir schizophrène (rire). En permanence, je suis surpris de lire ce que les auteurs imaginent pour moi comme pour mes camarades de jeu.

Vous avez tout de suite retrouvé le personnage de Thomas ou il vous a fallu un petit temps d’adaptation ?
J’avais cette appréhension et un peu le trac le premier jour, à la fois parce qu’on rencontre de nouveaux acteurs et, même si je suis un dinosaure sur PBLV, j’ai toujours le trac de rencontrer de nouveaux talents. J’étais même intimidé. J’en avais parlé à la productrice Claire de la Rochefoucauld, qui m’avait répondu : « Si tu as le trac, c’est que tout va très bien, tu es vivant. » Thomas est revenu rapidement, dès le premier clap en fait. C’est étrange. C’est un exercice du corps et du cerveau, et d’un coup les réflexes reviennent. J’étais moi-même surpris que cela arrive aussi facilement. Il faut dire que je commence à le connaître maintenant.

En parlant du bar, à l’époque, c’était Roland qui devait faire face à l’opportunisme de Charles Frémont. Aujourd’hui, c’est vous qui êtes confronté à ce genre de situation avec Vanessa Kepler.
Vanessa Kepler, je la compare en effet souvent à Charles Frémont. En 18 ans de PBLV, il a essayé de racheter le bar au moins une dizaine de fois. Je pense que Vanessa Kepler va à nouveau tenter de prendre le Mistral, elle est loin d’avoir lâché l’affaire. Ils utilisent les mêmes méthodes, terribles et malhonnêtes. Elle n’est pas du tout sur l’humain alors que Thomas l’est complètement. Et je trouve ça intéressant. Je m’entends super bien avec Agathe de la Boulaye, et c’est très sympa de jouer le gentil et elle la méchante. Un gentil dans une histoire ne peut être que gentil parce qu’il y a une méchante en face de lui, et, inversement.

©Nedim Imre/Capa Pictures/Newen Studios/TF1

Je crois que c’est ce qui marque et plaît aux gens. On s’amuse beaucoup.

Parmi vos partenaires de jeu, il y a évidemment Joakim Latzko. Un couple désormais emblématique. Parlez-nous de votre collaboration avec lui et de votre amitié…

Cela s’est fait au fur et à mesure. Aujourd’hui, je ne changerais de partenaire et de mari pour rien au monde. Je pense que nous nous sommes adoptés. C’est Bryan Trésor et Pauline Bression qui disaient que nous devrions faire un making-of hors tournage de nous deux parce que, paraît-il, nous nous comportons parfois comme un vieux couple. On se taquine, on se chamaille, et c’est bon signe car ça veut dire qu’on se respecte mutuellement, qu’on respecte le travail de l’un et de l’autre. Riva, qui est d’une mauvaise foi légendaire, c’est très amusant de jouer la naïveté face à ce personnage hallucinant de prétention. On prend beaucoup de plaisir à tourner ensemble.

FTV/Fabien Malot

« Si on me demande de repartir pour 20 ans, je signe tout de suite »

La série cartonne en termes d’audience. Qu’est-ce qui fait, selon vous, que les gens adhèrent à cette nouvelle version ?
Les anciens aficionados sont revenus et certains me confiaient qu’on leur avait manqué. Le public nous a suivis pendant 18 ans, tous les soirs de la semaine, et beaucoup d’entre eux ont pris une habitude de vie à travers ce fameux générique et cet horaire. Alors, l’horaire a changé, les gens ont été déboussolés au début, mais chacun a eu envie de reprendre la série malgré tout. Ensuite, nous restons dans la vie des gens, dans une vie de quartier, on parle de solidarité, de sexualité, nous parlons de tout et nous pouvons parler de tout. Même si notre époque change, nous pouvons encore parler de sujets tabous. C’est peut-être là que réside notre force. Le public nous suit pour toutes ces raisons. Pourvu que ça dure. […] Si on me demande de repartir pour 20 ans, je signe tout de suite. Et si on pose la question de ce que j’ai fait dans ma vie, je répondrais que j’ai joué Thomas et c’est merveilleux. Je suis fier de ça. Certaines connaissances voudraient que je fasse autre chose, ne serait-ce que pour m’épanouir davantage. Et ça serait sûrement le cas. Quand j’ai joué ce rôle sombre dans « La Stagiaire », cela m’a fait du bien de montrer que je suis capable de faire autre chose. Mais je privilégie le bonheur. Et je suis très heureux là où je suis. J’aimerais qu’on me fasse des propositions et tourner d’autres rôles pour la télévision. Pour l’instant, ça ne vient pas. Je me contente de ce que j’ai. Et ce que j’ai est déjà exceptionnel.

Prochainement, Bryan Trésor et Pauline Bression seront de retour pour une intrigue. Heureux de les avoir retrouvés ?
Évidemment ! Nous avons été une famille pendant des années. Là aussi, les réflexes reviennent : les réflexes de jeu, les réflexes de camaraderie. C’est ce qui est étrange dans notre métier, nous pouvons ne pas nous voir pendant des années pourtant, dès que nous nous revoyons, les choses reviennent naturellement. Thomas est une louve, il n’a pas été près de ses enfants pendant longtemps, il va revivre. Il a pris ça de son père Roland : la famille avant tout. Cette intrigue de Noël va avoir des hauts et des bas, et elle est très bien ficelée. J’ai adoré jouer cette intrigue et ça a été intelligent de la part des auteurs de faire ça. En lisant le scénario, je me demandais comment ils réussiraient à retomber sur leurs pattes, et ils y sont parvenus.

. Mon interview d’Agathe de la Boulaye (Vanessa Kepler) est à retrouver ici.
. Celle de Jérémy Charvet (Ulysse Kepler) ici.

« Plus Belle la Vie, Encore Plus Belle », du lundi au vendredi sur TF1 dès 13h50.