LUKAS : JULIEN LECLERCQ OFFRE UNE SECONDE JEUNESSE À JCVD

LE CAPITAINE CINEMAXX A VU – LUKAS * SPOILERS *

Acteur de légende, Jean-Claude Van Damme a souvent été cantonné à des rôles physiques, dans des films bas de gamme, au scénario douteux. Choisis pour sa maîtrise des arts martiaux et sa capacité à faire un grand écart aussi droit qu’une règle de 30cm, JCVD n’a malheureusement jamais pu briller par la subtilité de son jeu, malgré un charisme indéniable.
Mais je n’ai jamais douté qu’un bon metteur en scène, arriverait à faire de JCVD un personnage mélo-dramatique crédible, dans une production adéquate. Et notre sauveur se trouve en la personne du réalisateur Julien Leclercq et de son dernier bébé : Lukas.

JCVD Rebirth

On dit souvent qu’un grand acteur peut faire passer n’importe quelle émotion, simplement avec la force d’un seul regard. Et dans Lukas, Jean-Claude Van Damme montre qu’il est bien plus que l’homme au grand écart, qu’il peut transcender sa force physique, en émotion pure. Julien Leclercq lui offre en effet un rôle tout en finesse, avec très peu de répliques certes, mais qui nécessite davantage une présence plus que des talents d’orateur.
Tout le film se déroule donc à travers le regard de JCVD et ça fonctionne. À travers ce même regard, l’acteur de 57 ans arrive à nous transmettre un florilège de sentiments différents : la détresse de son personnage, la douleur liée à la perte de sa femme, l’usure provoquée par la vie (physique et mentale) et l’amour qu’il porte à sa fille.
Sa seule présence à l’écran, son charisme d’homme torturé, abîmé et ses regards face caméra, suffisent alors à se lier émotionnellement avec son personnage, Lukas. Une transformation où Jean-Claude Van Damme se paie même le luxe d’être touchant, tout en restant sobre, à l’instar du personnage qu’il incarne.

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Et pour le reste ?

Côté réalisation Julien Leclercq à un style bien à lui et des parties pris très intéressants. Deux scènes ont retenu mon attention dans Lukas, qui utilisent le même procédé : la scène d’introduction du film, où l’on voit JCVD déambuler dans les couloirs de la boîte de nuit où il travaille jusque dans les vestiaires et la séquence où ce dernier infiltre une maison pour récupérer un homme pour le compte de son boss. Ces deux scènes ne possèdent qu’un bruit sourd et des bourdonnements fluets. Pas de bruitages, ni de musiques de fond donc, une rupture qui permet de se plonger littéralement dans la tête de Lukas, dans sa routine quotidienne, fade et ennuyeuse que le bruit qui l’entoure ne l’atteint plus et dans sa mission, où l’absence de sons, permet de s’investir dans la concentration du personnage au moment où il effectue son infiltration. On pourrait ajouter que cela vient accentuer également une tension dramatique, dans une situation qui l’es tout autant.

Quant à l’intrigue, s’il y a bien un ou deux rebondissements inattendus qui viennent étoffer l’histoire, le schéma et la composition scénaristique de Lukas n’en restent pas moins d’une grande banalité et ne révolutionne pas le genre. Néanmoins, elle permet à JCVD de tirer son épingle du jeu, au milieu de protagonistes aux traits caricaturales, sans ambition.

En conclusion, malgré un scénario classique dans le traitement développement de ses personnages et le déroulement de l’intrigue en elle-même, Lukas vient casser l’image d’un JCVD fort, athlétique et immortel, pour montrer un homme affaibli par les années (les rares scènes d’action le démontrent parfaitement), faillible, tendre et protecteur.
Un nouveau Jean-Claude Van Damme est né. Celle d’un homme plus mûr, plus réfléchi, plus dramatique. Et rien que pour cela, le film de Julien Leclercq mérite une chance de briller au box-office français.

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