DEATH WISH : BRUCE WILLIS EN MODE PUNISHER

LE CAPITAINE CINEMAXX A VU – DEATH WISH

Harrison Ford, Liam Nesson, Dezel Washington, Bruce Willis… Quand les acteurs d’un certain âge continuent à tourner des films d’action, j’appréhende toujours un peu les scènes d’actions, notamment celles aux corps-à-corps et, bien entendu, les courses-poursuites à pied. Je me souviendrais toujours de Taken 2, qui mettait en scène un Liam Nesson épuisé au moindre effort physique – ce qui se ressentait dans les scènes de combat du film -, une frustration visible également dans Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. Mais parfois, pour pallier à ce problème d’âge et donc de physique moins performant, on fait tourner aux comédiens des scènes plus calmes comme c’est le cas avec Death Wish. Car outre les 2/3 scènes de fusillades, Death Wish est assez pauvre en terme d’action et pour un long-métrage qui se revendique du genre, c’est un peu décevant. Et si j’admets que la production doit refléter la maladresse des débuts d’un personnage qui ne s’est jamais servi d’une arme à feu, cela s’en fait malgré tout ressentir sur l’ambiance générale du film, qui ne décolle donc jamais vraiment. Une copie plate, presque ennuyeuse.

Camila Morrone, Elisabeth Shue, Bruce Willis

Death Wish est un remake de Un justicier dans la ville avec Charles Branson, sortie en 1974. L’histoire suit celle du Docteur Paul Kersey dont la femme est abattue lors d’un braquage, alors que sa fille, blessée, tombe dans le coma. Les mois passent et l’enquête n’avance pas, le chirurgien décide alors de prendre les choses en main et de se faire justice lui-même. On pourrait donc plus ou moins comparer Death Wish à Punisher, mais un Punisher de sous-catégorie. Mais au-delà du manque d’action qu’on peut pardonner (mais si des ficèles scénaristiques auraient permis d’en faire un vrai tueur à gages) et une intrigue assez simpliste, c’est surtout l’interprétation de Bruce Willis qui empêche réellement de rentrer dans le film.
L’acteur ne dégage en effet aucune sincérité dans son jeu et on peine à ressentir la douleur qu’il est censé éprouver après un tel drame. Il faut dire que la séquence où Paul Kersey découvre sa femme décédée à l’hôpital est émotionnellement fade. Les larmes de Bruce Willis n’ont rien d’authentique, comme si le décès l’affecté à peine. Ce qui devait être un moment déchirant, s’est transformé en un plan de quelques secondes, pour vite rentrer dans le vif du sujet : La vengeance de Paul Kersey. Problème, si on ne se se sent pas nous-mêmes investi émotionnellement dans le drame vécu par le héros du film, on ne peut pas ressentir, ni comprendre ses actions futures. Et avec Death Wish, c’est le cas.

La séquence de l’enterrement était également très spéciale, notamment dans sa mise en scène. Non seulement, il n’y avait aucune envergure dramaturgique lorsque Paul Kersey faisait face à la tombe de sa femme, mais de plus, le réalisateur a eu la brillante idée de ne pas s’y attarder et passer rapidement au plan suivant, comme si la peine du personnage importait peu. On assiste alors à une séquence totalement absurde mettant en scène le personnage incarné par Bruce Willis et le beau-père, tandis que ce dernier faisait fuir des braconniers en leur tirant dessus. Un moment pour faire comprendre au personnage de Paul qu’il doit protéger sa famille à tout prix certes, mais était-ce le bon timing ? Pas sûr. D’autant que son changement de comportement est trop radical. certes il y a des ellipses temporels afin de monter que plusieurs mois se sont écoulés avant son premier crime, mais c’est la façon dont le tout a été mise en scène qui paraît trop superficiel pour admettre la crédibilité de ce changement.
Émotionnellement donc, Death Wish ne dégage rien de puissant, mais les enjeux dramatiques sont également peu crédibles. Sous couvert d’un contexte social difficile où la délinquance règnent en maître, on nous sert une histoire de vengeance où l’intrigue se développe de manière trop fluide, trop simplement. L’aspect  » enquête  » est, en effet, aboli pour des facilités scénaristiques, qui font peine à voir.

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Le montage est un autre souci du film. Une scène particulièrement m’a visuellement choqué dans sa construction. La séquence où Sophie, une copine d’Alison (la fille), vient veiller à son chevet. Un dialogue s’installe entre elle et Paul. La caméra passe alors de Sophie à Paul, de Paul à Sophie, de Sophie à Alison, d’Alison à son père. Et on alterne trois plans, de façon épileptique, pendant près d’une minute. Assez désagréable.

Enfin, les scènes médicales sont certainement les plus nulles que j’ai jamais vues au cinéma.
À deux reprises ont met en scène Paul Kersey arriver en urgence dans un bloc opératoire, mais dès qu’il franchit le seuil de la porte, ce dernier ne cherche même pas à réanimer son patient une seule fois.
Son cœur s’arrête ? Tant pis. Le pire, étant lorsqu’il sort de la salle d’opération et annonce :  » On a fait tout ce qu’on a pu.  » Sérieusement ? Je récapitule. Il rentre, enfile ses gants, le cœur du patient lâche et ressort du bloc. C’est un peu du foutage de gueule, non ? Et même si ça paraît dérisoire, le fait de voir un médecin tenter de réanimer un patient avec des termes très techniques, ça donne un petit cachet à une production et plonge le spectateur dans une certaine agitation et un suspens médical. Une flemme des scénaristes ? A n’en pas douter. Il faut dire que pas moins de 4 scénaristes sont passés sur le film dont Scott Alexander (Chair de Poule, Percy Jackson : La Mer des Monstres…) et Michale Ferris (Terminator 3&4, Catwoman…), je n’en dis pas plus, vous voyez un peu le niveau des mecs.

Ah oui, un petit mot sue Vincent d’Onofrio quand même. Comment peut-on passer d’une interprétation magistrale du Caïd (Daredevil) à un rôle aussi pathétique que son personnage ne l’est ici ? Je pense sincèrement que même lui ne croyait pas en ce film pour fournir une interprétation son médiocre.  

En conclusion, Death Wish rate son introduction d’une très certaine nouvelle franchise (dont les 4 films avec Charles Branson sont assez sombres, quoi qu’un peu répétitifs). Sanglant à de rares occasions (cf. la scène dans l’atelier automobile), Death Wish manque cependant d’un scénario percutant, qui ne laisse ni la part belle à des scènes d’actions marquantes et douloureuses (et l’argument selon laquelle Charles Branson n’était pas non plus John Wick n’est pas valable), ni à l’émotion.

Dans ce sens, n’aurait-il pas mieux fallu rebooter une saga en lui assénant un petit coup de jeune ?

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