BLACK SNAKE / LE CHANT DU LOUP : LES CRITIQUES

BLACK SNAKE : L’AFRIQUE MÉRITE MIEUX !

LE CAPITAINE CINEMAXX A VU – BLACK SNAKE

L’Afrique mérite mieux !

L’Afrique avait, en effet, l’occasion d’avoir enfin un vrai super-héros, un héros à son image, un héros porteur d’espoir face à la dictature coloniale emmenée par une France et ses alliés, dirigés donc, par des hommes aux idéologies passéistes, dont les seules ambitions étaient et sont toujours, une expansion du capitalisme, au travers un pillage massif de l’Afrique et de ses richesses. Tout cela au détriment de tout sens moral, sans remord et sans peur car, qui pourrait bien barrer la route à ces dictateurs, défenseurs de valeurs démocratiques, alors que même les Droits de l’Homme sont bafoués dans leur propre pays.

L’Afrique, avait l’occasion de mettre un pied de nez aux productions Marvel Studios en leur criant avec assurance et mépris : « Regardez, nous avons notre propre super-héros et non pas un Wakandais, au service d’une industrie qui préfère les shows à coup d’effets spéciaux médiocres, sans jamais affronter les problèmes politiques, de face, mais en se vantant d’être un film important sous prétexte d’avoir un casting 100% black. » Quelle avancée !

Black Snake avait l’occasion d’offrir à l’Afrique un héros proche de son peuple, sensible aux affaires africaines dans sa globalité malheureusement, Thomas N’Gigol et sa complice Karole Rocher ont préféré mettre en scène une comédie bas de gamme, un gloubiboulga de blagues stupides et insipides, à la hauteur de ce qu’on peut faire de pire dans la comédie française d’aujourd’hui.
Il y avait là une chance unique d’avoir un point de vue inédit sur les super-héros, dans un contexte historique et politique délicat, celle de la colonisation/décolonisation, à l’heure où la place de l’Afrique dans le monde était remise en question. Et, au lieu de proposer une vraie superproduction, un véritable blockbuster franco-africain, avec des propos forts, des propos assumés, des propos sur l’état de l’Afrique à cette période, tout en mettant un parallèle avec celui du XXIème siècle, afin de faire réfléchir le spectateur, de provoquer chez lui une prise de conscience, on trouve le moyen de tourner cela en dérision.
C’est souvent le drame des productions françaises. Incapable ou n’ayant simplement pas le cran ou le désir d’aller au-delà des vieilles comédies qui sentent la sandale et le plat réchauffé du lundi soir, on choisit la solution de facilité, en parodiant les Américains qui, eux, ne tremblent jamais à l’idée de produire et de réaliser des longs-métrages de tout type (blockbusters ou films de genre).
Chers Producteurs, Chères Productrices du cinéma français, l’heure est peut-être venue de donner davantage de place au cinéma de genre français. Arrêtez avec vos comédies soi-disant bien-pensantes, prenez votre courage à deux mains et présentez-nous des projets plus ambitieux, plus intelligents, plus importants car, Black Snake, possédait un réel potentiel que vous avez gâché en acceptant le pouvoir comique qu’aurait pu dégager cette œuvre sur vos rentabilités. Navrant !

Ma déception est immense. Si je comprends le besoin de financer des comédies susceptibles de faire rentrer de l’argent, rapidement, Black Snake est dépourvu de tout comique, aucune vanne ne fonctionne, sur-joué par un Thomas N’Gigol plus à l’aise sur scène, que devant une caméra. Seul Edouard Baer tire son épingle du jeu dans cette gigantesque farce désolante.
En conclusion, Black Snake est un film paresseux, à tel point qu’il se prive même d’une grande séquence finale, un affrontement entre le héros et le méchant, pourtant essentiel dans les films de super-héros, un passage obligé même. Alors que le long-métrage se targue de vouloir suivre un schéma scénaristique identique à ceux des productions super-héroïques durant les 3/4 de son temps (un héros arrogant, désabusé, seul espoir de l’humanité, les premiers pas en tant que héros, les premiers échecs, la manipulation du méchant, etc…), pourquoi s’arrêter en « si bon chemin ? »
Lorsqu’on copie le schéma d’une origin-story, pourquoi ne pas le faire jusqu’au bout, parodie ou pas ?

LE CHANT DES LOUPS : UNE MÉLODIE SOUS-MARINE A COUPER LE SOUFFLE

LE CAPITAINE CINEMAXX A VU – LE CHANT DU LOUP

Je ne comptais pas écrire un article sur Le Chant du Loup d’Antonin Baudry toutefois, après avoir vu le film au cinéma et charmé par sa beauté naturelle, j’avais envie de vous partager, un petit avis rapide.

Le cinéma français nous déçoit et nous gâte en ce début d’année.
Malgré des comédies vraiment décevantes telles que All Inclusive, Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? ou Black Snake, le 7ème art français peut, néanmoins, compter sur des réalisateurs de talents comme Fred Grivois et son Intervention, film de guerre intelligent et efficace et sur Antonin Baudry et son Le Chant des Loups, film de sous-marin français, un genre que les Américains apprécient tout particulièrement et qu’ils maîtrisent à la perfection (U-571, A la poursuite d’Octobre Rouge, K-19 : The Widowmaker…). Le challenge était donc de taille.
Si le scénario est maîtrisé et le suspens haletant, ce qui marque dans Le Chant du Loup, c’est d’abord le travail exceptionnel mené par Antoine Baudry (ainsi que son équipe) sur le son. Intrusif, immersif, le son (et le bruitage sonore) donne réellement vie à la tension permanente et perpétuelle du film, traduit également à l’écran par les émotions visibles des personnages. En effet, lorsque le héros incarné par François Civil, est, par exemple, en pleine concentration pour reconnaître quel.s son.s les entoure, on lit sur le visage des gradés autour de lui, une tension presque suffocante, une sensation de temps suspendu, où toute la dramaturgie de la séquence prend sens.
Une expérience sensorielle unique et une immersion sonore incomparable, mises en scène avec une précision rare, dans une composition scénique tantôt poétique, tantôt tragique.

Au-delà du son, Antonin Baudry livre également une œuvre humaine, bien loin des standards américains, où les acteurs sont souvent relégués au rang de figurants pour privilégier le spectacle et la grandiloquence de l’action.
Ici, Le Chant du Loup nous plonge dans l’intimité d’hommes et de femmes, au travers un dilemme de tragédie grecque, où deux vaisseaux amis s’affrontent pour, chacun, sauver le monde et/ou poursuivre une mission. Les codes moraux et la fidélité des convictions sont alors mis à rude épreuve, dans cette gigantesque fresque aux airs de fin du monde.

Deux petits défauts à souligner cependant, l’histoire d’amour entre Chanteraide et Diane, inutile et sans intérêt majeur à l’intrigue, d’autant qu’elle arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Et l’interprétation d’Omar Sy, absent voire fade. Les rôles tels que ceux-là, et c’était également le cas dans X-Men ou Jurassic World, ne lui correspondent pas, on ne le sent jamais vraiment à l’aise dans ces exercices de type blockbusterien.


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