POURQUOI C’EST CULTE ? ép.1 : INDIANA JONES ET LA DERNIÈRE CROISADE

Indiana Jones est incontestablement l’aventurier le plus populaire du cinéma, indétrônable dans le cœur des gens depuis près de 40 ans. Un personnage inscrit dans le panthéon des figures emblématiques du septième art, qui a largement contribué à la notoriété d’Harrison Ford auprès du grand public dans les années 80.
Pourtant, Hollywood aura désespérément tenté d’imposer la figure de l’archéologue-aventurier au cinéma. Indy ne trouvera jamais de concurrent à sa hauteur, ni même d’héritier digne de ce nom et de son nom.

Comment Indiana Jones est-il devenu si populaire et, en quoi La Dernière Croisade est-il, selon moi, le plus culte des trois volets ? Réponse !

Encore aujourd’hui, Indiana Jones est un personnage culte, lié à une saga qui résistera indéniablement aux épreuves du temps et ce, pour plusieurs raisons. Grâce à son interprète, la personnalité unique du personnage, sa phobie pour les serpents, ses mimiques et son accoutrement (son chapeau, sa veste en cuir et son fouet) font de son identité, une identité reconnaissable parmi toutes. N’oublions pas non plus le contexte historique de l’œuvre, sa lutte incessante contre les nazis, tantôt tragique, tantôt comique qui font des aventures d’Indiana Jones, des aventures riches en symbolique. Tout ceci a forgé le caractère indémodable de la franchise initiée par Steven Spielberg. Une franchise précieuse, à la fois dans ses propos mais également pour la vision du monde qu’elle dépeint.

Mais ce qui donne un caractère culte à ce troisième opus, c’est l’arrivée d’un protagoniste inattendu : Henry Jones Senior. En effet, le personnage amènera des situations comiques et cocasses mémorables aux épopées d’Indiana mais, va surtout permettre à Jones Junior de renouer un lien universel et de ce fait, devenir un véritable adulte. Et c’est notamment ce dernier point qui, à notre sens, donne à ce volet son étiquette « culte ». Car, La Dernière Croisade, est avant tout une quête introspective.

Duo de choc

Sean Connery/Harrison Ford, un duo implacable, inoubliable.
Qui, parmi vous, a oublié leur première rencontre dans un château autrichien sous-domination nazi, avec cette réplique d’Henry Jones sur le vase Ming ? Qui, a oublié cette séquence hilarante où Henry et Indiana sont attachés dans le salon du château en flamme, la course-poursuite en moto ou en avion ? La scène sur la plage ? Personne.
Tous ces comiques de situation, ces petites piques que père et fils se lancent, ces dialogues, ces images qui résonnent dans nos têtes, sont d’autant d’éléments qui font d’Indiana Jones et La Dernière Croisade un moment savoureux, gravé dans nos mémoires comme un mythe, à l’image du Saint-Graal.

La présence du père : Un arc narratif capital

Le retour d’Henry Jones Senior va chambouler la vie d’Indiana. Des années sans figure paternelle, Indy a du affronter seul, le monde qu’il l’entourait. Et on le sait, appréhender le monde sans guide, sans une autorité paternelle, sans une morale directrice, n’est pas une mince affaire. Il arrive alors qu’on aborde notre environnement avec un soupçon d’immaturité.
Les retrouvailles avec son père vont ainsi permettre à Indiana de se reconstruire, de devenir un homme.

Pour bien comprendre d’où vient le fond du problème, retournons à sa source.

. Dialogue de sourd

Henry Jones : En réalité, j’ai été un père merveilleux.

Indiana Jones : Quand ?

Henry Jones : T’ai-je jamais dit de manger ta soupe ? D’aller au lit ? De te brosser les dents ? De faire tes devoirs ? Non, j’ai respecté ton intimité et je t’ai enseigné la confiance en soi.

Indiana Jones : Ce que vous m’avez appris, c’est que j’étais moins important pour vous que des types morts depuis 500 ans dans un autre pays. Et je l’ai si bien appris que nous n’avons quasiment pas parlé en vingt ans.

Henry Jones : Tu es parti juste quand tu commençais à devenir intéressant. Bien, je suis là maintenant. De quoi veux-tu qu’on parle ?

Indiana Jones : Je… je n’en ai pas la moindre idée.

Henry Jones : Alors, de quoi est-ce que tu te plains ?

Ce dialogue écrit par Jeffrey Boamest révélateur du problème.
Il s’agit, d’autre part, de la première conversation authentique et sérieuse qu’ils auront depuis leurs retrouvailles. On oublie l’humour – qui était jusqu’à présent la base de leur relation -, même si le caractère enfantin et infantile des deux protagonistes reste prononcé dans cet échange.
Ici, Indiana se positionne comme un enfant, en cherchant des réponses à ses questions les plus intimes. Henry -, penché une nouvelle fois sur son carnet de note -, est aveugle, comme un adolescent qui n’a rien à se reprocher, va de son côté réfuter toute réflexion, refuser toute remarque désobligeante, assénant des arguments non-sentimentaux, alors que l’amour était la clé d’une réponse concrète. Pourtant, leurs attitudes lors de cette séquence, sont le point d’orgue, le départ, d’une relation nouvelle. Sans le savoir, les deux vont prendre conscience de leurs erreurs et tenter, au fur et à mesure, de se comprendre.

. Devenir Adulte

Lorsque le sol s’effondre sous les pieds de nos personnages, Indiana, attiré par la relique du Saint-Graal, plonge pour la sauver de l’oubli. Envoûté par la gloire qu’elle représente, ses pouvoirs divins, Henry Jones Senior – qui retient son fils par la main, tente de l’en dissuader. Et il va l’en dissuader non pas à travers un grand discours, mais à travers un simple mot, qu’il va prononcer à plusieurs reprises de manière hypnotique : « Indiana », le pseudonyme de son fils.
À ce moment précis, Henry prend donc une décision radicale, celle de ne plus appeler son fils « Junior », comme il l’a surnommé durant tout le film. Ce « Indiana » n’est donc pas anodin. En appelant son fils par le pseudonyme qui l’a rendu célèbre à travers le monde, il lui signifie indirectement qu’il le considère désormais comme un homme. Le ton sérieux qu’il emploie est celui d’un père mature, enfin prêt à endosser le rôle d’adulte responsable. En somme, celui de père.

Ce troisième volet est une quête vers l’âge adulte. En effet, jusqu’à , nous avions toujours vu Indiana Jones comme l’archétype de l’homme : dur à cuire, séducteur et sûr de lui. À aucun moment, nous imaginions que sous cette carapace, se cachait un véritable gamin qui n’a jamais grandi (même si quelques indices, notamment son comportement avec les femmes, laissaient présager du contraire). Lorsqu’Indy retrouve son père, le caractère enfantin, immature de sa personnalité resurgit. Il redevient un petit garçon, agit comme tel, face à un paternel qui lui aussi, doit réapprendre à devenir un père, mature et aimant. L’attitude d’Henry Jones Senior tout au long du film, est également celle d’un enfant. Ainsi, c’est à Indiana qu’incombe la lourde tâche de protéger son père des dangers (alors que la logique voudrait que ce soit l’inverse). Forcément, avec autant de responsabilités sur les épaules, il arrive que l’enfant en nous resurgisse, d’où les situations enfantines qu’Indiana Jones et la Dernière Croisade met en scène.
Le point de basculement, celui où Henry Jones Senior deviendra un père et Indiana un homme, est visible dans la toute dernière séquence du film.

Le Saint Graal, objet de réconciliation

Depuis tout petit, Indiana n’aura de cesser de chercher l’attention et l’amour de son père. Cette quête d’un amour est visible dès les premières minutes du film, durant les flashbacks, tandis qu’Indy s’accapare une relique historique : La Croix de Coronado. Après une course-poursuite mouvementée contre des pilleurs, notre héros rapporte sa trouvaille religieuse à la maison. Désillusion, Henry Senior va littéralement ignorer son fils puisqu’il travaille sur un chose bien plus importante : le Graal. Une frustration qui poursuivra Indiana une grande partie de sa vie et qui sera également une des causes de son immaturité. Cette croix, que les pillards récupéreront, devient l’allégorie d’une défaite cuisante. Une défaite vis-à-vis de son père et de l’Histoire. 20 ans plus tard, La Croix de Coronado reviendra entre ses mains, une bataille qu’il aura gagner avec le temps comme pour dire : « Où que tu sois papa, je l’ai fait. Pour toi, pour l’Histoire.
».
Ce n’est pas anodin, si Indiana est devenu archéologue. Suivre les traces de son père était un moyen pour lui de se rapprocher de l’être aimé, de le rendre fier. Ou qu’il soit. Avec dans l’espoir qu’un jour, son travail soit récompensé, admiré, par la seule personne dont il souhaite la grâce.

Objet d’ignorance et de discorde, la quête du Saint Graal sera, 30 ans plus tard, le symbole d’une réconciliation entre père et fils, la renaissance d’un amour. Et lorsque le film se conclut avec le père et le fils galopant à cheval, côte à côte, on sait désormais que leur amour sera immortel, traversera tous les obstacles, qu’ils soient humains ou surnaturels.

Conclusion

Steven Spielberg a été très malin d’avoir inscrit cet arc narratif dans ce troisième opus, pour offrir à Indiana Jones une vraie une conclusion dans laquelle le héros devient homme, l’homme, une légende. En effet, La Dernière Croisade donne également à Indiana Jones le statut d’aventurier ultime. Après avoir retrouvé deux des reliques chrétiennes les plus convoitées au monde, ce dernier est donc devenu un archéologue accompli, qui n’a plus rien à prouver à qui que ce soit, même à nous, spectateur. Ainsi, on se posera la question de la légitimité d’un quatrième opus. L’iconisation constant d’Indiana Jones dans les trois premiers opus rend les suites futiles et, la tentative d’un quatrième opus, raté au demeurant, est anti-nomique face à la conclusion de cet épisode.

6 commentaires sur “POURQUOI C’EST CULTE ? ép.1 : INDIANA JONES ET LA DERNIÈRE CROISADE

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