Malgré la fermeture des cinémas en France, j’ai eu l’honneur de pouvoir m’entretenir avec le réalisateur Mathias Malzieu, qui signe son premier long-métrage en live-action avec Une Sirène à Paris. Un film tendre, émouvant, poétique et à l’esthétique visuelle charmante et alléchante où le charisme de Nicolas Duvauchelle se mêle à la grâce d’une Marilyn Lima, envoûtante dans le rôle de Lula.
Pour capitainecinemaxx.fr, le chanteur du groupe Dionysos revient sur le projet Une Sirène à Paris, ses inspirations personnelles et cinématographiques ainsi que sur l’industrie musicale d’aujourd’hui et ses derniers coups de cœur cinéma.
« J’aime aller au cinéma, qu’on éteigne la lumière et voir l’écran du rêve qui s’allume. »
Une Sirène à Paris est une adaptation du livre du même nom et que vous avez vous-même écrit, d’où vient l’envie d’écrire une histoire d’amour entre une sirène et un crooneur de salles de bain ?
Cela part d’une histoire assez autobiographique. J’ai eu un deuil amour difficile et je suis retombé amoureux très très vite, alors que je n’étais pas du tout prêt pour l’être. J’ai eu l’envie de raconter ça à la manière d’un conte, de le métaphoriser avec cette idée de sirène, qui est ce qui peut arriver de pire ou de mieux à un chanteur (de rencontrer une sirène). Dans la mythologie, cette sublime boîte à outils, la sirène est la chanteuse qui vous attire par le fond en vous séduisant. Je trouvais ça très intéressant pour quelqu’un qui se croit complètement immunisé par les sentiments amoureux de se retrouver avec une sirène dans les bras. Donc, c’était pour raconter ce quiproquo poétique et, en même temps, cette histoire très réaliste parce que cela nous est arrivé à tous, d’avoir un deuil ou un choc et, d’après, avoir le courage de recommencer. Parfois, c’est merveilleux, parfois, c’est dangereux. [… ] En ces temps cyniques, où nous sommes en permanence dans le cynisme et le sensationnel agressif, je voulais aussi raconter quelque chose de tendre. De ne pas céder aux sirènes du cynisme, du violent ou du tape-à-l’oeil.
Vous parliez de mythologie, vous êtes vous inspiré de certains mythes ou légendes pour écrire votre roman et le scénario du film ?
Pas tellement. Ce qui m’amusait, c’était de décaler, de ne pas retranscrire une histoire mythologique; mais simplement de me servir du mythe pour l’incorporer dans la réalité à savoir, une histoire de réalisme magique. On peut dire que Une Sirène à Paris est un conte toutefois, nous sommes dans un Paris réaliste et, à part l’apparition d’une Sirène, tout peut arriver : un bar caché, un personnage qui a une douleur amoureuse, un hôpital, une voisine embarrassante et attachante. Tous ça est réaliste. Mais c’est un peu comme dans E.T, il y a un évènement surnaturel qui arrive et qui vient bouleverser la vie de certaines personnes. Je ne voulais pas avoir une histoire à La Petite Sirène – même si j’adore ce Disney -, avec une sirène qui peut avoir des jambes, je voulais vraiment que ma sirène soit en terre inconnue, qu’elle soit prise au piège et qu’elle n’est qu’une envie : rentrez chez elle et non avoir un Prince Charmant.

Une Sirène à Paris se déroule au XXIème siècle, vous le disiez à l’instant. Et c’est assez marrant puisque, de temps à autre, j’avais la sensation, à cause de certains lieux, d’éléments de décors, des costumes (ceux de Gaspard, notamment), d’être à une époque antérieure. Cette ambiance, qui semble jouer sur deux temporalités, elle était voulue ?
Tout à fait. Gaspard est un nostalgique. Dès la première discussion avec son père, il veut garder le Flower Burger qui a appartenu à sa grand-mère, il est nostalgique de cette époque, de sa grand-mère, du début des surprisiers et bien, chez lui, cela se répercute également dans sa manière de s’habiller. Mais vous savez, il existe encore des lieux/soirées comme ça à Paris, des gens qui s’habille de cette façon, et l’univers de Gaspard est effectivement rétro. Il est rétro car c’est dans ce monde là qu’il se protège. J’ai travaillé là-dessus parce que moi-même, ça me fait du bien. Là vous voyez, je vous parle, je suis en face de la librairie Shakespeare and Co. – une librairie de Paris que j’apprécie grandement -, c’est un endroit hors du temps et j’aime les endroits comme ça. On a la sensation d’être dans un film et que le temps s’arrête un peu, un temps où l’on s’autorise au merveilleux, au poétique et avec Une Sirène à Paris, j’avais envie de fabriquer ça. Je pense d’ailleurs que l’atmosphère du film n’aurait pas été la même si Gaspard s’était déplacé en taxi et non pas en tuc-tuc. Ces choses-là augmentent le décalage et c’est ce qui me plaît au cinéma. J’aime avoir de la surprise, j’aime rêver.
Aujourd’hui, soit nous avons soit des comédies classiques, qui ne me passionne pas forcément, ou du cinéma très social, que je trouve très bon mais qui est souvent…(il ne finit pas sa phrase). J’ai envie d’être surpris au cinéma, qu’on me montre autre chose que ce que je vois dans les chaînes d’infos. Et ce cinéma de l’imaginaire me tient à cœur. J’avais ce désir – avec mes petits moyens -, de faire une proposition plutôt artisanale, bricolée. Le premier cinéaste c’est George Méliès – je reste fan de Méliès – pour moi la fonction numéro un du cinéma est quand même là, dans cette forme de créativité, de raconter des histoires avec des petites choses. J’aime ce côté créateur de mondes. Je peux être aussi bien fan de Tati que de Spielberg et de Star Wars. Je peux aller voir Avengers puis ensuite, un film de Jarmusch avec seulement 2-3 personnages comme Paterson qui discute avec un chien. À partir du moment où l’histoire me plaît, je ne fais jamais de genre dans mes goûts. On est nourrit du travail des autres, de ses propres rencontres, de ces choses autobiographiques dont on parlait pour raconter des histoires, pour donner l’ancrage de ces histoires. J’aime aller au cinéma, regarder des séries ou un film chez moi à la maison cependant, ça ne remplace pas le cinéma. J’aime aller au cinéma, qu’on éteigne la lumière et voir l’écran du rêve qui s’allume. Et lorsqu’il me remet les mêmes choses que je vois aux infos, je m’ennuie. Même si c’est bien fait. J’ai envie que l’on m’invente des choses.

Vous évoquiez Méliès, on peut apercevoir ça et là des références à son travail. Il y a également certaines scènes qui m’ont fait pensé à La Forme de l’Eau de Guillermo Del Toro, notamment la scène de fin où Gaspard emmène Lula nager et qu’il plonge la rejoindre à son tour. Est-ce que ce long-métrage oscarisé vous a inspiré dans la mise en scène d’Une Sirène à Paris ?
Il m’a beaucoup effrayé surtout (rire). Au moment où j’ai vu la bande-annonce de La Forme de l’Eau, j’avais déjà écrit la moitié du livre, huit chansons et les trois quarts du script. Donc, ça a été très angoissant pour moi. J’ai failli abandonner le projet mais, malgré tout, j’ai attendu de voir le film. Et une fois que je l’ai vu, j’ai été rassuré. Effectivement, il y a un point commun de base, une histoire d’amour entre une créature aquatique dangereuse et un humain néanmoins, moi, je n’étais pas dans ce délire de complot russe avec des méchants et des dames pipi etc…, et finalement, je me suis dit que nos deux films pouvaient coexister.
C’est surtout dans l’esthétique visuel que j’avais trouvé des similitudes…
Oui, je vois ce que vous voulais dire. Après, ça ne me dérange pas d’être dans la lignée d’un film comme celui-ci et j’adore le travail de Del Toro. J’avais peur que son film soit trop proche du mien mais disons que c’est un film qui est cousin mais éloigné par le contexte historique, notamment. La Forme de l’Eau n’a pas été une inspiration parce que tout était déjà quasiment écrit au moment où j’ai vu le film. Cela a surtout été une référence pour ne pas faire des choses similaires. Mais je conçois qu’il y a des aspects qui se rapprochent de La Forme de l’Eau : la baignoire et cet instant que vous décriviez entre Gaspard et Lula, dans l’eau. Tout le long du film, elle est dans l’univers de Gaspard et je voulais qu’on le voit se confronter à son élément, qu’il soit à la fois émerveillé et qu’il risque sa vie en la suivant. Cette scène, même s’il y a des points communs avec celle de Del Toro, je ne pouvais pas m’en passer.
Pour continuer sur les inspirations, il y a des films de créatures ou de sirènes qui vous ont inspirés pour l’écriture et/ou la mise en scène ?
J’ai tout revu, à la fois pour m’inspirer mais également pour ne pas copier. J’ai revu Splash par exemple, que j’avais beaucoup aimé étant gamin. Là aussi, le réalisateur est davantage sur une partition à La Petite Sirène, puisque la sirène à des jambes et un happy-end. Après, il y a un film de sirène que j’apprécie énormément qui est Mr. Peabody and the Mermaid (1948), en noir et blanc, avec un pêcheur qui trouve une sirène. C’est un film très poétique, il y a une poésie un peu désuète mais qui, pour moi, est très forte par ce qu’elle est sur de l’incongruité surréaliste. On est sur un décalage d’avoir un être qui n’est pas au bon endroit et c’est le cinéma qui permet ça. Ça m’a inspiré. Ensuite, il y a les Pirates des Caraïbes, Hook également. Il y a un passage sublime avec des sirènes dans ce film. Et puis, j’adore Robin Williams, j’adore Steven Spielberg. L’histoire de Peter Pan/Hook est une histoire qui me tient à cœur, la musique du film est extraordinaire, j’aime franchement ce film. Je me suis nourrit de tout ceci. Toutefois, mes références étaient plus Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch, un film de vampire qui raconte quelque chose sur la question du temps en amour. Je ne voulais pas faire un film de genre, ni un film de sirène ou un film fantastique, je voulais faire un film sur l’amour, le rêve et le courage de recommencer. J’ai alors utilisé la sirène comme une métaphore qui parfume le film, lui donne des allures de contes, c’est comme ça que je l’ai pensé, que je l’ai fait. Si j’avais vraiment voulu faire un film fantastique sur les sirènes, j’aurais choisi de la mettre dans l’océan, j’aurais choisi un pêcheur dans l’océan qui l’a trouve, quelque chose pour avoir à filmer de la sirène qui nage. J’avais besoin de créer ce décalage, d’avoir une mise en scène cocasse avec cette sirène qui se retrouve de manière complètement surréaliste dans cette salle de bain et ce gars qui lui fait du poisson pané. Cette dimension absurde, ce rapport au surréalisme, me plaisait.
Donc, vous ne considérez pas Une Sirène à Paris comme un film de genre, malgré les éléments fantastiques qui parcourent votre film ?
Non. Je comprendrais qu’on puisse le penser, et ça me va puisque j’aime ce cinéma là. C’est pas un rejet de ce cinéma, au contraire. Comme je vous le disais, moi j’aime le cinéma et les belles histoires, je suis capable de regarder la dernière saison de Stranger Things, que revisionner À bout de souffle ou des Truffaut. Une Sirène à Paris a bien sûr une dimension genre et fantastique mais ce n’était pas le but de faire un film fantastique. C’était de raconter une histoire d’amour impossible.
Je voudrais revenir sur la notion d’adaptation. Passer du roman au grand écran, vous avez trouvé l’exercice difficile ? Et qu’avez-vous retenu de cette expérience, même si ce n’est pas la première fois que vous vous essayez à cet exercice ?
C’est difficile, logistiquement. Pour arriver à fédérer un éditeur, une maison de disques, organiser tournée, tournage, les plannings de tout le monde, j’ai un peu sous-estimé la difficulté de la chose. Par contre, artistiquement, c’était génial parce que j’écrivais en même temps le roman, le scénario et les chansons donc, j’étais en immersion totale avec mes personnages, avec ce petit monde que je créais autour des surprisiers, autour de Gaspard, c’était magique.
Je sais pas si je referais un projet en cumulant les trois exercices. Je ne fais pas m’interdire de retranscrire une histoire sur grand écran et d’en écrire les chansons, mais peut-être que je n’essaierai pas d’emmener tout le monde dans le même bateau, au même moment. C’était lourd. Évidemment, j’ai pris un coup sur la tête avec le Coronavirus. J’ai bossé pendant quatre ans, je me suis arraché pour terminer dans les temps pour qu’on puisse faire à la fois la tournée, le tournage, ressortie du livre pour que tout le monde soit dans une synergie joyeuse et, maintenant, il ferme à peu près tous les cinémas… Il faut accepter, c’est le jeu, on est tous logé à la même enseigne. À mon échelle personnelle, outre ce bad bide, je me dis que si j’ai la chance et je vais travailler dur, de faire un nouveau film, peut-être que je ne ferais pas le livre, le disque, la tournée, le tournage, pour essayer de faire plaisir tout le temps et à tout le monde. Si j’ai l’opportunité de refaire un film, je ne ferais que le film.

Vous pouvez nous en dire un peu plus sur l’histoire secrète du bar dansant. Elle vous vient d’où cette idée ?
Elle me vient de deux choses. Elle me vient de la véritable histoire de mon père, qui a été caché pendant la Seconde Guerre Mondiale chez sa grand-mère après avoir perdu sa mère. Il a franchi la ligne de démarcation dans une charrette de foin, et la grand-mère qui s’occupait de lui, cachait des résistants dans la cave. Je me suis alors amusé à imaginer que ces résistants étaient des poètes, des chanteurs et, qu’en plus d’enregistrer des messages secrets, ils enregistraient aussi des chansons, des poèmes. Je suis donc parti de ça et, en même temps, des speakeasy, des bars cachés de l’époque de la prohibition, où il fallait un mot de passe pour aller dans une salle secrète et ainsi, consommer de l’alcool de contrebande, danser et continuer de vivre.
Ces bars-là existent maintenant à Paris, sous forme de secret de polichinelle, puisqu’aujourd’hui plus rien n’est interdit mais, c’est simplement un petit jeu à la Alice aux Pays des Merveilles. Il y a un côté chasse aux trésors, jeu de piste, que j’adore.
J’ai lié le réel pour ensuite, les agréger au passé de Gaspard. En faisant de lui un personnage rétro, j’ai eu besoin de chercher dans son passé et de lui en inventer un.
J’ai lu que certaines scènes avaient été tournées en Macédoine. Lesquelles ? Et pourquoi ce pays ?
Toutes les scènes intérieures (Flower Burger, appart Gaspard, appart Rossy, etc… ). Tout a été construit en Macédoine, pourquoi ? Parce que nous avons trouvé une co-production là-bas et que nous avions réussi à avoir les décors dont on rêvait. En France, nous n’aurions pas eu le budget nécessaire. Puis, ils avaient vraiment envie de faire ce film, ils adoraient l’histoire et l’univers donc, nous avons travaillé avec eux et des artisans géniaux.
Vous qui êtes également chanteur et compositeur, quel regard portez-vous sur l’industrie musicale aujourd’hui ?
Il y a une inversion qui s’est faite et qui n’est pas que négative. Désormais, la musique est plus accessible. Pour les consommateurs de musique, ce qui se passe avec les plateformes est évidemment joyeux, pour les compositeurs c’est un peu plus dur. C’est comme si vous étiez agriculteur et que les gens venaient se servir gratuitement chez vous. Vous ne touchez quasiment rien. Et en même temps, comme je le disais, cela permet d’avoir davantage de choix. Avant, on faisait des disques pour les défendre sur scène, aujourd’hui, on fait des disques pour avoir le droit de monter sur scène. C’est triste car les disques, c’est chouette. C’est comme si on ne produisait plus de longs-métrages et qu’on ne réalisait que des séries ou des formats courts de 15 min parce que ça coûte trop cher de faire films ou qu’on regardait que des bandes annonces. Maintenant dans les albums, les gens ne prennent plus qu’une chanson. Alors qu’un album, c’est un univers, une cohérence, on choisit l’ordre des morceaux, l’histoire qu’on raconte avec les visuels et les chansons, c’est un art qui se perd. D’un point de vue artistique, je trouve ça dommageable. J’essaie de faire des albums qui ne sont pas justes une série de chansons à télécharger, de faire des vrais disques. Après, les deux mondes peuvent coexister. Moi, j’ai de la musique sur mon smartphone, mais je continue d’acheter des disques, surtout des vinyles. On ne peut pas vivre que dans le passé ou que dans le présent/futur. Il faut trouver un équilibre. Parfois, c’est bien de prendre le temps. D’écouter un vinyle/disque, de le nettoyer, on est sur un autre rapport à l’écoute.
« S’échapper, ce n’est pas fuir la réalité ou avoir un rapport enfantin au monde, c’est justement faire des recherches de joie, d’enthousiasme et d’inspiration, pour mieux lutter contre la montée des populismes. »
Vous qui aimez le cinéma, vous avez eu des coups de cœur récemment ? On parlait d’animation, avez-vous vu le dernier Pixar ?
Non, je n’ai malheureusement pas eu le temps. Il y a 15 jours encore, j’étais en studio pour régler le mixage d’Une Sirène à Paris. Vous comprenez que la fermeture des salles de cinéma, c’est pour moi un énorme coup dur… Je me suis tellement investi… Donc, je n’ai pas eu le temps. Cependant, j’ai beaucoup aimé La Belle Époque de Nicolas Bedos. J’ai trouvé ça magnifique, une vraie proposition de cinéma. Par rapport à ce que l’on se disait toute à l’heure, chacun dans son style, lui correspond à ce que j’aime voir au cinéma : de la surprise, de l’émerveillement, un point de vue, une facture esthétique et de l’émotion. Je suis très admiratif de ce qu’il a fait.
Je suis très heureux qu’il ait reçu le César pour les Décor et le Scénario Original…
Moi aussi. Même si je préfère qu’on parle de cinéma plutôt que d’autre chose. Mais nous n’y pouvons rien. Espérons qu’il y ait des jours meilleurs. C’est important aussi de parler QUE des histoires, QUE de cinéma ou QUE de culture. D’arriver à s’échapper. S’échapper, ce n’est pas fuir la réalité ou avoir un rapport enfantin au monde, c’est justement faire des recherches de joie, d’enthousiasme et d’inspiration, pour mieux lutter contre la montée des populismes, etc. […] Ça me fait plaisir de parler avec vous, on sent que vous êtes un passionné de cinéma et ça réchauffe.

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