Hier soir, le CGR Les Minimes en partenariat avec l’émission Chut on écoute la télé d’Alain Jeanne et Hélène FM organisait une avant-première exceptionnelle du nouveau film d’Anne Fontaine : Présidents. La première depuis la réouverture des salles du cinéma il y a trois semaines. Autant vous dire que La Rochelle était au rendez-vous pour cette comédie politique savoureuse, emmenée avec brio par Jean Dujardin et Grégory Gadebois.
Synopsis :
Nicolas, un ancien Président de la République, supporte mal l’arrêt de sa vie politique. Les circonstances lui permettent d’espérer un retour sur le devant de la scène. Mais il lui faut un allié. Nicolas va donc partir en Corrèze, pour convaincre François, un autre ancien Président (qui, lui, coule une retraite heureuse à la campagne) de faire équipe avec lui. François se pique au jeu, tandis que Nicolas découvre que le bonheur n’est peut-être pas là où il croyait… Et leurs compagnes respectives, elles, vont bientôt se mettre de la partie.
Présidents : retraite difficile
Pour contrer l’ascension de Marine Le Pen au pouvoir, une alliance peu commune se met en place. L’ex-président Nicolas Sarkozy appelle à l’aide son ancien adversaire politique, François Hollande, lequel a pris officiellement sa retraite après une défaite contre Emmanuel Macron en 2017.
Mais pour Anne Fontaine, ce n’est qu’un prétexte. C’est surtout pour la cinéaste une manière d’analyser la conception du « pouvoir ». Car, quand on a atteint le sommet, goûté au pouvoir, est-il si aisé s’en débarrasser ? De se débarrasser des sensations qu’il procure ? Y renoncer est impossible. L’envie, obsessionnelle. Ainsi, la réalisatrice de Police, offre une satire drôlissime, où deux anciens présidents tentent de revenir en haut de l’affiche.

Présidents ne tombe ni dans la caricature, ni même dans le militantisme exacerbant. C’est avant tout une comédie. Anne Fontaine se moque – parfois de façon mordante -, s’amuse à ridiculiser ces deux hommes (sans méchanceté) et à les mettre dans des postures inconfortables.
De surcroît, rien n’est jamais figé dans Présidents. Les personnages changent, évoluent, leurs perceptions des choses également, tout comme leurs envies. En cela, le film séduit au-delà même de son propos politique. Il séduit par ses prises de risques, étonne par ses situations grotesques et ses envolées au travers de dialogues succulents.
La Corrèze : terre d’accueil pour réfugiés politiques
L’action se déroule en Corrèze, lieu natal de François Hollande où ce dernier s’est recueilli depuis plusieurs années. Un environnement propice au calme, qui impacte la réalisation d’Anne Fontaine. Contrairement au monde politique, verbeux, agité, violent (et de la vie parisienne), la Corrèze appelle à l’apaisement. Souvent, la mise en scène et les dialogues sont alors rythmés ou ponctués par des silences. Le silence de la tranquillité, celui qui invite à la réflexion, à une remise en question.
Il y a aussi de jolis moments contemplatifs sur la nature. Toute la beauté de la France dite « profonde » est transposée dans Présidents. C’est ainsi que l’on retrouve Nicolas et François chantant « Je l’aime à mourir » de Francis Cabrel, un cri d’amour à cette France qu’on oublie mais qui nous change.
Conclusion
Plus qu’un long-métrage militant et manichéen contre l’extrême-droite, Présidents est une comédie franche, hilarante et délicieuse. On en oublie presque l’aspect politique et l’on se délecte des joutes verbales de deux anciens adversaires et de leur compagne, lesquelles apportent un véritable vent de fraîcheur et délivrent des scènes tantôt piquantes, tantôt d’une extrême sincérité.
Jean Dujardin et Grégory Gadebois sont eux, évidemment, exceptionnels et tiennent leur interprétation avec justesse.
Présidents en salles le 30 juin prochain.

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