LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS : IBRAHIM KOMA RÉVÈLE LES COULISSES DE LA SÉRIE ÉVÉNEMENT + AVIS

C’est la prochaine série événement de France Télévisions, le 20 décembre France 2 diffusera les premiers épisodes de sa nouvelle création « Le Tour du Monde en 80 jours ».
Cette adaptation moderne du roman de Jules Verne s’inscrit dans une volonté des chaînes de télévisions françaises et européennes de renouer avec les grands succès littéraires. Après Germinal (énorme succès), cette coopération européenne entre France Télévisions, La Rai (Italie) et ZDF (Allemagne) s’offre un des récits les plus populaires de Jules Verne et, travaille dans le même temps, sur une autre de ces œuvres : « Voyage au centre de la Terre ».

Synopsis :
Londres, 1872. Phileas Fogg, gentleman anglais, prend ce pari insensé : faire le tour du monde en quatre-vingts jours. Il s’alloue les services de Jean Passepartout, un serveur français débrouillard. Ensemble, ils embarquent pour un voyage semé d’embûches, suivis de près par une jeune journaliste.

Au côté de David Tennant (Phileas Fogg), le comédien français Ibrahim Koma.
Celui qui a débuté sa carrière à l’âge de 9 ans dans Navarro et fut révélé grâce à la série Sous le Soleil, incarne aujourd’hui Jean Passepartout, le valet de chambre de Fogg, au sein de cette production internationale ambitieuse. Après les succès de La Cité Rose et Wulu, l’acteur Ibrahim Koma franchit donc un cap important dans sa carrière.

À l’occasion de l’avant-première des deux premiers épisodes de « Le Tour du Monde en 80 jours » organisée à La Rochelle par France 3 Nouvelle Aquitaine, Ibrahim Koma s’est laissé à quelques confidences sur le tournage de la série.

Jean Passepartout, un rôle neuf

Au départ, c’est Ahmed Sylla qui devait interpréter le rôle de Jean Passepartout. Annoncé au casting en 2019 à Séries Mania, la collaboration n’avait pas pu aboutir. En effet, pour des raisons liées à l’emploi du temps de David Tennant, l’humoriste avait dû renoncer et un nouveau casting a alors été lancé. Direction Londres pour Ibrahim Koma qui tente sa chance : « J’ai passé mes essais dans la capitale anglaise, devant une dizaine de personnes. J’avais cinq scènes à travailler et une comédienne était sur place pour me donner la réplique. Durant 2h30, j’ai dû faire mes preuves. ».
Évidemment, pour tourner dans une série étrangère, il faut savoir maîtriser l’anglais. Un atout essentiel et déterminant pour le casting : « Pour la préparation, c’était surtout pour moi d’apprendre l’anglais. Le plus dur est que toutes les deux semaines, j’avais une nouvelle version du script. Je devais vite l’intégrer, en plus du stress. J’avais une coach avec qui j’ai travaillé plusieurs mois en amont. Elle est restée sur Paris durant le tournage, mais en visio, on continuait de travailler certaines scènes. Chaque semaine, on s’appelait pour réviser. J’avais évidemment toujours ce petit stress de mal faire en anglais. On se sent parfois limité mais il faut jouer. Mais on ne réfléchit pas trop et on y va. ». Une préparation jusque dans les moindres détails : « Ensuite, j’essaie de me préparer simplement comme je le fais sur chaque rôle : on pense le personnage, on réfléchit sur les situations et on prend note des réalisateurs quand ils nous fournissent des indications précises. Le Jour J, on arrive prêt. En jouant, on redécouvre son personnage d’une certaine manière. ».

Comme avec Germinal, qui offrait par exemple davantage la parole aux rôles féminins, « Le Tour du Monde en 80 jours » ose aussi des choix modernes qu’Ibrahim Koma évoque : « Il fallait moderniser l’œuvre, on se permet alors d’actualiser certains éléments. On a un Passepartout black et c’est une grande première. Ça raconte beaucoup dans l’histoire. Ce n’est pas un choix imposé, cela sert vraiment l’histoire. Dans l’épisode 7, on parle notamment de la ségrégation, du Ku Kux Klan. Un Passepartout de couleur va être un tournant dans l’histoire de la télévision. […] Ce sont des romans sacrés et on n’ose jamais aller aussi loin. On ne sait jamais comment ça va être perçu. Et si on peut le faire aujourd’hui, c’est que le public est prêt, que ça ne le gêne plus. ».
Sur le personnage en lui-même, on retrouve les mêmes caractéristiques du Passepartout des romans de Jules Verne : débrouillard, courageux, spontané. Ibrahim Koma décrit et dévoile cependant quelques nuances intéressantes sur sa version de Jean Passepartout : « Jean Passepartout est un petit gars de 30 ans, français, qui décide de ne pas prendre part à toutes ces guerres dont celle de la Commune de Paris (ép. 1). Il a peur de l’échec. Il y a des décisions qu’il n’a pas envie de prendre, et par conséquent décide de vivre pour lui. La vie est dure, surtout pour un black à cette époque-là. Il est à la recherche d’un certain bonheur et, en même temps, il n’a pas envie de faire les choses pour les autres. Il trouve son plaisir avec les femmes, et en profite. C’est un personnage triste au fond de lui, solitaire, mais qui ne demande qu’à être aimé. Ce trio qui se forme, va finir par devenir une famille. Chacun a ses problèmes, toutefois, ils vont essayer de s’ouvrir et de s’entraider les uns les autres. C’est beau. Et puis, ça raconte ce que tout le monde vit finalement : la peur de se livrer ou de vivre dans une carapace. Quand on a tous un ennemi en commun, on a intérêt à faire équipe. Le Tour du Monde en 80 jours, oui, c’est avant tout une aventure humaine. ». Et il ne cache pas sa joie d’incarner sa propre version du personnage issu de l’imaginaire de Jules Verne : « Je suis heureux de défendre un personnage comme Passepartout, avec lequel j’ai quelques traits en commun. Il est très humain et il raconte une histoire humaine et universelle. ».
Pour Ibrahim, jouer Jean Passepartout est une première étape importante, un moyen de développer une carrière à l’internationale et d’être repéré : « Jean Passepartout a beaucoup de facettes, il faut avoir une palette assez large pour pouvoir l’interpréter. Je le vis comme un aboutissement de tout ce que j’ai fait avant. Lorsqu’on vous offre un rôle comme celui-ci, on vous offre aussi la possibilité de vous exprimer comme jamais. C’est ce que tous les acteurs recherchent finalement. De plus, on sait que la série va être vue dans le monde entier, il va y avoir cette visibilité, tous les grands professionnels du métier vont certainement la regarder (comédiens, réalisateurs, producteurs). C’est une chance de se faire connaître. Ça fait partie de la beauté de l’histoire. »

Autre ajout majeur, celui du personnage féminin incarné par la comédienne allemande Leonie Benesch. Elle interprète dans la série le rôle d’Abigail Fix (dont le nom de famille n’a rien avoir avec le personnage du roman, Fix, policier britannique qui poursuit Fogg dans tous les pays traversés), une jeune journaliste au Daily Telegraph tenu par son père (Jason Watkins). Bien entendu, ce dernier n’assume pas d’avoir une fille journaliste et signe les papiers de sa famille avec un pseudo masculin. Fougueuse, téméraire et indépendante, elle entreprend le voyage avec Phileas Fogg afin de rédiger ses aventures et les livrer au monde : « C’est une femme qui a conscience qu’elle a les mêmes qualités qu’un homme… et plus encore. » conclut Ibrahim.

Un tournage en Roumanie et en Afrique du Sud

Le tournage de la série avait débuté en février 2020, avant d’être interrompu par la pandémie mondiale. Fort heureusement, les prises de vues ont pu reprendre en fin d’année. L’interprète Ibrahim Koma révèle quelques secrets sur le tournage de « Le Tour du Monde en 80 jours » :
« Nous avons tourné en Roumanie et en Afrique du Sud. Les scènes à Paris, que l’on peut voir dans l’épisode 1, ont été tournées à Bucarest. Ils ont des studios impressionnants en Roumanie, ce sont des kilomètres de décors. Et les décorateurs ont fait un travail incroyable pour nous permettre de rentrer réellement dans l’époque à laquelle se déroule la série et les pays que nous sommes censés traverser. Nous avons même pu tourner la séquence en montgolfière portée par une grue. Avant la crise du COVID-19, nous avons également réalisé des scènes en Afrique du Sud. Là-bas, vous avez un décor et une lumière naturels d’une beauté à couper le souffle mais aussi parce qu’il y a dans ce pays des écoles techniques de grandes qualités. Ils ont un vrai savoir-faire. Ensuite, les questions budgétaires rentrent en compte. Les studios en Roumanie coûtent moins cher et je crois savoir qu’il y a des accords. ».

La série possède aussi quelques séquences de bagarres pour lesquelles Ibrahim Koma s’est entraîné : « Pour les scènes d’action, on a coordonné les cascades avec des cascadeurs professionnels. J’ai travaillé avec un coach sportif à la salle pour me mettre en forme avant le tournage. ». Cependant, il précise que la série n’est pas une série uniquement portée vers l’action : « Il y a de l’action mais on ne se focalise pas que sur ça. On s’intéresse vraiment à l’aspect aventure de l’œuvre, à son ouverture sur le monde, aux rencontres et aux personnages, à leur évolution personnelle. ».

En Face à Face

S’il partage l’affiche avec l’ex-Doctor Who David Tennant, Ibrahim Koma reste humble. Il observe, apprend, s’enrichit de cette expérience unique. Sa collaboration avec le comédien britannique, il l’a vit pleinement et est admiratif de son talent : « Quand on l’observe, il a toutes les qualités du grand acteur. Sur le plateau, il sait se positionner, en dehors, aussi. Et on apprend beaucoup en tant que jeune acteur. Souvent, on les imagine d’une certaine manière. Et David, finalement, est quelqu’un de très simple. Il ne te juge jamais. Lorsqu’on est en face de lui, on ne se sent pas jugé. C’est hyper agréable et on se sent libre de tenter des choses. Il a même, je dirais, un regard encourageant. ».

La saison 2 de « Le Tour du Monde en 80 jours » est actuellement en pré-production. Le tournage n’a pas encore débuté.

Merci à France 3 Nouvelle Aquitaine, Liliane Maneuf-Iwan et Pascale Deschamps pour l’invitation et à Ibrahim Koma d’avoir accepté cette interview.

AVIS 

Dès l’ouverture, Le Tour du Monde en 80 jours dégage une légèreté, une énergie entraînante et enivrante. Un débat, des envolées entre gentlemen et un montage dynamique pour présenter des personnages hauts-en-couleurs (Abigail et Passepartout) au sein de séquences excitantes entre excès de colère et filouterie. Le spectateur est directement plongée au cœur d’un Londres stimulant mais aussi raciste et misogyne. Puis, un générique. Les notes d’Hanz Zimmer résonnent, des mélodies aux symphonies identiques qui ne sont pas sans rappeler celles des Sherlock Holmes de Guy Ritchie, puissantes et frénétiques. Oui, nous sommes bien prêts à faire le Tour du Monde au côté d’un Phileas Fogg joueur mais peureux.
Deux premiers épisodes qui nous emmènent entre Paris et l’Italie. Les scénaristes s’amusent avec l’Histoire, dépeignent d’abord une France brisée par La Commune, où nos héros sont pris au piège d’un attentat organisé par les résistants. Des courses-poursuites, les premiers doutes, la peur, la rage de réussir d’Abigail, les personnages se dévoilent. Certains veulent fuir, d’autres apparaissent comme des ratés ou bien essaient de prouver des choses. Chacun a ses motivations. Notre attachement émotionnel se fait là, dans ces instants intimistes. L’épisode 2 confirme cette direction. L’envie d’une aventure profondément humaine. L’émotion y est plus maîtrisée, les motivations et les enjeux de ces trois protagonistes se révèlent. Le spectateur, dans la salle, est séduit par ce mélange des genres et par ce huis-clos italien qui met en valeur la beauté humaine, ses contradictions, ses craintes, la solidarité et le désir altruiste. Comme le disait justement Ibrahim Koma, ce Tour du Monde en 80 jours est avant tout un voyage initiatique, où les relations humaines et l’évolution des personnages priment sur l’action. Quelques bagarres parsèment ces deux premiers épisodes mais le lyrisme des dialogues et le traitement des protagonistes l’emporte sur l’envie de voir de l’action pure.

Côté réalisation, si l’épisode 1 est peut-être un peu trop décoratif (on ressent l’aspect « tourné en studio »), le second épisode offre une diversité de plans et d’images qui permettent une évasion moins sommaire et plus séduisante. Il y a une véritable volonté de faire voyager le spectateur, au travers de sous-intrigues enrichissantes pour nous et pour nos héros. Les réalisateurs, qui doivent compter sur un budget sûrement modéré, combinent alors des astuces efficaces afin de délivrer un voyage haletant. Concentrer les problèmes humains et techniques permet ainsi de vivre des actions qui ne sont pas ennuyeuses mais au contraire charmantes.
La série est ambitieuse. Cela ne fait aucun doute et, pour l’instant, c’est un pari réussi ! Une adaptation moderne aux thèmes sociétaux qui résonnent avec notre époque, pour servir une histoire novatrice en son temps. Une bouffée d’air frais dans le paysage audiovisuel français !

2 commentaires sur “LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS : IBRAHIM KOMA RÉVÈLE LES COULISSES DE LA SÉRIE ÉVÉNEMENT + AVIS

  1. Début assez impressionant…je commence l’épisode 2.

    Je m’interroge sur Ibrahim Koma qui joue Passe Partout…Dans la VO, on l’entend s’exprimer dans le film en anglais, en italien…et j’imagine plus tard dans les autres épisodes en mandarin, ou en dilaecte indou…bref je me demandais si certains passages avaient été doublés et sinon cela rend sa performance encore plus impressionnante…

    Ah oui bien sur cette subtilité en VF est amoindrie..

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