Le 7 décembre dernier s’est tenue l’avant-première exceptionnelle de « L’Amour c’est mieux que la vie », le 50ème film de Claude Lelouch, au MEGA CGR de La Rochelle. Le lendemain, une conférence de presse avait lieu à l’Hôtel-SPA de Chatelaillon-Plage où était présents Chut… on écoute la télé, RCF, Hedonia Radio et moi-même.
Voici la retranscription de cette conférence de presse passionnante avec Claude Lelouch et Philippe Lellouche ainsi qu’une interview avec Xavier Inbona, réalisée par téléphone.
Ce 50ème film a une saveur particulière, c’est un mélange entre une mise en abîme de vos films précédents, la rétrospection de vos œuvres et l’hommage…
« J’ai le sentiment d’avoir fait un seul film, d’avoir créé une famille d’acteurs, d’amis, de gens que j’avais envie de fréquenter plus que d’autres. Comme je suis dans le positif, j’ai essayé de créer autour de moi, pendant ces 60 ans de cinéma, des hommes et des femmes qui m’ont dit oui. Je ne remercierai jamais assez ceux qui m’ont dit non car ça m’a permis de trouver ceux qui m’ont dit oui. C’est avec tous ces « oui » que j’ai pu faire tous ces films. Je suis amoureux des « oui ». Je me suis aperçu – en faisant un flash-back de toutes ces années de cinéma – que les hommes et les femmes que j’ai filmés appartenaient à une catégorie qui m’avait marqué dès mon enfance.
Les 3 Mousquetaires m’a beaucoup influencé quand j’étais petit : le panache, le courage, ça m’a toujours intéressé. Dans plusieurs de mes films, on retrouve ces trois mousquetaires, notamment dans L’Aventure c’est l’aventure et dans ce dernier film où j’ai reformé 3 copains qui leur ressemblent. Trois Mousquetaires qui, en plus, se lancent dans l’honnêteté car ils s’aperçoivent que c’est la meilleure des combines. Puis, j’avais aussi envie de rendre hommage à toutes ses histoires d’amour que j’ai filmées. Quand j’étais gosse, Roméo et Juliette a marqué mon esprit. Je pense que Shakespeare a frappé très fort. Il est tout de suite allé à l’essentiel. Et j’avais envie de filmer un Roméo et Juliette qui aurait pris de la bouteille, qui aurait eu la chance de vivre plusieurs histoires d’amour, car on ne peut pas parler d’amour si on a pas essayé différents modèles. L’amour c’est comme une drogue. On peut aller d’une histoire à une autre, à condition que ça soit plus fort à chaque fois. Il y a un problème d’addiction. Ce couple que je dépeins, Gérard Darmon et Sandrine Bonnaire, me semblait idéal pour parler d’un homme et d’une femme, après avoir vécu tant de choses, savait de quoi il parlait. Et ma dernière influence, Victor Hugo et Les Misérables. C’est le plus beau livre du monde. Il m’a tout de suite fait comprendre à quel point il y avait des gens plus malheureux que d’autres, plus courageux que d’autres, plus lâches que d’autres et, finalement, je me suis aperçu que les personnages de mon film ressemblaient aux héros de ces trois livres. Dans mes longs-métrages, il n’y a pas de super-héros, simplement des hommes et des femmes qui sont moins dégueulasses que les autres et qui ont les qualités de leurs défauts. On a tous les qualités de nos défauts. C’est pour cela que j’en ai marre de ces blockbusters américains qui nous présentent des super-héros parfaits. Dans la vie, on a des qualités et des défauts et c’est cette certitude que j’ai voulu filmé avec ce 50ème film. Enfin, je voulais évoquer également le rationnel et l’irrationnel qui est la grande dualité que nous avons tous avec nous-mêmes. Notre part de rationalité de faire la fin du mois et nous dit qu’on est mortel. Notre part d’irrationnel nous dit le contraire, qu’on est là pour toujours. L’irrationnel est courageux, prend des risques, n’a peur de rien parce que si on est là pour toujours, on a du temps devant nous. Le rationnel, lui, nous dit que l’on a pas le temps. C’est cette dualité que j’ai voulu filmer en gros plans à travers le portait d’un homme qui va bientôt nous quitter et qui fait plus confiance à sa part d’irrationnel. C’était des sujets importants, qu’on a essayé de traiter dans la bonne humeur, avec des personnages qui ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. J’en ai marre de tous ces intellos qui compliquent les choses alors que les paysans les simplifient. L’amour c’est mieux que la vie est une synthèse de 80 ans d’existence, 60 ans de cinéma, 50 films tournés avec des acteurs disponibles, qui aiment mon cinéma, me font confiance et avec lesquels j’ai pu gratter les croûtes et les joies. Ils m’ont fait cadeau de leur vie, de leur enthousiasme, j’ai formé une famille d’acteurs dans le film, qui ont joué le jeu. J’ai eu l’impression de filmer un petit moment de vie avec ces contradictions. Je me suis bien amusé. ».

Qu’est-ce que ça représente pour vous de participer au 50ème film de Claude Lelouch ?
Philippe Lellouche : « Ça représente un peu tout. J’ai une histoire assez particulière avec ça. Mon père et mon frère Gilles, on s’appelle Lellouche. À l’époque, certains pensaient vraiment qu’on était les fils de Claude. J’avais l’impression de faire des demi-mensonges. Je m’en suis servi tellement : pour éviter la police en leur disant que je rejoignais mon père sur un tournage ou pour esquiver six mois d’armée. Donc, j’ai commencé à mentir sur mon identité et à m’inventer une filiation avec Claude. Très jeune, j’ai été baigné par les films de Claude et j’étais fasciné par son cinéma. Je crois qu’enfant, j’étais déjà sensible à ce qu’il racontait, je comprenais ce que ça voulait dire. Jusqu’au moment où j’étais adolescent. Je draguais avec les films de Claude. J’emmenais les filles voir des films de Claude et je leur disais : « Si tu comprends ça, tu comprendras ce que je suis ». Ce qui était d’une prétention absolue (rire). Au fond, je suis devenu acteur pour jouer dans ses films. Vous dire ma joie et mon plaisir aujourd’hui, c’est presque indescriptible. Parce qu’en plus, j’avais cette conscience que Claude choisit les acteurs qui lui correspondent. […] Sa façon de travailler elle est intense, elle est spéciale, mais tellement jouissive. Il sait aller chercher le meilleur de vous. Je ne sais pas comment il fait. On ne peut pas tricher avec lui. Parfois, on maîtrise un peu son art et les acteurs ont des trucs qui passent très bien partout. Pour gagner du temps, par exemple, je vais faire un jeu d’acteur qui va être à peu près ce que veut le metteur en scène. Claude, lorsque j’essaie ça, il m’arrête tout de suite et il me dit : « non, là tu as joué ». Ça me rend fou (rire). Comment il a vu ça, alors que personne d’autre ne le voit ? Il a une formule « La spontanéité, c’est pile entre la vérité et le mensonge ». Il se débrouille pour aller chercher ça. […] Ce fut un long travail, j’ai attendu longtemps ce coup de fil. On a fait deux films déjà ensemble et c’est indescriptible comme joie. Il y une forme de consécration franco-française mais qui pour moi est internationale parce que lorsque l’on voit le respect que les réalisateurs américains ont pour Claude, je me dis que quand on tourne avec lui, ça vaut forcément un César. Ça veut dire qu’à un moment il a posé le doigt sur vous et vous avez l’impression d’être un élu. Il vous emmène n’importe où. Hier soir, Kev racontait ne pas avoir reçu le scénario du film qu’il lui a d’ailleurs réclamé plusieurs fois. Claude lui a dit qu’il avait simplement besoin d’avoir confiance en lui, qu’il connaissait l’histoire et que c’était suffisant. C’est sa façon de travailler. Il est unique en son genre et fait un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. On ne lit pas les scénarios, car on sait où il va et on se laisse embarquer. Claude le dit lui-même, il découvre ses films après les avoir finis. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il peut vous donner le scénario de son film. ».

Un mot sur Sandrine Bonnaire et Gérard Darmon ?
« Sandrine Bonnaire, je l’ai d’abord vue dans les films des autres. Il faut reconnaître qu’elle est touchante, bouleversante, aussi bien chez Pialat que Varda. C’est une vraie femme. Quand on a tourné Salon en thèmes avec Johnny, j’ai vu à quel point son sourire éclairait le film. Elle s’est donc imposée très vite. Darmon est arrivé beaucoup plus tard. Mais quelle bonne idée parce que lui aussi avait le sourire et les rides qu’il fallait. Cette histoire d’amour repose sur des rides, sur du temps passé et c’est une histoire qui va être limitée dans le temps. Ainsi, ils vont se concentrer sur le plaisir de l’amour, sur cette générosité qui fait qu’à un moment donné on est capable d’aimer quelqu’un d’autre que soi-même. ».
Pourquoi avoir choisi d’intégrer des personnages religieux dans votre histoire, qui soulèvent par ailleurs des réflexions philosophiques très intéressantes (cf. la scène du commissariat) ?
« On parle de Dieu toute notre vie et dans toutes les religions. Or, toutes les religions racontent la même histoire. Il n’y a que le metteur en scène qui change. Croire en Dieu, c’est quoi ? Il faut une vie pour croire en Dieu. On y croit un peu, puis un peu plus, puis d’un seul coup on n’y croit plus. Vous êtes confronté à la mort de votre enfant, et vous n’y croyez plus. Ce sont des allers-retours dans la foi. […] Qui est Dieu ? J’avais envie de m’amuser avec ça. Mais il est vrai que le Bien et le Mal se chamaillent en permanence. Jésus et le Diable, ils s’entendent bien et ils s’entendent mal. Ils dansent ensemble. Le Bien et le Mal se fréquentent tout le temps. C’est le couple idéal. Et c’est le Mal qui fait briller le Bien. Dieu a beaucoup de chance finalement d’avoir le Diable dans ses pattes. Sinon, Dieu n’aurait pas autant de succès. C’est là-dessus que je veux jouer. Je crois en Dieu et je pense que c’est un arbitre. Il arbitre une partie avec 7 milliards de joueurs et il a réussi à leur faire croire à tous qu’il avait le rôle principal et que les autres (les 7 milliards) faisaient de la figuration pour eux, pour venir me poser ce genre de questions, par exemple. Chacun de nous a le rôle principal de sa vie. C’est fantastique ! Jésus, qui peut être un homme ou une femme (Xavier Inbola et Elsa Zylberstein dans le film) vont jouer un rôle très important dans les parties 2 et 3 parce qu’ils sont là pour qu’on joue. Ce sont eux qui font la partie, qui distribuent les cartes, pas nous. Si Dieu veut me dire STOP, il peut le faire à tout moment. Rendez-vous compte, ils ont la Terre à leur disposition, peut-être même l’univers entier pour s’amuser. Nous sommes des marionnettes. Et je remercie le ciel que mon marionnettiste ait tant de talent. Jésus et le Diable n’ont pas fini de préparer leurs diableries et de distribuer des récompenses et des punitions. On est tous le Dieu et le Diable de quelqu’un. Nous avons tous une part de Dieu et une part de Diable en nous. Vous pouvez être la récompense de quelqu’un ou sa punition. Je vais continuer à évoquer cela et, à l’âge que j’ai, je pourrais leur faire dire toutes les conneries que je veux (rire). ».
Expliquez-nous les choix de Xavier Inbona pour incarner Jésus et celui de Béatrice Dalle pour interpréter Le Diable ?
« Xavier est un de mes élèves. Chaque année, il s’engage sur la route de Compostelle. C’est Jésus. Il l’est vraiment. De plus, il rêvait de jouer Jésus. Il est d’une gentillesse… un garçon formidable.
Et le Diable, c’est Béatrice Dalle. Une évidence ! Un diable rock’n’roll, je ne pouvais pas rêver mieux. Elle est cash, elle n’a pas peur… Elle a de l’humour et de la tendresse. Le Diable est donc ici assez sympathique. Les bons moments, on les passe avec le Diable. Dieu, c’est du boulot. Il est exigeant. ».
Et pour la suite ?
« Avec cette future trilogie, j’ai envie de dire merci au public et au revoir aux grincheux. Les héros du premier film, c’est la base. On va les retrouver, même Gérard Darmon. Mais de nouveaux comédiens vont arriver, et qu’on retrouvera aussi dans le troisième. Un final qui sera intéressant, je pense. Vous aurez plein de belles surprises, vous connaîtrez le père de Philippe et d’Ary. Je vais reconstituer cette famille. Cette trilogie est un arbre généalogique de mes 50 films. ».
Rencontre avec Xavier Inbona (Jésus)

Commet vous êtes-vous rencontré avec Claude Lelouch et comment vous a-t-il proposé le rôle de Jésus ?
« J’ai rencontré Claude Lelouch aux Ateliers du Cinéma, qu’il a créés. Mais ce n’est pas une école. C’est une résidence pendant laquelle il donne la possibilité à des jeunes ou des moins jeunes réalisateurs d’apprendre le métier, sans professeur, sans programme spécifique, nous choisissons ce que nous voulons en faire.
Au cours de ces ateliers, nous avons fait un film de promotion pour les 200 ans de la Caisse d’Épargne. Claude m’a vu jouer dedans et cela lui a donné l’idée de me faire tourner dans La Vertu des Impondérables. Par la suite, j’ai réalisé un documentaire pour rendre hommage aux soignants pendant les premières vagues de COVID. Dans ce documentaire, « Ceux que vous applaudissiez à 20h », j’ai notamment interviewé un monsieur qui était resté trois semaines en réanimation. J’ai construit mon récit autour de son témoignage. Il n’était pas très chaud au départ, par pudeur, par discrétion. Puis, il a appris que j’avais travaillé avec Claude Lelouch, dont il est fan. Il a alors accepté. Pour les remercier, lui et sa femme, je voulais leur offrir le dernier livre de Claude dédicacé de sa main. Je suis allé voir Claude pour dédicacer le livre et je revenais du Chemin de Compostelle. J’avais de la barbe et les cheveux longs. Lorsqu’il m’a vu, il a dit : « Ah mais c’est Jésus » (rire). À ce moment-là, j’ignorais qu’il préparait ce film. Et ça s’est fait comme ça. Aussi simplement. Les petits hasards de la vie qui n’en sont pas. Claude est une personne qui joue avec la vie, qui s’adapte. C’est un bon exemple du cheminement que ça a pris. La vie te propose ça, il y a donc peut-être quelque chose à faire. ».
Comment on se prépare à jouer un personnage religieux de cette envergure ?
« Je pense qu’il ne vaut mieux pas être préparé à 100%. Dans le travail de comédien, le travail se fait en amont. Mais une fois arrivé sur le plateau, il faut tout réinventer. Surtout avec Claude. Vous pouvez avoir un script avant et, une fois sur le plateau, tout peut changer. Il vaut mieux collaborer avec la vie justement. J’arrive avec une intention de jeu, pour me rassurer, mais une journée peut convoquer autre chose. Et tout va bouger. On doit alors s’adapter aux jeux des autres, à leurs émotions. Claude adore ça. Quand on se laisse surprendre. C’est bien d’être prêt mais surtout de rester ouvert à ce qu’il peut se passer.
Claude choisit ses acteurs en fonction de ce qu’ils incarnent. D’ailleurs, il conserve souvent les prénoms des acteurs pour leurs personnages. Il prend des acteurs pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils incarnent dans la vie. Jean Laurent Cochet, qui m’a formé au théâtre, disait : « Il faut être soi à travers le personnage ». En somme, il faut d’abord être soi, avant d’incarner un personnage. Il faut mettre de soi dans le personnage pour obtenir une patte spéciale certes, mais dans laquelle on est vrai.
J’ai essayé de servir au mieux le personnage, avec ce que je suis, avec mes limites et mes atouts. J’espère que ça va toucher des gens, que ça transmettra des émotions. Car l’émotion, c’est ça qui fait bouger l’énergie. C’est la raison pour laquelle je fais ce métier. ».
Est-ce vrai que vous avez toujours voulu jouer le rôle de Jésus ?
« Oui, tout à fait. Quand je me suis lancé dans ce métier, on m’a demandé quel type de rôle j’aimerais interpréter. C’est une question importante. C’est bien d’avoir un archétype, le mien c’était Jésus. […]. Je suis ravi parce que la vie m’a fait ce cadeau, de pouvoir réaliser ce rêve. En plus, avec Claude Lelouch. Jamais je n’aurais imaginé un tel scénario. ».
Vous l’évoquiez tout à l’heure et Claude Lelouch nous l’avait confié en conférence de presse, vous faites le Chemin de Compostelle tous les ans. Qu’est-ce cela vous apporte ?
« Je me pose cette question, chaque année. La première année, je venais de faire ma transition et de sauter le pas pour devenir comédien. Je n’avais plus beaucoup de sous. Il me fallait des vacances pas cher et pas forcément en France. Le Chemin de Compostelle était un choix parfait. Puis, j’aime bien marcher. Il y a une phrase qui court sur le chemin et qui dit : « on ne peut pas asservir quelqu’un qui marche ». Quand on marche, on est libre. Et j’ai cette liberté à chaque fois. Parfois, j’en ai plein les pattes, j’en ai marre. Et dans le même temps, parfois, quand je traverse une forêt je me mets à pleurer. Juste parce que je suis heureux de vivre, d’être en vie, en mouvement. Il y a aussi des rencontres. On en revient au cinéma de Claude Lelouch. Son cinéma, c’est celui des rencontres, des histoires humaines, comme sur le Chemin de Compostelle. […] Je ne sais pas si je fais ce chemin par gratitude, pour remercier. Il m’arrive aussi de ressentir de la colère. Mais je ressens de la gratitude d’être en vie. Etre en vie, c’est déjà formidable. C’est aussi un message qu’on peut retenir du Christ : cet amour de la vie. L’histoire a retenu le Jésus crucifié. Cela aurait été bien de parler aussi du Jésus bon vivant. ».
Quel est votre rapport à la religion ?
« Je me sens proche des gens qui s’interrogent, des gens qui se posent des questions sur le sens de la vie et vont chercher des réponses ou de nouvelles questions. Il y a une grande force dans le fait de se poser des questions. Les courants spirituels et philosophiques ont cette beauté de se poser des questions et d’essayer de chercher sa vérité. On a tous notre propre vérité. Pour moi, la spiritualité est une façon de s’habiter soi-même et d’habiter le monde. Mais la spiritualité, je la vois aussi dans un bon repas, dans des choses simples.
J’ai grandi dans un milieu plutôt chrétien. Néanmoins, chrétien, juif et musulman, c’est un peu la même chose pour moi. Comme le disait Claude Lelouch « c’est la même histoire, ce qui change c’est la mise en scène ».
Claude Lelouch prend un énorme risque en plaçant aussi Jésus dans la peau d’une femme (Elsa Zylberstein)…
« Cette énergie christique, elle est à la fois masculine et féminine. On a en chacun de nous une part de masculin et de féminin. Jésus est un bel exemple de masculin et de féminin harmonisé. […] L’idée qu’il ait pu avoir des instants charnels avec Marie-Madeleine me plaît. J’ai l’impression qu’au sein de l’Église, il y a eu une abnégation de la sexualité. Ça crée de la frustration. Même en moi, j’ai l’impression de porter une solidarité inconsciente par rapport à ça. Il y a des choses qui devraient être remises à leur place. Je suis sûr que Jésus avait des désirs. Il était humain aussi. Ne pas l’accepter, c’est nier son humanité. Et le mettre loin de nous. Je me plais à imaginer qu’il guérissait en faisant l’amour. Je sais que ça peut choquer. […] Je me sens proche de ce personnage. Se mettre au service de l’amour, ça me parle. Et Claude est un serviteur de l’amour. Dans ses films, il ne parle que d’amour et de manière tellement humaine que ses histoires parlent à tout le monde. ».
Vous partagez ce que dit votre personnage dans la scène du commissariat ? Que le monde est déjà le Paradis, ce que nous vivons ce sont des épreuves, des tests sur notre résistance par exemple ?
« Je n’ai pas la réponse mais je trouve la vision intéressante. Dans cette scène, il y a quelque chose d’irréaliste, de magique. C’était une excellente idée de débuter le film par cette séquence. Le décor est de suite planté.
C’est notre regard qui fait que c’est le Paradis ou l’Enfer. La science dit que n’existe que ce qui est observable. Donc, est-ce que ce n’est pas nous qui avons cette liberté, selon le regard qu’on porte aux choses, de faire que ces choses soient merveilleuses ou horribles. Dans la vie, bien entendu, on ne choisit pas tout ce qui nous arrive. Toutefois, on peut choisir la manière dont on va réagir face à telle ou telle chose, de ce qu’on va en faire. Là, on a cette liberté. On a peut-être ce cadeau là, de transformer les choses en Paradis ou Enfer. ».
La relation entre Jésus et le Diable est assez étonnante. Ils sont toujours très proche…
« Cette relation est intéressante. Quand on parle d’Enfer, il s’agit de quoi « en faire » ? Si le Mal n’existait pas, le Bien n’existerait pas non plus. Heureusement, peut-être, qu’il y a le Mal. Quand Béatrice dit : « Je vous apporte de la souffrance, pour que vous appréciez mieux la vie », c’est une belle vérité. Ce duo, il est humain. J’aime aussi beaucoup l’idée que Claude nous ait mis ensemble, côte à côte. Quant à Béatrice, elle est super. J’adore cette fille. C’était un vrai plaisir de partager ça avec elle. Béatrice, elle incarne vraiment la personne qui sait jouir de la vie. Elle profite de la vie. ».
Ma critique de L’amour c’est mieux que la vie est à retrouver ici.
L’amour c’est mieux que la vie sortira le 19 janvier prochain.

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