VISIONS : LA NOUVELLE SÉRIE FANTASTICO-POLICIÈRE DE TF1

Le 16 mai prochain, TF1 diffusera sa nouvelle création originale, Visions, une mini-série policière de six épisodes avec Louane et Soufiane Guerrab. Avec son approche fantastique, Visions adopte un ton singulier et séduit aussi par l’interprétation sensible de Léon Durieux.

Adopter le surnaturel

Ce sont d’étranges visions qui se manifestent chez le petit Diego, âgé de huit ans. Des visions qu’il traduit à travers des dessins, des portraits ou des objets. Alors que Lilly, douze ans, disparaît lors d’une grande fête de famille, dans laquelle Diego est présent, il capte une vision traumatisante. Chargé de l’enquête, Romain se lance dans une course contre-la-montre pour sauver Lilly, tandis que cette disparation révèle les sombres secrets de chacun des habitants. De son côté, sa compagne, Sarah, une psychologue au passé trouble, va tenter de comprendre l’énigme des dessins de Diego. Car la clé de cette disparation est là, à portée de main…

La réalisation de Visions a été confiée à Akim Isker, récemment primé au Festival de la Fiction de La Rochelle pour le bouleversant téléfilm de France 2, L’Enfant de personne. Un projet pas si différent de celui-ci, malgré l’aspect « fantastique » de Visions, puisqu’il reste au plus près des thématiques qui lui sont chers : l’enfance et sa confrontation au monde cruel des adultes. Avec Visions, Akim Isker démontre une nouvelle fois un vrai savoir-faire, à la fois pour raconter par l’image des histoires fortes mais aussi de réelles intentions cinématographiques dans une mise en scène particulièrement soignée.

Akim Isker a toujours filmé ses drames avec pudeur, sans une quelconque intrusion dans ce que vivent les personnages dans leur intimité, dans leur moment de solitude ou de doute. Même si sa caméra filme souvent les visages de ses héros en gros plan pour en saisir chaque émotion, elle n’est jamais dans une position vicieuse ou malveillante. Au contraire, elle caresse en toute bienveillance la physionomie des protagonistes afin d’en extraire les fragilités humaines, les failles, les angoisses ou les espoirs. Le réalisateur évite également les champs/contre-champs ennuyeux et opte le plus souvent pour des cadres fixes.

Ils permettent ainsi d’accentuer le trouble, le mystère et d’embellir des séquences « fantastiques » avec une lumière chaude, tantôt glaçante, tantôt réconfortante. La lumière est d’ailleurs un des autres atouts dans la réalisation de Visions. Très éloigné des habituelles productions de TF1 aux couleurs vives et chatoyantes, Visions choisit un étalonnage propre à chaque image, à chaque nouvelle situation et/ou drame, dans une fusion colorimétrique absolument poétique.

L’ingéniosité de l’intrigue, elle, réside dans la complexité des relations entre les individus et sa faculté à étendre l’espace dans une histoire qui va au-delà des frontières du petit village où Lilly a été kidnappée. Au fur et à mesure que l’intrigue avance, les mensonges et les non-dits se révèlent, et sèment le doute chez le spectateur quant à l’identité du kidnappeur. Les dessins de Diego, eux, perturbent et dévoilent des secrets et des indices sur diverses enquêtes qui ont eu lieu quelques mois/années auparavant. Tous se lie dans une intrigue élaborée et déboussolante, où les voies sans issues s’accumulent jusqu’au dénouement final, surprenant.
Jamais le fantastique ne prend le pas sur la « réalité ». Les scénaristes Bruno Dega et Jeanne le Guillou ont pris soin de conserver une histoire ancrée dans la réalité, à ne pas basculer dans une caricature grandiloquente du fantastique où se mêleraient horreur et action, qui desservirait leur propos ainsi que la véracité du monde des médiums et de ce qu’ils peuvent vivre ou ressentir. La réalisation d’Akim Isker reste dans cette tonalité, préserve l’essence de la série, en ajoutant néanmoins une touche de lyrisme à cet aspect très terre-à-terre du scénario.

Léon Durieux a un sixième sens

Avec Visions, Louane confirme ses talents d’actrice et tout le casting, personnages principaux et secondaires compris, sont d’une grande justesse. Mais la véritable vedette de Visions est le jeune héros de la série, Diego, interprété par Léon Durieux. Ce dernier livre une prestation magistrale. Il se dégage dans son jeu, une maturité extraordinaire et bouleverse avec son regard apeuré, mélancolique mais profondément doux. A l’instar de l’acteur américain Haley Joel Osment dans le « Sixième Sens » – référence première -, Léon Durieux appréhende parfaitement les enjeux de son personnage, en décèle les moindres vulnérabilités, la moindre portée psychologique et les traduit dans un florilège subtil de regards naïfs, troublants et tendres. Une interprétation, où la profondeur et l’intensité de ses yeux impressionnent.

Mon entretien avec les scénaristes Jeanne Le Guillou et Bruno Dega est à retrouver ici.

Visions, dès le 16 mai prochain sur TF1.

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