FÉLIX RADU, EN TOUTE INTIMITÉ…

Sa plume, ses mots, sa fragilité sont l’expression la plus pure de sa personnalité. En effet, Félix Radu a ému des millions d’auditeurs avec ses chroniques, repartagées aujourd’hui autant de fois sur Tik Tok. Sa poésie inspire, l’homme est attachant. Le jeune comédien de 26 ans partage avec nous, sur scène, à la radio ou sur les réseaux sociaux, ses plus belles promesses, ses plus beaux espoirs, ses désirs les plus profonds, ses désillusions, crie son amour et utilise les mots pour défendre ses idéaux.

Au travers cette interview, Félix Radu se confie à cœur ouvert sur son amour pour la littérature française, sa sensibilité, son enfance, sur ses inspirations et sur certains des films qui l’ont marqué à jamais.

D’où vient cet amour pour la littérature, la langue française et les mots ?
Je ne sais pas si ça a commencé par de l’amour. Les mots sont une manière de créer de l’harmonie, une manière de créer de la poésie. Et moi, je suis amoureux de la poésie, pas tellement des mots ou de la langue française. Je l’aime profondément comme un artisan aime son outil mais ça n’a pas démarré dans l’amour de la langue française. Quand j’étais petit, j’écrivais car j’en ressentais le besoin, la nécessité de vider mon sac. La langue française s’est imposée à moi comme étant le moyen le plus simple de le faire. Ça m’a valu beaucoup de moqueries lorsque j’étais petit, beaucoup de violences, de douleurs. Plusieurs fois, j’ai espéré arrêter d’écrire, espérer me ranger dans une forme de catégorie d’enfants plus banale. Ce n’est pas de l’amour, plus une forme de passion, je dirais. Étymologiquement, le mot « passion » vient de « douleur ». Aujourd’hui, quand je regarde la langue française, j’y vois de l’aspérité, les formes de sexisme à laquelle elle renvoie ou par l’attaque des classes sociales qu’elle a marqué, je vois plein de défauts dans son histoire et dans sa manière de parler, même dans son orthographe. Mais c’est beau aussi d’aimer les défauts des gens, ça apprend. C’est l’amour-mature. Au début, tu aimes une personne et tu l’idéalises puis, en grandissant, tu te rends compte que si tu apprends à apprécier les défauts et lui autoriser d’être plus fragile, c’est encore plus beau.

« L’écriture a longtemps été une façon pour moi d’exprimer un mal d’exister ».

L’écriture a été une sorte d’exutoire pour vous ?
Ça a été longtemps une façon pour moi d’exprimer un mal d’exister. Mais je pense que toute création artistique l’est. « Tous les artistes racontent ce qu’ils ratent », disait Brel et je suis assez d’accord avec lui. Petit, je loupais beaucoup de choses. Ensuite, vient une notion que je découvre depuis deux ans, qui est de vivre de sa passion, en faire son métier. C’est différent. Tu n’écris plus par nécessité mais parce que les autres attendent désormais de toi des échéances et il faut maintenant apprendre à dompter sa muse, la rentabiliser même. C’est une nouvelle notion.

Dans certaines de vos chroniques à la radio, on ressent beaucoup de fragilité, d’émotions chez vous. Est-ce que vous avez toujours eu cette « hypersensibilité » ?

Je n’ai pas été éduqué dans ces termes-là. De ce fait, cela m’est très étranger. Pour moi, ma sensibilité, du moins jusqu’à ce que je devienne un adulte indépendant, c’était une constante. Je croyais que tout le monde avait la même sensibilité que moi. Les rares fois où mes parents ont été interrogés sur le sujet ou bien qu’on leur disait qu’ils devaient peut-être se renseigner, mes parents envoyaient tout balader en disant que ça n’existait pas, que j’étais juste bizarre, distrait, que je n’y mettais pas du mien. Aujourd’hui, je prends conscience qu’il existe des hypersensibles et je reçois plein de messages de personnes qui se reconnaissent en moi, que ça leur fait du bien et que je devrais faire des tests.

Pour moi, c’est trop tard. C’était avant qu’il fallait me donner ces outils pour mieux me comprendre. J’ai fait avec ce que j’étais et j’ai appris à m’aimer sans ça. Je ne sais pas si je suis hypersensible et, à vrai dire, ça m’importe peu. Pourvu que tout le monde se sente bien dans ses pompes et, si je peux aider, tant mieux, ça me rend heureux.

« L’humour a été ma porte de sortie dans toutes les situations stressantes, encore aujourd’hui ».

L’humour vous a aidé à gérer toutes ces émotions ?
L’humour domestique, l’humour quotidien, énormément. Cela a été ma porte de sortie dans toutes les situations stressantes, encore aujourd’hui. Je rigole beaucoup, de tout. C’est quelque chose avec laquelle je travaille avec ma psy, je ne passe jamais par la case colère. Je ne me mets jamais en colère, je n’y arrive pas. Je ne trouve aucune légitimité à me mettre en colère. Donc, soit je passe par la peine ou par le rire. L’humour quotidien, c’est ma carte Joker. Je fais des blagues, des jeux de mots tout le temps, je tourne tout en dérision dès que ça devient stressant car je le gère mal. En faire son métier, c’est une autre décision. C’est une décision que j’ai décidé de ne pas prendre car j’ai trouvé mes intérêts et mes aspirations autre part.

Est-ce que cette « hypersensibilité » est encore plus difficile à gérer dans le monde actuel ?
Dans tous les univers possibles, je pense que c’est difficile d’être hypersensible parce que tout nous abîme, tout nous touche, nous blesse, particulièrement lorsque l’hypersensibilité reste marginale. Tu peux vite passer pour quelqu’un qui retarde le groupe, ou qui fait exprès, qui est relou à tout le temps se mettre en larmes ou en joie. Le monde est de plus en plus violent. D’autant qu’on est connecté avec le monde entier. À l’époque, si tu faisais une bêtise, il n’y avait que 4 personnes au courant. Tu partais dans le village d’à côté et tu étais tranquille. Maintenant, la planète entière te regarde et te juge. En tant qu’hypersensible, être connecté au monde c’est être connecté avec tout ce qu’il y a de plus sublime sur Terre et, en même temps, tout ce qu’il y a de plus horrible. Pour ma part, oui, je le vis de plus en plus mal. J’ai la sensation que ça s’accentue avec le temps. Être adulte et devoir prendre les armes pour se faire une place dans le monde et d’assumer qui on est, c’est compliqué. Et la nature humaine n’est pas ce qu’il y a de plus parfait. Il y a de la crasse, de l’ombre, de la noirceur, chez les gens et, tout le monde n’a pas décidé de la dompter.

Vous parliez d’être connecté au monde entier. Sur Tik Tok, certaines de vos chroniques sont reprises des milliers voire des millions de fois par les internautes qui y posent des images dessus. Comment vous vivez ça ?

Quand c’est bien fait, c’est génial car tu as l’impression de parler aux gens, ça vit et que ton œuvre te dépasse et c’est trop bien. Néanmoins, quand c’est purement et simplement du vol ou du plagiat, ça fait vraiment mal. S’il y a bien quelque chose d’intime c’est l’Art, surtout celui que je faisais à la radio, car je me livrais beaucoup et je donnais énormément de mon intimité. De voir des gens s’approprier mon travail et lui faire dire tout ou n’importe quoi ou se faire passer pour moi (des comptes Tik Tok se sont fait passer pour moi), c’est vraiment dur. C’est comme si on te volait ton identité. À côté de ça, les personnes qui font vivre ton œuvre parce qu’ils dansent dessus, parce qu’ils peinent dessus, je trouve ça incroyable.

Crédit photo : Thomas Braut

C’est un sentiment incomparable dans ce qui avait été vécu dans ma vie auparavant. C’est une manière de se voir soi dans le regard de quelqu’un d’autre. C’est joli.

« Si ça ne tenait qu’à moi, je n’écrirais que des trucs romantiques ».

Quelles sont vos inspirations lorsque vous écrivez ?
Ça dépend de l’exercice. L’écriture c’est vaste et on peut faire tout et n’importe quoi. Quand j’étais petit, pour vider mon sac. Lorsque j’ai découvert la joie de l’amour et des filles, c’était essentiellement pour leur plaire. Je leur écrivais des lettres d’amour. Aujourd’hui, je m’adapte en fonction de ce qu’on me demande. Dans mon intimité, j’écris des choses qui m’appartiennent. Quand on m’invite à la radio et qu’on me donne carte blanche, j’essaie de réinventer le concept, de chercher des exercices qui me feraient plaisir ou marrer à entendre. Quand on m’invite à France Télévisions pour vulgariser des livres, je le fais et je travaille ces couleurs-là. En fonction de la couleur qu’on me demande, je m’adapte. Si ça ne tenait qu’à moi, je n’écrirais que des trucs romantiques. C’est ma littérature et c’est ce que j’aime le plus, de parler de la beauté, du charme, de la volonté de retrouver quelqu’un, du plaisir… Mais je suis heureux de m’essayer à plein de styles.

Sur Tik Tok, vous avez dévoilé quelques-uns de vos films préférés. On y trouve surtout des comédies romantiques/musicales. Ce sont des genres qui vous plaisent davantage que les autres ?
J’ai découvert la comédie musicale grâce à mon premier amour qui était actrice de comédie musicale. C’est elle qui m’a fait plonger dans cet univers et, je pense, par amour, ça c’est reporté sur ce registre. Maintenant, lorsque je vois une comédie musicale, c’est elle que j’écoute encore un peu. La chance qu’on a eu, c’est de se séparer amoureux. J’ai donc ce plaisir de retrouver un amour à chaque fois que je vois une comédie musicale. Après, ça marche au film. Il y a des films sublimes et quand ça parle, il n’y a pas besoin d’explications.

« La poésie, ce n’est pas une question de style, de virgule ou de ponctuation, c’est une question de vérité ».

Parmi ces films, il y a HER. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce film ?

Je trouve le synopsis fou, les acteurs incroyables, la réalisation et la colorimétrie sublimes. Tout est d’une intelligence folle. La voix de Scarlett Johannson est d’une beauté. C’est tout ce qui me parle et parlait à l’adolescent que j’étais. Dans ma jeunesse, j’étais très timide et je correspondais beaucoup avec les filles dont j’étais amoureux plutôt que de les draguer en vrai. J’allais sur des forums et je parlais aussi avec des gens. Cette notion d’avoir « quelqu’un au bout du fil », d’être amoureux d’une voix et que ce soit très concret et à la fois immatériel, cette incapacité à la rejoindre, et ce twist de la non-appartenance, tout ça tape dans mes vertiges, dans mes fragilités. C’est pour ça que ce film me plaît énormément, ça fait pleurer l’ado que j’étais.

Le film est souvent cité comme étant l’un des drames amoureux les plus beaux du cinéma. Pourtant, il s’agit d’une histoire d’amour entre une I.A et un être humain. Comment expliquez-vous cela ?
Parce que c’est la quintessence de l’amour impossible remis dans un contexte actuel avec des questions qui nous taraudent aujourd’hui. C’est fait avec une rare intelligence, c’est doux et Joaquin Phoenix sublime le rôle. Il est d’un pathétisme et d’un dramatique fou. L’intelligence artificielle apparaît doucement, c’est un lieu de stupeur et d’admiration. C’est le Roméo et Juliette de notre époque.

Il y a des scènes de HER qui vous ont marqué ?
J’ai des souvenirs marquants comme la séquence où ils font l’amour vocalement ou lorsqu’il l’a déballée et qu’il la regarde comme un gosse de 14 ans. C’est fascinant. Puis, ce moment où il est dans les escaliers et qu’il apprend qu’elle parle avec plein d’autres hommes. C’est un arrrache-coeur. Toutes les scènes de ce film sont incroyables. Il est difficile d’en extraire qu’une seule. C’est comme retirer une séquence de Cyrano de Bergerac. Le film existe, le film est beau, dans son entièreté.

Vous auriez pu écrire des cartes postales ou des lettres pour les autres, comme le personnage de Joaquin Phoenix ?

D’une certaine manière, très éloignée, c’est déjà ce que je fais. J’écris des choses qui m’appartiennent mais qui font écho chez beaucoup de gens et qui se repartagent ensuite mes écrits, mes chroniques, mes poèmes pour se dire « Je t’aime ». Dans ce sens-là, oui, car c’est se raconter soi pour faire écho chez les autres. Par contre, écrire pour les autres, c’est quelque chose qui m’est complètement étranger et que je refuse, même pour de l’argent. Certains me demandent, par exemple, de leur écrire leur discours de mariage. Je trouve cela complètement aberrant. Peu importe les mots employés, le style, ce seront vos mots qui toucheront votre femme, pas les miens.

La poésie, ce n’est pas une question de style, de virgule ou de ponctuation, c’est une question de vérité. Je n’écrirai jamais pour les autres car il n’y aura aucune carte postale de Victor Hugo qui vaudra celle d’un jeune homme amoureux.

« Monsieur Keating restera à jamais la personne qui m’a donné envie d’écrire, de monter sur scène, l’envie de faire de la poésie ».

Tout à l’heure, nous parlions de votre amour pour la poésie. Parmi les films cités dans votre Tik Tok, il y a « Le Cercle des Poètes Disparus ». Est-ce que le personnage incarné par feu Robin Williams a pu être un déclencheur dans cette relation intime que vous entretenez avec la poésie ?
Entièrement. Tout a démarré là. J’écrivais des petits trucs dans ma chambre mais que je faisais un peu malgré moi, sans comprendre le but. C’est en voyant Le Cercle des Poètes Disparus que ma vie a été chamboulée. Tout a pris sens. J’ai eu l’impression que ce film m’a mis à un endroit où tout ce qu’il y avait dans ma tête se mettait en perspective et je comprenais où ça allait. Monsieur Keating restera à jamais la personne qui m’a donné envie d’écrire, de monter sur scène, l’envie de faire de la poésie. C’est ce qui m’anime encore aujourd’hui. Quand j’avais 16 ans, je me suis tatoué Carpe Diem et c’est pour ce film. À l’époque, ça avait terriblement de sens.
[…] J’ai vu le film dans le salon avec ma famille. C’était un énième film qui pouvait être sympa, joli, à voir ensemble. Ce film est comme une montagne russe. Il y a des montées d’émotions dans la gorge et puis, ça s’accélère encore et encore. Le Cercle des Poètes Disparus te tient en haleine du début à la fin, qui est apocalyptique. Le passage où Monsieur Keating se met à genoux devant ses élèves et leur dit : « On ne lit pas et on ne fait pas de la poésie parce que c’est joli […] mais parce que nous faisons partie de la race humaine ; et que cette même race foisonne de passions. », ce sont des phrases qui seront marquées au fer rouge dans ma tête. Après la fin du film, je suis reparti dans ma chambre et je n’étais plus la même personne.

Dans le film, il y a une question qui est posée : qu’est-ce que la poésie ? Quelle serait votre définition de la poésie ?
Elle serait la même, à peu près, que celle de Monsieur Keating. La poésie c’est l’harmonie. La poésie c’est tout ce qui rend le monde plus tolérable. La poésie c’est terriblement humain. C’est l’humain qui fait naître la poésie du monde. C’est tout ce qui n’est pas utile mais terriblement nécessaire.

« La solution pour faire avancer les mentalités passe par les artistes, plus que par les politiques ».

Le Cercle des Poètes Disparus interroge aussi le conformisme et le système éducatif. Comment trouvez-vous le nôtre aujourd’hui ? Et, en tant qu’artiste, vous trouvez qu’on laisse suffisamment de place à l’Art ? A l’imagination ?

Absolument pas. J’ai très mal vécu mes années scolaires. Je ne pense pas être le seul. Mais c’est comme l’éducation parentale, est-ce que pour être un bon parent, il faut être un parent exemplaire ou, au contraire, est-ce que le fait d’échouer continuellement, de ne pas réussir, ça ne pousse pas les élèves à sortir du cadre, à s’affirmer, est-ce que ça ne leur laisse pas l’opportunité de se dresser contre quelque chose. Ce qu’il faut, c’est réussir à trouver la sortie. Malheureusement, tous les élèves ne la trouvent pas. Pour moi, l’école rate quelque chose dans l’éducation des jeunes. Il y a une immense différence entre ce qu’on enseigne à l’école et la véritable matière dont on parle. Il y a le français et la matière qu’est le français. Ce n’est pas la même chose.

En sortant d’un cours de français, beaucoup d’étudiants disent détester le français. Alors qu’en vérité, ils détestent la matière français qu’on a essayé de leur enseigner. Mais si on leur montrait vraiment ce qu’est le français, la poésie, si on leur racontait la vie de certains auteurs, les sales gosses que pouvaient être certains, les élèves l’apprécieraient plus. C’est comme dire qu’on aime pas la musique. On peut ne pas aimer un style de musique mais il y a forcément un style qui nous convient : le rap, le classique, le rock, la techno. Les matières sont échouées à l’enseignement. Il y a plein de matières où je pensais être mauvais et, aujourd’hui, je suis abonné à une multitude de chaînes de vulgarisation sur Youtube et je suis passionné par l’astronomie, les sciences, les expériences, la physique quantique. Ça me passionne. Pourtant, à l’école, je dormais sur mon banc.
[…] Je pense que l’Art aura toujours sa place. La question c’est plutôt, est-ce qu’on leur laisse suffisamment de valeur ? Non.

Finalement, nos meilleures armes de guerre ne sont-elles pas les mots ?
Ça l’a toujours été. Mais au-delà des mots, c’est la communication. Si on se renferme dans le silence, il n’y aura plus aucune compréhension. La solution passe par le récit, par les histoires, par l’Art, parce que l’Art est une manière détournée de raconter la réalité. La solution pour faire avancer les mentalités passe par les artistes, plus que par les politiques. J’espère faire ma part.

Un mot sur « La La Land » qui est également dans votre liste ?

J’étais seul durant ma séance de cinéma. Je venais de m’installer à Paris donc, j’étais vraiment très seul. Je suis resté environ 30 min, seul, dans la salle, à pleurer pendant le générique. C’est l’homme de ménage qui m’a demandé de partir. Je suis reparti chez moi le cœur lourd. J’étais si malheureux. C’est tout ce qui me plaît, là aussi. C’est tout ce que je trouve sublime au cinéma. C’est drôle, c’est poétique, c’est romantique, c’est dramatique… Tout est sublime, les chansons, les danses, les dialogues, le jeu, les situations et les couleurs. Ce sont des moments de Paradis. J’aime les fins déchirantes.

Un mot, une définition par Félix Radu

« La danse c’est l’âme qui se débat ».

Amour : C’est ma principale raison d’être là. C’est ce qui me fait lever le matin, la recherche continuelle de l’amour.

Cinéma : Ça m’évoque le rêve idéal. C’est toute une équipe pour mettre en chantier un moment unique. Contrairement au théâtre qui avoue directement que ça sera imparfait, le cinéma, lui, est à la recherche de la perfection. C’est l’art qui recherche le parfait.

Retrouvailles : C’est des copains, dans un bar. « Le plaisir des disputes sont les réconciliations » disait Alfred de Musset. C’est ça, les retrouvailles, le plaisir des départs : « S’il faut partir un jour, pourvu qu’il y ait des retrouvailles ».

Danse : Ça m’effraie énormément car j’ai peur de danser. Néanmoins, j’adore regarder les gens danser. C’est fascinant et passionnant. Je suis très sensible à ça. Mais je ne sais pas danser et je me sens très mal dans mon corps. Toutefois, c’est une manière de s’exprimer qui est encore plus instinctive que l’écriture. Un danseur peut se laisser immédiatement entraîner par la musique, la vibe. Improviser. La danse c’est l’âme qui se débat.

Nostalgie : Je pense de suite à cette phrase de Alessandro Baricco : « Quelle sensation étrange que de mourir de nostalgie pour quelque chose qu’on ne vivra jamais ». Je pense que les êtres humains errent un peu entre ce qui n’est pas encore et ce qui n’est plus. On a la nostalgie de ce qu’il y a avant et de ce qu’il y a derrière. Techniquement, nous ne sommes pas sûr de vivre demain donc, tout ce qui n’est pas encore, nous ne savons même pas si nous l’aurons. La nostalgie est l’état de base de l’être humain.

Panache : Cyrano de Bergerac. C’est mon maître de vie. Il fait partie de mes personnages favoris avec Monsieur Keating. S’il faut choisir, il faut mourir en Cyrano, debout avec le sabre à la main. Peu importe si on gagne ou si on perd. Le but n’est pas de gagner. « On ne se bat pas dans l’espoir du succès, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile » comme il le disait. Vivre et mourir avec panache.

Super-héros : La fiction a tendance à nous vendre les super-héros comme des êtres indéfectibles, à la puissance incroyable mais j’ai comme la sensation que, quotidiennement, dans la vie de tous les jours, il y a de milliards de super-héros qu’on ne remarque pas et qui ont davantage de valeurs. Pour moi, la force prend de valeur quand elle est née d’un combat. Plus l’effort est grand, plus l’acte est héroïque. Et de voir qu’il y a des gens qui se lèvent chaque matin à 6h pour aller ramasser des poubelles ça, pour moi, c’est être un putain de super-héros. Aller en soirée et croiser une cannette sur le sol, la ramasser, et la mettre dans une poubelle, c’est un acte de super-héros. Plus c’est joli, plus ça a demandé d’efforts, plus l’humain se montre au-dessus de lui-même, plus c’est héroïque. Pendant la période du COVID-19, le corps médical s’est montré héroïque au sens premier du terme. Les pompiers, aussi. Plus petitement, lorsque ton amoureuse te laisse, avant de partir travailler, un petit post-it avec marqué « Je t’aime », pour moi, c’est un acte héroïque.

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