Théâtre, cinéma, et prochainement héroïne du téléfilm « Lame de fond » sur France 2, Pauline Bression est partout !
Comédienne talentueuse et pétillante, Pauline Bression a durant huit ans été le visage d’Emma Rimez, personnage emblématique de la quotidienne Plus Belle la Vie sur France 3. Depuis l’arrêt de la série en novembre dernier, elle enchaîne les projets, voguant d’une pièce de théâtre à l’autre, parcourant le cinéma avec toute son énergie, sans oublier la télévision, média qui l’a révélée au grand public. Une artiste complète, dont le sourire communicatif embellit chacun de ses rôles. Pourtant, le destin aurait pu en être tout autre pour Pauline Bression. Après le bac, elle s’engage dans des études de droit et obtient son master. Mais il y a des désirs plus forts que la raison. À la fin de ses études, elle décide de prendre une année sabbatique et commence une formation au Cours Florent avant de poursuivre au Laboratoire de Formation au Théâtre Physique : « J’avais envie d’être comédienne très tôt. Selon les familles, c’est plus ou moins compliqué de le faire accepter. Au départ, c’était de l’ordre du rêve. J’ai suivi une voie plus classique. Puis, un jour, on se réveille et on comprend que ce n’était pas qu’un rêve. Mes parents se sont rendus compte pendant cette année sabbatique que je faisais du théâtre. Avec le temps, ils l’ont accepté car ils voient que je suis heureuse et que je vis de mon métier ».
Une histoire d’amour avec le Smile
« Sur cette aventure qu’est Une histoire d’amour, Plus Belle la Vie n’a pas été un frein. Sur d’autres projets parfois, oui, ça l’est. Alexis est une référence dans le théâtre pourtant, il ne m’a jamais parlé de Plus Belle en négatif. Ce qui est rare. Lui, il s’intéresse avant tout aux comédiens »
Actuellement, Pauline Bression est à l’affiche de deux pièces de théâtre.
Dans « Une histoire d’amour » d’Alexis Michalik, elle y incarne Claire, le grand amour de William (Alexis Michalik) ainsi que plusieurs petits rôles secondaires (une serveuse, une infirmière, une obstétricienne et une échographiste). Cette rencontre avec le metteur en scène et auteur de théâtre parmi les plus brillants de ces dernières années a été un tournant pour Pauline Bression. Avant d’intégrer la troupe d’Une histoire d’amour, elle avait passé les essais pour le film Edmond (2018), adaptation cinématographique de la pièce d’Alexis Michalik du même nom. Un casting qui n’a pas été fructueux puisqu’elle ne sera pas choisie. Néanmoins, le réalisateur conserve les essais de Pauline en tête et, quelques années plus tard, la recontacte pour jouer le rôle de Claire dans sa nouvelle pièce. Plus qu’une collaboration, c’est une famille qui se cré autour de ce spectacle enchanteur entre rire et émotion qui a notamment remporté le Molière de la meilleure mise en scène d’un spectacle de théâtre privé. Un succès lié à l’exigence du dramaturge : « Alexis est exigeant, il sait ce qu’il veut. Au début, c’est déstabilisant mais rassurant. On le suit parce qu’il sait pertinemment où il va. Alexis avait une vision précise de ce qu’il voulait avec cette pièce ».
Depuis le 12 avril, Une histoire d’amour fait l’objet d’une adaptation au cinéma, toujours porté par Alexis Michalik. Pauline Bression nous raconte les coulisses de la création du film : « Ce qui est exceptionnel, c’est qu’il a réussi à garder le même casting. C’est très difficile parce que les distributeurs et les producteurs demandent, après lecture du scénario, qui composera le casting. Il faut des têtes d’affiche. Alexis s’est battu pour conserver son équipe théâtrale. Il s’est battu, jusqu’à monter sa propre boîte de production avec ses associés de théâtre. Grâce au soutien de France 2 et Canal +, il a pu monter son film. […] Ensuite, concernant mon rôle à proprement parler, il y a quelques différences entre mon rôle au théâtre et au cinéma. J’ai un rôle poétique ».

Dans Smile de Nicolas Nebot et Dan Menasche, Pauline joue le rôle de Hetty Kelly, une danseuse de cabaret londonienne dans les années 1910. Hetty Kelly était le premier amour de Charlie Chaplin. La pièce retrace le rendez-vous où le comédien lui déclare sa flamme, dans un bar de Londres. Une pièce unique, en noir et blanc. Costumes, maquillage, décors, lumières, le spectateur est plongé comme s’il regardait un film en noir et blanc. Pourquoi ce parti pris artistique ? : « Smile raconte la vie de Charlie Chaplin avant qu’il ne devienne Charlot. Comment lui rendre hommage ? L’univers en noir et blanc était le souhait du metteur en scène et cela correspond à merveille à Charlie Chaplin ».
Pour se préparer, une heure et demi de maquillage, par comédien et comédienne, est nécessaire. Un temps de préparation important : « Au début, nous nous sommes posés la question de savoir comment nous parviendrions à nous maquiller seuls, chaque soir. Nous avons eu une formation avec notre créatrice de maquillage, Zoé Castlan. Si nous avions peur de trouver ça long, c’est finalement agréable. C’est un temps qui nous permet de rentrer, de nous glisser petit à petit dans notre personnage. On est ensemble ».
Plus Belle la Vie, une aventure inoubliable
« Lors de mon premier jour au Mistral, j’ai été émerveillée par ces décors. Nous avions réellement l’impression d’être dans le quartier du Panier de Marseille »
En 2014, Pauline Bression intègre la série Plus Belle la Vie. Le grand public la découvre dans le rôle d’Emma Rimez, une jeune adolescente mal dans sa peau, fermée et colérique. Avec une mère proche d’une perverse narcissique (Alice / Mélanie Guth) mais un beau-père aimant et à l’écoute (Franck Ruiz / Jean-Charles Chagachbanian), Emma parvient à trouver un équilibre de vie et une vraie vie de famille au côté de Baptiste (Bryan Trésor) et de ses beaux-parents. Toutefois, Emma ne sera pas épargnée. Parmi les temps forts de son personnage, l’intrigue de la prostitution a été un des moments les plus pénibles et difficiles pour Emma : « J’ai eu quelques secondes de peur mais j’ai vite été flattée par la confiance des auteurs. D’ailleurs, ils étaient contents que ce soit une fausse ado qui joue cela, car je suis plus âgée qu’Emma dans la vie. Les scénaristes pouvaient ainsi me confier ça, sans avoir peur pour moi. Je suis heureuse d’avoir pu jouer ces séquences qui ont été le summum du mal-être pour Emma ».
S’en suivront beaucoup de rebondissements, un enfant, un mariage, une évolution de carrière florissante au cœur d’une grande entreprise marseillaise mais aussi des instants troublants entre les retrouvailles avec sa sœur disparue et la mort de sa mère. Un développement dont Pauline Bression est reconnaissante :

« J’ai eu une ou deux réticences sur les dernières intrigues, lorsqu’elle revenait à ses vieux travers : colère, tromperie… Je me demandais si ce n’était pas du déjà-vu. Et, en même temps, les gens retombent souvent dans leurs vieux démons. Sinon, à part ça, j’ai été heureuse de l’évolution d’Emma, de son évolution en tant que femme, en tant que maman et surtout de ce que les auteurs en ont fait à travers le couple Emma/Baptiste. Une relation très moderne, où la maman était beaucoup au boulot et le papa à la maison. L’intrigue avec la sœur retrouvée était intéressante aussi. Honnêtement, j’ai été gâtée ».
Ce couple Emma/Baptiste fut un des plus populaires du feuilleton. Lorsqu’on demande à Pauline Bression la raison pour laquelle les spectateurs les ont autant aimés, elle répond : « Je pense que, malgré les difficultés, les auteurs nous ont laissé ensemble. Le spectateur avait le temps de s’attacher à eux. Puis, c’étaient des ados qui avaient envie de s’aimer, contre vent et marée. Nous avons joué le côté Roméo et Juliette à fond. Ça marche toujours. On aime quand ça brave l’interdit ». Sur son partenaire de jeu, Bryan Trésor, elle ne tarit d’ailleurs pas d’éloges : « Il est hyper agréable comme partenaire. Toujours partant pour jouer. Dans le jeu, il adore qu’on propose, qu’on improvise, qu’on innove. C’était facile de jouer avec lui. C’est pour cela que je suis heureuse aussi que les scénaristes nous aient laissé ensemble ».
Sur leur chemin, un obstacle de taille : César. 7 ans de couple durant lesquels ce personnage incarné par Grant Lawrens tentera, en vain, de les séparer pour vivre son histoire d’amour avec la belle Emma qu’il aimait profondément. Charmeur diabolique, imbus de lui-même, individualiste et égoïste, le spectateur aimait César autant qu’il le détestait. Un triangle amoureux fort, qui aura marqué le feuilleton. Une sous-intrigue amoureuse dont la conclusion trouvera sa source avec la mort de César. Tout le monde se souviendra des adieux déchirants entre les deux amants : « Nous savions que ça serait notre dernière séquence ensemble donc, que l’émotion serait là. Nous avions aussi les boules que ce personnage s’en aille car ce n’était pas forcément un souhait de Grant. Les auteurs voulaient que les spectateurs aient peur de Jacob. C’était triste et à la fois beau. Nous étions en plein milieu de Marseille. Après le coupez, nous étions émus ».

« C’est ma plus grande et ma plus longue aventure. Je suis fière d’avoir fait partie de cette quotidienne. Toutes les personnes qui travaillaient sur PBLV étaient bienveillantes. Quand tu débutes, c’est agréable d’être entouré par des gens qui font attention à vous. J’ai passé huit années merveilleuses ».
« Lame de fond » nouveau challenge
Le 22 avril prochain, les spectateurs pourront découvrir Pauline Bression dans « Lame de fond », la nouvelle fiction de France 2 et réalisée par Bruno Garcia (Chérif, Cassandre…). Un thriller qui se déroule dans la station balnéaire de Dinard où, durant le Festival du Cinéma Britannique, on découvre le corps d’un jeune réalisateur anglais flottant entre deux eaux. Des années plus tôt, il avait déjà été victime d’un naufrage tragique lors duquel sa sœur adolescente avait perdu la vie. Pour mener l’enquête, la Capitaine Élise Vignon, qui connaît bien la victime. En effet, sa sœur était aussi à bord du bateau qui a fait naufrage. Une enquête où se mêlent histoire familiale et histoire d’amitié, un des aspects pour lesquels Pauline Bression a accepté de rejoindre le projet : « J’ai été ravie car, lorsque j’ai lu le scénario, on s’aperçoit que c’est Élise qui mène réellement l’enquête. Elle n’est pas en binôme. C’est la meneuse. J’ai aimé également le fait que l’action se passe à Dinard, dans ce contexte de Festival. Heureusement qu’il y avait aussi cette histoire de famille, c’est une histoire qui va au-delà de la simple enquête. Élise se retrouve à parler à des gens qu’elle n’avait pas revu depuis 20 ans, des amis de sa sœur, notamment. Le téléfilm mélange secrets, trahisons… Donc, il y avait beaucoup d’atouts ».
Ce n’est pas la première fois que Pauline Bression incarne une policière sur le petit écran. Entre L’Oubliée d’Amboise (2021), Lame de fond (2023) et Meurtres sur les îles de Lérins (2023), ce n’est pas moins de trois rôles de flic qu’a interprété Pauline Bression au cours de ces trois dernières années. Bien entendu, la comédienne a suivi une formation pour être crédible en tant que policière : « Le seul stage que j’ai réalisé, c’était pour Amboise. J’ai appris à tenir une arme, comment me servir d’une arme et la manière de déambuler chez une personne lors d’une perquisition. C’était davantage par rapport aux postures à avoir ».
Dans « Lame de fond », Pauline Bression est merveilleusement entourée. Stéphane Freiss de La Comédie-Française, Florence Muller (Goliath, Simone, Le Voyage du Siècle…) ou encore le jeune humoriste Akim Omiri, autant d’acteurs et d’actrices d’horizons différents : « C’est super enrichissant pour moi. Élise fait le pont entre tous ces personnages. J’ai donc eu la chance de côtoyer ces grands acteurs et de voir des énergies différentes, des manières de jouer différentes ».
Lame de fond le 22 avril sur France 2.


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