Après un premier épisode couronné de succès et particulièrement réussi, Simon Coleman revient pour un second épisode truculent le 22 septembre prochain. Pour en parler, l’acteur Jean-Michel Tinivelli et la scénariste Alexandra Echkenazi nous emmènent dans les coulisses de cet inédit intitulé « Dernière danse ».
Jean-Michel Tinivelli
Le premier épisode a été un véritable succès, 4.9 millions de téléspectateurs. J’imagine que vous êtes heureux de ce succès…
Je préfère ce genre de scénario, plutôt que les scénarios catastrophes (rire). C’était un sacré pari pour moi après 14 années d’« Alice Nevers », et après une longue hibernation due au COVID. J’ai relevé le challenge, la production et la chaîne aussi en me faisant confiance, et nous avons remporté cette manche. J’avais une petite appréhension car je ne suis pas sûr de moi. Mais je sentais par un retour de presse que cette nouvelle fiction marcherait. Néanmoins, vous avez beau avoir un beau projet, une belle idée, un beau casting, c’est le public qui décide. C’est lui qu’il faut remercier. Je suis plus angoissé que Simon Coleman et j’ai donc été soulagé, relâché. Tellement d’ailleurs que j’ai chopé le COVID après ça. J’ai failli fêter l’événement mais je n’ai pas pu. J’ai simplement eu le temps de boire une bière avec Tahar Rahim. […] Nous avons tourné deux nouveaux épisodes et nous partons en tournage prochainement pour un 6×52. C’est une excellente nouvelle.
Si vous deviez analyser ce succès, qu’est-ce qui a plu aux téléspectateurs selon vous ?
Voir un macho se dépatouiller avec une famille, des enfants, dans un monde qu’il ne connaît pas. Il est complémentent dépassé et il est largué malgré sa bonne volonté. C’est, à mon avis, ce qui a fonctionné. Ce qui fait la force de ce programme surtout, ce sont les enfants.
C’est une comédie sociale. Les familles monoparentales, il y en a beaucoup. C’est vrai qu’il y a peu de fictions télé avec un héros masculin qui élève seul des enfants. C’est un combat difficile aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Donc, ça touche tout le monde. Si on m’avait proposé un tandem de flic, est-ce que j’aurais accepté ? Non. Car j’aurais simplement eu l’impression de changer de partenaire. Là, ce qui est intéressant ce sont les enfants.
« Je n’ai pas peur du ridicule »
Vous endossez pour la seconde fois le costume de Simon Coleman, nouveau héros policier de France Télévisions. Quelle a été votre première réaction à la lecture du scénario de « Dernière Danse » ?
L’enquête est bien ficelée. Au niveau polar, ça fonctionne et je m’amuse. Je veux qu’on me donne de la liberté et qu’on me nourrisse. Forcément, en tant qu’acteur, si nous n’avons pas tout ça, vous vous ennuyez. Pour le moment, nous sommes sur une belle dynamique, une belle respiration. C’est une série joyeuse. Ce qui me plaît, c’est ce personnage feel-good, no-stress, ce mec qui ne se prend pas au sérieux. Et j’aime ça. Trop de personnes aujourd’hui se prennent au sérieux. Le fait de tourner avec des enfants, me rappelle qu’il faut garder le môme qui est en nous. J’ai des auteurs à l’écoute, un producteur aussi, et nous essayons d’aller dans le même sens. Évidemment, mon boulot à moi c’est de jouer le trublion, de vouloir faire plus, d’aller encore plus loin. Je n’ai pas peur du ridicule. Parfois, et c’est important à dire, on a peur d’avoir des personnages ridicules. Ce n’est pas parce que vous allez être ridicule dans une séquence, que vous allez perdre toute crédibilité. Ce qui m’importe dans une série de flic, c’est d’être crédible. Simon Coleman est crédible et il y a des ressorts comiques. Il a une façon de faire différente. Soyons fous et faisons-nous confiance.
« À l’inverse de Simon Coleman, je suis plutôt carré, pas du tout bordélique »
Et puis, il y a l’aspect familial qui se poursuit…
Effectivement et nous n’avons pas encore usé toutes nos balles sur l’aspect familial. Nous sommes toujours en pleine découverte avec ce tonton qui s’accroche, qui essaie de comprendre comment ils fonctionnent, qui essaie de ne pas les décevoir. C’est difficile d’être un papa ou une maman solo et d’avoir des histoires personnelles d’amour parce qu’il n’y a pas beaucoup de place et nous allons sur ce terrain-là. Je trouve ça marrant.

Avec les enfants, il faut que ce soit rapide et précis. Il ne faut pas les ennuyer. Ce sont des bons rappels à l’ordre. Ils se fatiguent vite, ce ne sont pas des singes savants. On a tendance à penser qu’ils sont réglés. Mais quand ça les ennuie, ça les ennuie. On peut les perdre rapidement. Ensuite, tu rames. Ce n’est pas facile. Travailler avec eux, c’est un cadeau. J’ai la sensation qu’ils sont vraiment pris dans ce rôle de « tonton », il m’appelle comme ça sur le tournage. Il y a de la complicité, de l’affection. C’est agréable de travailler ainsi. Ce n’est pas toujours le cas. Et montrer de l’autorité, pour ne pas se laisser bouffer.
[…] Je m’étais renseigné sur les familles monoparentales. Depuis « Simon Coleman », je regarde différemment les gens qui sont dans cette situation. J’apprends. Je suis à l’écoute. J’observe et je vois toutes les difficultés, notamment sur le ménager. Il y a plein de mecs qui n’ont jamais mis un pied dans une cuisine, par exemple. Je trouve ça sympa de mettre un coup de pied aux fesses aux mâles alpha, à travers cette série. À l’inverse de Simon Coleman, je suis plutôt carré, pas du tout bordélique. Limite maniaque. C’est affreux de l’entendre (rire). Je me rends compte aussi avec les enfants des autres que le tonton/parrain célibataire ou le jean-mi tout court, a une place privilégié dans le cœur des enfants. Ils se confient davantage, parlent, déconnent.
Comment avez-vous continué votre travail d’interprétation sur le personnage de Simon Coleman qui, j’ai l’impression, est encore plus dissipé que dans le premier épisode, peut-être parce qu’il est amoureux ?
Il est moins dans le deuil que dans le premier épisode. Ensuite, lui-même est pris en flagrant délit. Il se comporte comme un môme. Il ment. Ça devient un enfant. On peut même dire que c’est le quatrième enfant de cette famille. Simon Coleman est un sale gosse. Et si vous avez ressenti ça, c’est très bien. Une fois de plus, on s’appuie sur des vrais pourcentages. Quand vous avez des mômes, vous avez du mal à imposer quelqu’un. C’est dur de dire qu’on a rencontré une femme ou un homme. C’était amusant de jouer ça.
Alexandra Echkenazi, scénariste
« Notre volonté est de faire du polar feelgood et cet épisode 2 l’est plus que jamais »
Dans ce second épisode, intitulé « Dernière danse » nous plongeons dans l’univers de la danse et plus précisément dans celui de la salsa. Racontez-nous comment ce scénario s’est imposé à vous ?
Sur l’aspect polar, nous avions envie dans cet épisode 2, avec mon co-auteur Thomas Perrier, de quelque chose de glamour, un petit peu décalé, pour plonger notre héros dans un univers qui n’est pas forcément le sien. Nous avons imaginé Jean-Michel en train de danser la salsa et ça a été une évidence (rire). Au niveau cast, nous nous sommes dit aussi que ça pouvait être intéressant d’avoir des danseurs-comédiens et des danseuses professionnelles.
Avez-vous ajusté des choses pour cet épisode 2, au niveau de l’atmosphère, de l’ambiance de la série, mais aussi sur la caractérisation du personnage de Simon Coleman ?

Notre volonté est de faire du polar feelgood et cet épisode 2 l’est plus que jamais. Dans l’épisode 1, Simon Coleman découvrait des enfants endeuillés. Il y avait donc cette thématique du deuil. Ce qui change avec cet épisode 2, c’est que nous sommes quelques mois plus tard, la famille est déjà constituée, les enfants et Simon ont évolué, le deuil est passé. Évidemment, la douleur de l’absence des parents est toujours présente, mais moins frontale. Elle s’invite de temps en temps, au détour d’une phrase, d’un évènement. La famille « Coleman » reste une famille pas comme les autres, un tonton flic qui se retrouve du jour au lendemain en charge de trois grands enfants qui ne sont pas les siens, mais le deuil n’est plus la problématique principale. Ce qui laisse la place à davantage de comédie. Même si on reste toujours dans l’émotion.
[…] Simon Coleman reste fidèle à lui-même, tonton cool et fun, toutefois, il y a une nouveauté dans cet épisode et non des moindres : il est amoureux ! Il est comme un ado. Il vit quelque chose de différent et il fait des conneries, ce qui là aussi est source de comédie.
L’amour a une place centrale dans cet épisode puisque Simon Coleman est amoureux et vit une idylle secrète. Qu’est-ce que cet élément va venir ajouter à Dernière Danse, en termes d’enjeux ? Et pourquoi avoir intégré cela au scénario ?
Comment on se débrouille lorsqu’on élève des enfants seul, comment on jongle entre la famille, le boulot et la vie privée ? C’est ça le concept de « Simon Coleman ». Nous nous devions donc de traiter la vie amoureuse de Simon et ses complexités. Les parents ne sont pas que parents, ils ont aussi un corps, un cœur. Les enfants et le travail c’est une chose importante, avoir une vie amoureuse tout autant. C’est compliqué de refaire sa vie, compliqué de laisser une place à sa vie privée lorsqu’on a déjà un boulot pas comme les autres – flic en l’occurrence – et une famille pas comme les autres dont 2 ados. « Simon Coleman » n’est pas qu’une série polar, c’est aussi une série sociétale dans laquelle, à travers les intrigues familiales, la plupart des téléspectatrices et téléspectateurs peuvent se reconnaître.
Est-ce difficile de faire co-exister l’aspect familial et amoureux, à celui de l’enquête, à l’écriture du scénario ?
Nous avons décidé, pour les faire co-exister, de ne pas tout mélanger. Simon Coleman doit rester un bon flic, c’est important pour nous de ne pas le faire vriller dès que les gosses ont un problème ou lorsque sa copine appelle. C’est ce qui fait la spécificité de « Simon Coleman », quelle que soit la situation, il continue d’assurer sur le terrain. Peut-être qu’un jour sa vie familiale et amoureuse feront qu’il aura un problème au boulot mais, en attendant, ça reste un bon flic, qui assure et qui a un coup d’avance, même si c’est compliqué dans sa vie privée. Il est bousculé mais il finit toujours pas faire les bons choix.
« Ne pas perdre le concept est notre priorité, ni l’ADN de la série »
Vous parliez d’autres épisodes à venir de Simon Coleman, pouvez-vous nous en dire plus ?
Un troisième épisode de 90’ toujours co-écrit avec Thomas Perrier s’apprête à être diffusé. Pour la suite en revanche, la grande nouveauté c’est que Simon Coleman change de format etse transforme en une série de 6×52 minutes, comme le précisait Jean-Michel Tinivelli. […] Avec Thomas nous nous prenons du galon et devenons Directeurs de Collection. C’est une nouvelle expérience pour moi, de coacher des auteurs et je découvre que j’adore ça. D’autres auteurs arrivent donc sur la série. Grâce à ce nouveau format, les spectateurs n’auront pas à attendre plusieurs mois pour avoir un 90 min. Notre gageur sur le 6×52 va être de retrouver l’alchimie en plus court. Ce qui compte pour nous, c’est surtout de garder le même dosage entre polar et histoire de famille. Nous ne voulons pas que l’aspect familial devienne accessoire car c’est aussi ce qui a fait, je pense, le succès de l’épisode 1. L’avantage du 6×52, c’est que l’on va pouvoir offrir une immersion totale au sein de la famille sur une saison complète. Il nous faut donc des intrigues familiales intéressantes mais nous conservons cet aspect atypique d’une famille recomposée avec un oncle qui a la charge des enfants de sa sœur. Ne pas perdre le concept est notre priorité, ni l’ADN de la série. Tout le monde peut s’identifier à cette famille, une maman solo, un papa solo. Ensuite, le 6×52 nous permet également d’avoir une tension plus musclée et des rebondissements plus intenses.
L’épisode 2 de Simon Coleman, « Dernière Danse », en diffusion le 22 septembre sur France 2.
Retrouvez mon portrait de la scénariste Alexandra Echkenazi ici.
Synopsis :
Alors qu’elle virevolte au son de la musique cubaine, Jade Samson, sublime professeure de salsa, s’effondre en pleine répétition. Simon et Chloé investissent l’Académie des danses latines où la victime exerçait, et découvrent qu’elle a été empoisonnée. Le meurtre a-t-il un rapport avec sa récente sélection pour les Championnats du monde de salsa qui doivent se dérouler dans une semaine ? À la clé : un chèque de 100 000 dollars pour le duo gagnant. De quoi aiguiser les jalousies et les appétits…
L’enquête démarre sur un rythme endiablé, d’autant plus que Simon doit gérer en parallèle l’annonce d’une grande nouvelle à Sam, Clara et Violette. Il est tombé amoureux et ne sait pas comment leur dire. Surtout que la nouvelle élue ne leur est pas totalement inconnue…
