[CRITIQUE] – MERCATO (TF1) : SÉRIE D’ACTION PERCUTANTE SOUS LE SOLEIL MARSEILLAIS

Arnaud Ducret est le héros de la nouvelle fiction comico-policière de TF1, « Mercato ». Il y incarne Thomas Chevalier, flic parisien muté à Marseille. Au sein d’un environnement qu’il ne maîtrise pas et d’une équipe parfois borderline, il devra se faire une place. Soleil, sable fin, grand ciel bleu, meurtres, tueurs à gages, football et pastis, sont au cœur de cette série fun et explosive.

C’est Marseille, bébé !

Entre Paris et Marseille, les rivalités ne sont plus à répertorier. Tout le monde les connaît. Et « Mercato » se gausse sur ces clichés parisiano-marseillais, avec ce point de départ plutôt original : alors qu’il va chercher son ex-femme à l’aéroport avec ses enfants, Thomas Chevalier (Arnaud Ducret), policier, est confronté à un preneur d’otage. Ce dernier tient en joue la prochaine vedette du club de l’Olympique de Marseille, qui s’apprêtait à rejoindre la ville phocéenne. Thomas Chevalier, peu habile de son arme, tire. Malheureusement, c’est le joueur qui est touché à l’épaule, le rendant inapte à jouer. Un drame que Thomas Chevalier va payer cher : il est muté à Marseille, loin de ses enfants – tandis qu’un ancien collègue et rival en devient le beau-père – dans une unité où les bras cassés sont aussi inconvenants qu’indélicats. Plongé à Marseille, la ville et ses habitants ne lui feront pas de cadeaux car, en plus d’être Parisien, le visage de Thomas Chevalier est inscrit à jamais comme l’homme ayant tiré sur la future star du football marseillais. Deux running-gag qui vont le poursuivre tout au long de la série, lors de certaines rencontres, que ce soit dans un simple échange dans la rue ou durant une enquête policière, de manière surprenante, incongrue, presque vicieusement jusque dans son intimité. Un héros qui doit donc s’acclimater à ce nouvel environnement qu’est Marseille, à sa population, mais également au sein de sa propre équipe. Une équipe bien décidée à ne lui laisser aucun répit, afin qu’il abandonne son poste le plus rapidement possible.

Pourtant, à mesure que la série avance, une véritable amitié se constitue entre lui et les trois autres policiers, incarnés par Manon Azem, Foued Nabba et Iliès Kadri. Une complicité et une alchimie touchante, construite intelligemment, jonglant sur les émotions familiales et parentales qui permettent aux personnages de s’ouvrir les uns envers les autres, de se comprendre plus intimement, de révéler leurs personnalités profondes, souvent cachés par des barricades dures et solides. Soutenu par un commissaire loufoque (magistralement interprété par Pierre-François-Martin Laval) l’intégration de Thomas Chevalier se fait progressivement évidente et, de cette équipe atypique, naît une force d’arrestation impitoyable pour les criminels !

C’est autant la caractérisation de ces héros singuliers que l’interprétation des comédiens qui déploient cette vraie synergie émotionnelle au récit et à leurs aventures, et une puissance comique indéniable. Arnaud Ducret est aussi exceptionnel dans le rôle de ce policier maladroit, pathétique et émouvant, que Manon Azem dans sa froideur, que Foued Nabba dans sa force tranquille et qu’Iliès Kadri dans sa fougue de la jeunesse.

Une des forces de la série réside dans la narration de ses épisodes, aussi diverses que variées. De la chasse aux trésors en mode Indiana Jones, à la prise d’otage en passant par des tueurs à gages chevronnés, « Mercato » profite d’une écriture intelligente pour composer une série policière singulière, où le rire, l’action et l’émotion s’équilibrent à merveille. Bien qu’une comédie, la série est toujours dotée d’un voile dramatique puissant, notamment dans ses enquêtes, se liant parfois en écho aux problèmes des 4 comparses. Un jeu de miroir qui met en lumière la beauté humaine des personnages, ainsi que leurs failles, leurs espoirs, et leurs envies les plus intimes, celle de former une vraie famille, la famille de leurs rêves.

Les gags, eux, ne viennent jamais dédramatiser une situation (à la Marvel) ou, lorsqu’elle s’y adonne, le fait en conservant la sensibilité de l’instant, en conservant l’essence de l’émotion originelle.

La série ne serait rien non plus sans le décor marseillais, théâtre des exactions grandiloquentes des enquêtes menées par Thomas Chevalier et son équipe. Les réalisateurs en livrent une toute nouvelle composition et une toute nouvelle vision, dévoilant ainsi la ville sous des angles inédits, confrontant le spectateur aux quartiers Nord, aux bords de mer, à des endroits chics, et à des lieux atypiques rarement vu à la télévision. Dans une ambiance ensoleillée, Marseille s’octroie une folie que, là aussi, nous ne voyons que ponctuellement sur le petit écran. Courses-poursuites en voiture, fusillades, saut en parachute, « Mercato » a ce petit côté américain qui saura séduire le téléspectateur, avide de sensations fortes.
Surtout, la série évite le cliché de la cité phocéenne rongée par la trafic de drogue, le cliché d’une ville barbare, le cliché d’une jeunesse réduite au rang de simple criminelle et présente, au contraire, un monde chaleureux, où il fait bon vivre, un univers particulier où le mélange est source de réussite.

Conclusion

TF1 n’en finit plus de nous surprendre. Avec « Mercato », la première chaîne d’Europe investit les rues de Marseille pour livrer une série d’action humoristique parfaitement dirigée dans son écriture ainsi que dans sa réalisation. Grâce à des personnages attachants et des sous-intrigues familiales généreuses, « Mercato » nous embarque sans mal dans  une course effrénée aux méchants. À ne pas manquer !

« Mercato » dès le 14 sur TF1.

Synopsis :
Suite à une intervention qui s’avère être un véritable fiasco auprès d’une recrue star de l’OM, Thomas va se voir sanctionné sur le champ : ce flic parisien va être muté dans la pire destination et avec la pire casserole aux fesses : Marseille…
Dans cette ville de fous où il n’y a AUCUNE règle, là où port du casque en scooter ne semble pas obligatoire, il va devoir prendre la tête de ce groupe aux méthodes peu orthodoxes, mais il n’a pas le choix. Ils ne portent pas le même maillot, mais ils font le même métier : FLIC. Et ils vont devoir jouer dans la même équipe, à Marseille.

Casting : Arnaud Ducret, Manon Azem, Foued Nabba, Iliès Kadri, Pierre-François-Martin Laval, Elodie Varlet, François-Dominique Blin…