©BERNARD DEMOULIN
Il traverse les générations, et son visage est aussi emblématique que ses rôles. Bruno Solo a une carrière jalonnée de succès, de prises de risques audacieuses et de véritables désirs de jeu. Une soif de comédie qui remonte à sa plus tendre enfance et que le cinéma, la télévision et le théâtre lui ont permis de satisfaire au cours de ces trente dernières années (hors animation).
Pour la sortie de sa nouvelle série « Ouija », le comédien revient sur les moments forts de sa carrière, se confie sur son travail d’acteur et partage sa vision du jeu et du métier.
« Être acteur, c’est par moments juste remplir son frigo »
Pour vous, c’est quoi être acteur ? Quelle définition en donneriez-vous ?
Être acteur, c’est être au service de textes qui sont plus grands que soi, de personnages qui vous dépassent. C’est toujours se cacher derrière ses personnages pour que jamais personne ne puisse se dire « j’ai vu tel acteur jouer tel personnage », mais plutôt « j’ai vu tel personnage joué par tel acteur ». À partir du moment où vous vous retrouvez face à un script qui vous fait vibrer, c’est là qu’il faut faire appel à ce qu’il y a de plus profond, de plus sincère, de plus humble en vous. Il ne faut jamais mettre le personnage à son service. Il arrive évidemment, au cours de votre carrière, de jouer des héros moins intéressants, où l’on fait simplement appel à notre technique, parce que c’est mal écrit. Mais il faut bien vivre. Être acteur, c’est par moments juste remplir son frigo. Je me suis retrouvé à faire des films qui m’intéressaient moins que d’autres pour nourrir ma famille.
Vous, à quel moment vous vous êtes dit, je veux devenir « acteur » ?
Dès 10 ans, j’étais déjà fasciné par le théâtre. J’ai vraiment eu l’envie d’être comédien à l’âge de 13 ans, car je me suis aperçu qu’il y avait la possibilité d’en faire un métier. J’ai commencé à verbaliser, à concrétiser l’idée dans mon esprit d’en faire mon métier. J’ai monté une troupe de théâtre à 17 ans, où nous faisions du théâtre de rue. J’ai ramé pendant une dizaine d’années avant d’être repéré.
« Nous avions une sorte de complicité naturelle et de pressentiment de ce qu’allait faire l’autre »
La série « Caméra Café » a été une part importante de votre vie d’acteur…
J’ai créé la série avec mon camarade Yvan Le Bolloc’h. Nous avions déjà l’idée en 1994, alors que nous faisions « Le Plein de super » sur Canal+. Nous l’avons présentée quelques années plus tard, mais personne n’y a cru, aucun producteur exécutif n’en voulait. Un jour, Jean-Yves Robin, producteur chez CALT Productions, nous a fait confiance. M6 nous a accordé, eux aussi, leur confiance et l’aventure était lancée. Je sortais de « La Vérité si je mens 2 » et j’étais dans une période où ma petite notoriété a peut-être joué en notre faveur. Ce fut un succès en France mais aussi à l’international, où le programme s’est très bien vendu.

C’était un exercice quotidien et j’étais chaque jour à l’ouvrage. Ça m’a donné beaucoup de facilités pour le théâtre. La densité et l’intensité de travail sur « Caméra Café » étaient énormes et ça nous a donné une sorte d’aisance scénique (la série était comme un format théâtral) qui, pour ma part, m’a aidé lorsque je suis revenu sur scène en 2006. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai arrêté « Caméra Café », parce que je ne faisais plus de cinéma ni de téléfilms/séries. Je voulais passer à autre chose et retrouver le métier d’acteur dans toute sa diversité. Mais c’est vraiment la télévision qui m’a permis de jouer des personnages passionnants, en tout cas, qui me passionnent personnellement, tels que Napoléon, Pierre Mendès France, etc. Au cinéma, on me proposait souvent des rôles similaires à ceux que j’avais déjà joués. Le premier critère est votre enthousiasme pour un projet.
[…] À notre époque, nous ne pourrions plus faire « Caméra Café », car nous abordions de manière brutale, frontale, et même très caricaturale et outrancière, le racisme, le sexisme, le harcèlement, le handicap, à travers des personnages monstrueux. Quand nous l’avons refait en 2022 pour les 20 ans, il y a eu un déferlement de haine. Certains ne voient plus le second degré. Évidemment, nos personnages étaient grossophobes, racistes, mais c’était pour mieux dénoncer la bêtise humaine. La comédie à la télévision est devenue difficile parce qu’il y a une fébrilité de la part des chaînes. Mais ce n’est pas un reproche. Une grande chaîne publique entre dans des millions de foyers et vous ne savez pas chez qui vous entrez. Vous imposez le spectacle. Forcément, ça ne plaira pas à tout le monde. Vous me direz, les gens peuvent zapper s’ils n’aiment pas. Cependant, ce n’est pas vrai pour autant. Il y a une sorte de voyeurisme inconscient qui s’installe, et vous continuez à regarder pour vous consterner, vous mettre en colère, etc.
Yvan et vous avez beaucoup joué ensemble. Au fil du temps, est-ce qu’on finit par deviner plus facilement les intentions de jeu de son partenaire ou lorsqu’il s’apprête à avoir un fou rire ?
Yvan avait dit un jour dans une interview : « Bruno, je sais exactement ce qu’il pense, même s’il est derrière la porte. » Il anticipait déjà mes réactions, ou moi les siennes. Nous avions une sorte de complicité naturelle et de pressentiment de ce que l’autre allait faire. C’est pour cela que nous étions ensemble : il y avait une évidence et une rapidité dans la répartie, dans le jeu, dans la dynamique. On sent, on devine aussi quand l’autre s’apprête à dire une bêtise ou à rigoler. Nous avons eu d’innombrables fous rires avec tous les camarades de « Caméra Café », notamment pour relâcher la tension permanente. On les exploitait ensuite de façon honteuse et mercantile dans les best-of de la semaine (les bêtisiers).
« J’ai eu le sentiment assez vite, sur le tournage de La Vérité si je mens, qu’on tenait là une comédie générationnelle susceptible de rencontrer son public »
« La Vérité si je mens » fait aussi partie des films importants de votre carrière. Vous souvenez-vous comment vous êtes arrivé dans cette aventure ?

Le premier opus n’était initialement pas prévu pour les acteurs qui sont aujourd’hui à l’affiche. Le film était destiné à d’autres comédiens très connus à l’époque et, notre chance, c’est que beaucoup ont refusé. Ils n’ont pas vu le potentiel du film. À partir de là, ils ont cherché de nouveaux visages, notamment par casting : Gilbert Melki, José Garcia, Vincent Elbaz, Richard Anconina, qui, lui, était déjà un comédien très solide avec un César (« Tchao Pantin »), mais qui est arrivé sur le tard, et moi-même avons été choisis. José et moi avions été repérés parce que nous venions de chez Canal. C’était nos tout débuts : lui était encore chauffeur de salles et c’était les prémices de sa complicité avec De Caunes, et de notre côté, nous présentions le « Top 50 » avec Yvan.
Nous étions des acteurs que le grand public ne connaissait pas. Nous sommes arrivés avec un grand enthousiasme et une envie. Puis, étant une période où nous ne travaillions pas beaucoup pour le cinéma, lorsqu’on vous propose un scénario, vous êtes contents. Heureusement, ce n’était pas un scénario ennuyeux ou paresseux. Quand je l’ai lu, j’ai vraiment trouvé ça drôle, bien écrit, l’intrigue maligne, la complicité entre les personnages très forte… Il y avait un truc. J’ai d’ailleurs eu le sentiment assez vite, sur le tournage, qu’on tenait là une comédie générationnelle susceptible de rencontrer son public. Je voyais les techniciens rigoler. Quelque chose se produisait. Chaque jour, je relisais les scènes que nous avions tournées. Quand je lisais une scène, je voyais ce que nous avions tourné et ça tenait la route. J’ai fait le même travail une fois le film totalement terminé, en visualisant chaque séquence – une chose que je fais encore régulièrement. Ça me donne une idée de ce que sera le film. « La Vérité si je mens » est sorti et je ne m’étais pas trompé, ce fut un succès…
En 2010, vous avez tourné dans le film « 600 kg d’or pur » d’Eric Besnard. Le film a été tourné en Guyane. Est-ce que ce fut un tournage difficile ?
Difficile est peut-être un grand mot, mais ce fut physique, oui. Nous avons effectivement tourné en Guyane, mais aussi à Cayenne, ville du bout du monde impressionnante et qui nous a, Clovis Cornillac et moi, totalement fascinés. Lorsque vous recevez le scénario et que vous voyez que vous allez être dans la jungle, prendre une flèche, vous battre, faire des poursuites en quad, vous vous dites que c’est extraordinaire de faire ce métier et de vivre ça. J’avais vécu une expérience « exotique » très puissante quelques années plus tôt avec « Restons groupés » de Jean-Paul Salomé, où nous avons eu la chance de pouvoir tourner à Los Angeles, Las Vegas, Monument Valley, le Grand Canyon, Death Valley, etc. Je m’étais souvent dit à ce moment-là que ce serait difficile pour moi de faire un aussi beau film. Je me suis de nouveau dit ça quand j’ai tourné « 600 kg d’or pur ». Fondamentalement, ce qui m’excite le plus, c’est le théâtre. Le contact direct avec le public, devoir répéter, fouiller, aller au plus près de la vérité, travailler avec des camarades et un metteur en scène pour, chaque jour, s’approcher de cette vérité. En revanche, vous êtes tous les jours au même endroit. C’est une excitation différente, disons plus cérébrale. Le cinéma, lui, lorsque vous tournez dans des paysages merveilleux, vous vous dites : « Quel panard ! ». Le cinéma m’a parfois offert des aventures que le théâtre ne pourra jamais me donner.
Bien entendu, au cinéma, il y a des scènes intimes où il faut aller chercher très loin en soi. Mais on peut potentiellement recommencer. Beaucoup moins qu’on ne le pouvait avant cela étant dit. Au théâtre, on répète pendant des mois. Nous sommes prêts. Alors qu’au cinéma, vous devez trouver une émotion (drôle ou tragique) rapidement. Ensuite, elle reste figée pour l’éternité. Et si, en revoyant une séquence, vous vous dites que vous auriez dû jouer ainsi, c’est trop tard. Dès lors, quand vous avez des scènes compliquées, il faut mieux travailler en amont, discuter avec le réalisateur/réalisatrice du film.
Justement, dans la série récente « Tout cela je vous le donnerai », il y a une séquence magnifique au côté de David Kammenos, celle où vous vous confiez et où vous avouez avoir violé votre femme. Où êtes-vous allé chercher une émotion si forte ? Et comment se prépare-t-on à jouer ce genre de scènes ?

Quand j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite su que c’était une scène clé et que je ne pourrais pas arriver sur le tournage en ne connaissant que mon texte. J’ai discuté avec le réalisateur Nicolas Guicheteau, non pas de la technique ni des enjeux, mais de la direction dans laquelle nous allions pousser les curseurs : les curseurs de la colère, de l’émotion, de la résilience, du ressenti, qui vous écrasent quand vous vous confiez de cette façon. Sur le tournage, nous n’avons fait que deux prises (pour avoir le choix au montage), il me semble : une en plan-séquence, avec deux caméras afin d’exploiter le plan large et le plan serré sur moi.
Il a commencé par moi, parce qu’il savait que le formidable David Kammenos était davantage dans l’écoute, et je ne voulais pas perdre de temps à la refaire hors champ. J’y ai mis toute la sincérité, l’émotion et la vérité que je pouvais, la vérité du personnage.
Avec les années, on vous laisse davantage jouer des rôles comme celui-ci, ambigu, parfois froid, avec des zones troubles…
Quand j’ai joué dans « Jusqu’à l’enfer », où j’incarnais un professeur de mathématiques accusé d’un crime qu’il n’avait pas commis mais qui, sous la pression de la société, devenait un assassin après avoir enfoui d’anciens traumatismes, ce rôle-là a été déterminant dans l’idée que j’étais capable de faire des choses différentes. Aujourd’hui, je ne me l’interdis plus.
« Même dans la comédie, je vais chercher la part d’ombre chez mes personnages. Et dans les personnages sombres, je vais chercher leur part de lumière, pour leur donner une part d’humanité et les aimer »
De quelle façon abordez-vous ces rôles ?
Avec le même professionnalisme et la même rigueur que pour les comédies. Bien sûr, les rôles qui vous remuent, qui font ressortir des démons que vous n’aviez pas envie d’aborder ou de montrer, ça marque un peu sur le coup. Il faut savoir sortir des rôles. La comédie est plus légère : on déconne et on sort facilement du rôle. Toutefois, c’est plus technique. Ça demande plus de connaissances, un sens du tempo. C’est un peu caricatural de dire ça, mais il y a des comiques qui font de très bons tragédiens ; en revanche, il y a peu de tragédiens qui font de bons comiques. En tant que comédien, nous sommes censés pouvoir tout jouer. Mais notre seule volonté ne suffit pas toujours. Il faut susciter l’envie chez des réalisateurs ou des réalisatrices, des chaînes même, de vous faire confiance pour vous attribuer des rôles plus dramatiques. Certains acteurs ne souhaitent pas partir dans cette direction. Et ça se respecte. L’un de nos plus grands acteurs français, Louis de Funès, a toujours refusé de faire des drames, alors que je suis intimement convaincu qu’il aurait été merveilleux. Parce que derrière son personnage de comique, il y avait quelque chose de grave, de sombre, de violent. Il jouait parfois des personnages mesquins, veules, obséquieux… des éléments parfaits pour créer un protagoniste terrible. Bourvil, comme tant d’autres, l’a prouvé. […] Même dans la comédie, je vais chercher la part d’ombre chez mes personnages. Et dans les personnages sombres, je vais chercher leur part de lumière, pour leur donner une part d’humanité et les aimer. Quand Bruno Ganz joue Hitler dans « La Chute », c’est difficile d’aller chercher la part d’humanité chez lui, mais c’est nécessaire, hélas. Quand il regarde Eva Braun avec tendresse, par exemple, c’est troublant de voir qu’il est allé chercher ce moment où l’on voit un Hitler fébrile, inquiet, alors que, dans le même temps, il venait de massacrer des millions de Juifs.
Vous apparaissez dans un épisode de la série « Kaamelott » intitulé « Les Drapeaux » où vous incarnez un porte-drapeau incompétent. Racontez-nous votre rencontre avec Alexandre Astier et les coulisses de cet épisode…

J’étais associé avec Jean-Yves Robin dans la production exécutive de « Kaamelott ». Quand j’ai arrêté « Caméra Café » avec Yvan, j’ai demandé à ce que ce soit la série d’Alexandre Astier qui nous remplace. De fait, nous nous connaissions bien.
[…] C’était un sketch formidable. J’avais demandé à Alexandre que, si un jour je jouais dans un des épisodes, à ce qu’il y ait Lionnel Astier. Je l’adore. Un grand souvenir. Alexandre m’a laissé une grande part de liberté dans le jeu. Nous avons tourné dans le Beaujolais dans un joli château devant les vignes. Une très belle et douce journée.
Avec votre métier, vous avez sillonné la France, tourné dans des décors somptueux, au cœur de paysages tout aussi magnifiques comme c’est le cas dans « Ouija ». Quel impact a le décor naturel ou non d’ailleurs, sur votre jeu, sur la composition de vos personnages ?
C’est un peu comme les costumes : le décor est une part importante dans la composition d’un personnage. Les décors magnifiques vous donnent un souffle, une inspiration. Nous parlions de « 600 kg d’or pur » : lorsque vous êtes dans la jungle, le paysage vous écrase, la chaleur vous accable, la difficulté de marcher dans la boue, etc., ça joue. Je me souviens également d’une journée de tournage à Monument Valley avec Samuel Le Bihan. Nous devions attendre quelques heures avant de reprendre, et nous regardions ce décor ; nous étions subjugués. Dès lors, vous attendez votre tour avec beaucoup plus de sérénité que si vous êtes dans une rue sombre (rire). Et ça vous inspire et influe sur votre humeur ! Cependant, si vous devez tourner sur un quai de métro sordide, ça doit aussi vous inspirer.
Dans « Ouija », vous interprétez encore un de ces rôles ambigu. Vous jouez Pierre Peyrat, le maire d’un petit village de Provence, qui a été confronté à la perte d’un enfant au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Et un esprit revient hanter la vie de certains habitants. Il me semble que c’est la première fois qu’on vous voit sur un registre fantastique. Qu’est-ce qui vous a convaincu d’accepter ce rôle ?
L’une des merveilleuses trouvailles de ce scénario, c’est l’année où se déroule l’action. En 1982, j’ai 18 ans, je regarde le match France/Allemagne et, après leur victoire, je me suis surpris à traiter les allemands de « nazis ». Irraisonné parce que ce n’est que du sport. Donc, c’était très malin de ramener la série à ce match hautement symbolique qui réveille un antagonisme, une colère et des souvenirs douloureux chez certains personnages.
J’avais également très envie de travailler avec Thomas Bourguignon, qui avait bossé sur la série « Baron Noir », série que j’adore, mais aussi avec Ophélia Kolb, Anne Le Ny, Matthias Van Kache. Une belle aventure !
. Vous pouvez retrouver ma critique de « Ouija » ici.
. Vous pouvez retrouver mon interview carrière de Célia Lebrument (« Ouija ») ici.
« Ouija », dès le 15 août sur France 3.
Synopsis :
Provence, été 82. Des lycéens français et leurs correspondants allemands font une séance de spiritisme.
Peu après, une série d’évènements tragiques s’abat sur le village. Auraient-ils réveillé un esprit maléfique ? Les jeunes vont se lancer dans une enquête sur l’origine du mal qui frappe leurs familles.
Casting : Bruno Solo (Pierre Peyrat), Patrick Mille (Jacques Lagorce), Ophelia Kolb (Isabelle Seguin), Anne Le Ny (Françoise Seguin), Catherine Mouchet (Madeleine Lagorce), Raphaëlle Agogué (Laure Lagorce), Katharina Schüttler (Karine Schiller), Stefan Konarske (Klaus Lehman), Thomas Sarbacher (Fritz Schiller), Matthias Van Khache (Charles Seguin ), Narcisse Mame (Père Antoine), Stéphane Rideau (René Brémont), Mounir Margoum(Farid Abbas), Guillaume Carcaud (Louis Giono), Ruben Meiller (Frank Schiller), Eloïse Kafui (Alice Brémond), Victor Lefebvre (Vincent Seguin), Leyla Rink (Dilay Pamuk), Anton Weil (Fritz Schiller jeune), Anton Petzold (Oliver Mayer), Manu Libert (Mathieu Lagorce) Célia Lebrument (Yasmina Abbas), Emilia Peske (Iris Hoffmann)…

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