En un an, Jérémy Charvet a su s’imposer dans la version TF1 de « Plus Belle la Vie, encore Plus Belle ». Dans la peau d’Ulysse Kepler, le comédien au visage d’ange et au sourire éclatant est en effet parvenu à charmer les téléspectateurs et à gagner la confiance des aficionados de la première heure. Avec ce rôle d’avocat propre sur lui, Jérémy Charvet prouve aussi tout ses talents d’acteurs.
Actuellement au cœur d’une intrigue douloureuse, l’interprète d’Ulysse Kepler se confie sur ses débuts dans la quotidienne, sa vision de l’acting ainsi que sur son travail aux côtés de ses partenaires de jeu.
« Quand Agathe joue face à moi, je suis comme un gamin estomaqué par sa qualité d’interprétation »
Vous incarnez un des nouveaux personnages de « Plus Belle la Vie, encore Plus Belle ». Ulysse Kepler est le nouvel avocat du Mistral. De quelle façon avez-vous travaillé ce personnage ? Et, dans un second temps, êtes-vous parvenu à créer cette famille aux côtés d’Agathe de la Boulaye et de Morgane Frioux ?
Je suis déjà très heureux d’être dans cette aventure de Plus Belle la Vie, encore Plus Belle parce que c’est une chance inouïe de se retrouver dans une série aussi populaire. Cette nouvelle mouture sur TF1 a changé beaucoup de choses. Il y a une nouvelle dynamique, une nouvelle direction, dont je suis fier de faire partie.
Pour le personnage d’Ulysse Kepler, je ne devais pas le voir uniquement comme un avocat, mais aussi comme un humain à part entière, car c’est également un fils, un frère, un amant, un ami. Sur la partie avocat, je suis allé plusieurs fois au tribunal de Paris afin d’assister à des audiences, pour observer comment se comportaient les avocats. Ma meilleure amie est avocate en droit immobilier, j’ai donc beaucoup travaillé avec elle. En parallèle de tout cela, j’ai lu quelques œuvres littéraires de Robert Badinter et de Gisèle Halimi, deux de mes références principales. Cela m’a surtout aidé à comprendre l’avocat dans toute sa complexité. Je voulais comprendre pourquoi un avocat pouvait plaider autant pour les victimes que pour les coupables. J’avais besoin de savoir ce qui anime les vrais avocats, ce qui les pousse à défendre tout le monde, et à comprendre l’importance, dans nos sociétés et nos démocraties, d’avoir une défense pour tous.

Avec Agathe et Morgane, c’est un peu inexplicable ce qu’il s’est passé. Nous étions les petits nouveaux, alors il fallait travailler davantage pour être à la hauteur. Et tous les trois, nous sommes dans une même dynamique de travail. C’est une grande chance, parce qu’ensuite, cela se ressent sur le plateau. L’alchimie qui se crée, ça ne s’explique pas, c’est comme en amitié. J’ai rencontré Agathe dans un train Paris-Marseille et, les trains, c’est quitte ou double : soit les échanges peuvent être longs et on se demande comment on va tenir trois heures de conversation, soit ça matche direct. Ici, ça a été instantané. C’est un bonheur incommensurable de jouer avec elle. Un cadeau.
Son CV est impressionnant. Quand elle joue face à moi, je suis comme un gamin, estomaqué par sa qualité d’interprétation. Morgane, de son côté, même si elle débute, a un talent fou. Elle est pleine de sensibilité, d’une vulnérabilité touchante, et toujours à l’écoute. Nous nous sommes adoptés tous les trois.
Le rôle de l’avocat du Mistral était tenu à l’époque par feu Marwan Berreni. Est-ce qu’il y a une appréhension de votre part à l’idée de souffrir d’une comparaison ?
Il y avait un petit stress, non pas qu’on me compare. Nous sommes deux personnes à part entière et puis, Marwan était une personne extraordinaire. Il était hyper authentique et singulier. Nous n’avons, dès lors, pas la même énergie. Nous avons deux univers différents et tant mieux, parce que cela ne se serait pas passé de la même manière. Aussi, l’équipe a été d’une bienveillance extrême à mon égard dès mon arrivée, et il n’y a eu aucune comparaison. Même de la part du public, je n’en ai jamais eu.
Vous participez à une quotidienne de façon régulière. De quelle manière parvient-on à gérer l’intensité, la rigueur et le rythme d’une quotidienne ?

Je souhaite à tous les comédiens de passer par une quotidienne, car on en apprend tous les jours. Cela fait un an que j’y suis, et il n’y a pas une seule journée qui soit la même. Pour apprendre, c’est parfait puisque les conditions changent tout le temps. J’ai appris bien plus sur le plateau de Plus Belle que dans mon école de théâtre. PBLV, c’est la réalité. Vos séquences doivent être rentrées, peu importe avec qui vous jouez. Puis, avoir des partenaires comme Agathe, Morgane ou Zoé Laïb me permet de m’amuser aussi. Au départ, je n’en menais pas large. J’étais très stressé quand je suis arrivé sur le plateau. J’avais à cœur de bien faire, donc j’étais un peu étriqué dans mon corps.
On parle toujours de famille quand on évoque Plus Belle. Maintenant, je peux le dire : c’est le cas. Nous nous entraidons. Ça change tout dans un travail lorsque tes collègues t’épaulent ou te soutiennent quand tu es en difficulté.
Vous avez eu un œil extérieur au retour de « Plus Belle la Vie ». En tant qu’observateur, quelles ont été les réactions des anciens de la série à leur retour ?
Ils étaient heureux de se retrouver. Je suis arrivé le lendemain, le 20 octobre, et il y avait Laurent Kerusoré, Anne Décis et David Baïot. J’avais la sensation d’une rentrée des classes : leurs yeux brillaient, leurs regards étaient malicieux, ils riaient. Johanna Boyer était là pour une séquence avec moi, et nous stressions, alors que, de notre côté, nous les voyions en roue libre (rire). On se demandait pourquoi nous n’arrivions pas à nous amuser. Avec le temps, on comprend. On finit par faire des blagues, taquiner un partenaire, et cette détente crée la création ainsi que l’amusement. C’est addictif.
Votre intégration dans la quotidienne, entouré d’une équipe qui se connaît déjà, a-t-elle été facile ?
Je dois déjà beaucoup à Laurent Kerusoré, Cécilia Hornus et Léa François, pour ne citer qu’eux. Ils installent une humilité et une humanité sur le plateau. Laurent me le répète souvent : le premier rôle dans cette série, c’est Le Mistral. Je trouve ça fabuleux. De fait, il n’y a pas de prises de tête, et les égos sont laissés de côté, car nous avons besoin d’humains ici. C’est pour cela que les gens aiment tant cette série : parce que nous traitons de problèmes quotidiens, sans leur mentir, avec de la vérité. Surtout, Laurent m’a beaucoup aidé au début à me déstresser car, comme je le disais plus haut, les premiers jours étaient assez difficiles à ce niveau. L’entendre me dire ces mots, me rassurer, m’a permis de mieux appréhender le plateau. Après, c’est une question de temps. Plus le temps passe, plus on prend ses marques. Ensuite, l’équipe technique est une équipe en or. Nous tournons tous les 15 jours, et ce n’est jamais la même équipe. Avec le temps, on a à cœur de les retrouver, chacun leur tour. C’est en cela que le terme « famille » prend tout son sens : on s’accompagne dans l’aventure.
« C’est la plus belle chose de ce métier, explorer des émotions qu’on se refuse d’avoir parfois dans la vraie vie pour des questions de bouclier social »
Une de vos premières intrigues a été celle de votre enlèvement avec Marie Hennerez. Parlez-nous de cette expérience…

C’était génialissime ! Le fait de se retrouver dans des endroits complètement humides, sans lumière, ça vous met directement dans l’ambiance. Ça nous a mis dans une bulle avec Marie. C’était ma première intrigue, effectivement, mais je n’étais pas l’élément principal. Néanmoins, ce fut assez éprouvant. Notre chance a été de tourner dans l’ordre : au début, Ulysse est plein d’énergie, jusqu’au moment où il est proche de la septicémie. Sur les dernières séquences, je suis sur un brancard, et l’énergie retombait. J’avais froid, et je refusais qu’on me mette une couverture afin de puiser dans le réel des sensations que mon personnage pouvait ressentir. Ça m’a aidé de me sentir coincé ainsi.
Ensuite, il y a un truc magique que je ne saurais pas encore expliquer : une fois la caméra allumée, ça devient votre histoire. Je me souviens d’avoir eu mes pensées qui se mêlaient à celles d’Ulysse, et je voyais ses proches, au fait qu’il n’allait plus les revoir. C’est la plus belle chose de ce métier : explorer des émotions du quotidien qu’on se refuse parfois d’avoir dans la vraie vie pour des questions de bouclier social. Dans la vie, je me cache pour pleurer. Sur le plateau, je pleure alors qu’il y a 50 personnes autour de moi. Mais peut-être parce qu’on joue un rôle. On se cache derrière. De fait, ça peut être un exutoire. Lorsque Jérémy ne peut pas extérioriser ses émotions, Ulysse arrive à la rescousse (rire).
Zoé Laïb est une de vos autres partenaires de jeu régulière. Il y a une complicité évidente entre vous deux…

C’est une de mes grandes rencontres de Plus Belle la Vie. Là aussi, c’est inexplicable. Au départ, nos personnages n’étaient pas censés être si proches. Mais, comme ils ont vu comment nous étions ensemble, ils ont développé cela. Nous travaillons beaucoup tous les deux en amont, donc, lorsqu’on est ensemble, nous sommes à fond dans le travail et nous pouvons ensuite nous permettre plein de choses. Je me sens hyper chanceux de tourner avec Zoé. Dans la vie, elle est en train de devenir une amie. C’est une comédienne géniale, et nous rigolons énormément hors tournage. Nous avons récemment eu nos premiers fous rires sur l’intrigue en cours. C’est rare, mais il y a eu plusieurs facteurs qui ont fait que cela arrive.
On a le même humour. Quand nous sommes ensemble, nous sommes deux gamins. Nous avons cette âme d’enfant commune. Nous n’hésitons pas, d’ailleurs, à nous vanner sur les réseaux sociaux, parce qu’on sait que ni l’un ni l’autre n’est susceptible. J’espère jouer avec elle le plus longtemps possible.
. Mon interview avec Agathe de la Boulaye est à retrouver ici.
« Plus Belle la Vie, encore Plus Belle » du lundi au vendredi, à 13h50, sur TF1.

1 commentaire sur “[INTERVIEW] – PLUS BELLE LA VIE, ENCORE PLUS BELLE : ÉCHANGE AVEC LE COMÉDIEN JÉRÉMY CHARVET : « Je souhaite à tous les comédiens de passer par une quotidienne »”
Les commentaires sont fermés.