Depuis la nuit des temps, l’Homme a toujours regardé vers les étoiles. La Lune, en particulier, a été toujours été le symbole d’un rêve inaccessible et l’allégorie du mystère ; elle reflète nos fantasmes les plus fous.
Au cinéma, c’est le réalisateur George Méliès qui a été le premier a « envoyé l’homme sur la Lune ». Depuis, Stanley Kubrick (2001, L’Odyssée de l’espace), Enki Bilal (Tykho Moon), Ron Howard (Apollo 13), Gonzalo Lopez-Gallego (Apollo 18), Michael Bay (Transformers : La Face Cachée de la Lune), Glen Keane (Voyage sur la Lune), Damien Chazelle (First Man) ou encore James Gray (Ad Astra) se sont emparés de notre satellite pour nous offrir des épopées spatiales humaines, poétiques, métaphysiques, horrifiques ou basés sur des théories du complot, enivrantes et surprenantes. Les séries ne sont pas en reste. En décembre dernier, la production sud-coréenne The Silent Sea a été un des beaux succès de Netflix.
À l’occasion de la sortie de Moonfall de Roland Emmerich au cinéma, rencontre avec Jacques Arnould, expert éthique au Centre National d’Etudes Spatiales. Ensemble, nous revenons sur le rêve lunaire, toutes les théories du complot concernant la Lune et ses retranscriptions au 7ème art, ainsi que les prochains objectifs de l’Homme pour celle-ci.
Pourquoi l’Homme a toujours été attiré, fasciné par la Lune ?
La réponse la plus simple, serait de dire que la Lune s’impose à nous. Vous me direz que le Soleil est encore plus imposant. Cependant, le Soleil, on ne peut pas le voir. On sait qu’il est là, mais regarder le Soleil trop longtemps, c’est prendre le risque de finir aveugle en quelques secondes ou quelques minutes. Il s’impose à nous en tant que présence. Néanmoins, nous ne pouvons pas l’affronter. La Lune, elle, nous pouvons prendre le temps de la voir, de l’observer. D’où l’aspect fascination que notre satellite exerce sur l’humain, cette proximité que l’on a visuellement avec elle. De plus, la Lune est l’astre de la nuit. Il y a ainsi tout le rapport entre l’Homme et le monde de la nuit, qui est très particulier. La Lune appartient à ce monde temporaire, qui n’est pas le nôtre. Elle règne sur un domaine qui nous est étranger. Ça crée aussi cette fascination. Puis, elle nous cache toujours quelque chose, à tous, pour rebondir sur votre prochaine question concernant la face cachée. Nous voyons tous, tous les êtres humains de la Terre, la même Lune, et en même temps, on ne voit jamais cette fameuse partie. C’est une sorte de cache-cache palpitant. L’Homme est curieux et a une imagination débordante. Qu’est-ce qu’il pourrait y avoir sur la partie cachée de la Lune ? C’est d’autant plus attirant que nous y développons tout un imaginaire. C’est le propos aussi de certains films. La Lune possède beaucoup des propriétés qui peuvent susciter chez l’Homme une fascination, à la fois une attirance et une crainte. Nous avons envie de savoir et nous imaginons même ce qu’il peut y avoir sur la face cachée de la Lune et, en même temps, nous en avons peur. Moonfall, comme tant d’autres, joue sur cette attractivité là. Tout cela fait que la plupart des cultures humaines accordent une place importante à cette astre imposant par sa présence-absence, jusque dans nos expressions que vous connaissez : demander la Lune, promettre la Lune, être dans la Lune, Lune de miel ; et le poète, lui, est souvent qualifié de « Pêcheur de Lune », etc… Il y a dans ces expressions de la langue française, ce côté inatteignable de la Lune, qu’on a longtemps eu dans le monde scientifique. Si elle a été si séduisante, c’est aussi qu’on a eu du mal à l’atteindre. C’est encore plus vrai dans des cultures pré-spatiale.
Pourquoi selon vous des réalisateurs, de Méliès à Roland Emmerich, on fait de la Lune le cœur de leur film et ont développé des productions fantasmées jusqu’à y ajouter des aspects métaphysiques, horrifiques ou basés sur des théories du complot ?
Je suppose que, comme tous les artistes, ces réalisateurs puisent dans diverses cultures pour alimenter leur propre imagination. Je lis actuellement un livre sur Méliès et il est clair que ce dernier est allé chercher parmi les thèmes les plus fascinants des cultures humaines et occidentales, pour créer. La présence de la Lune au cinéma est l’illustration voire même la preuve de la place singulière dans notre culture et notre imaginaire. Avec toujours ce côté mystérieux. Car la Lune se cache, parfois derrière les nuages, ou bien au cours de ses différentes phases. L’imaginaire humain, l’imaginaire du cinéaste peuvent s’en donner à cœur joie, y ajouter ses propres apports, sa culture et même ses complots. La Lune est une source inépuisable !

Vous avez ce qu’on appelle la « Paréidolie lunaire », ces images que l’Homme pense percevoir sur la Lune : visages, têtes, corps humains, animaux (le lapin de Jade dans la culture aztèque et de l’Asie de l’Est)… On constate que la Lune n’a jamais cessé de susciter notre curiosité, nos espoirs, nos craintes, nos soupçons… Et les complots… La propension humaine à imaginer des complots est telle qu’on peut s’en emparer facilement pour construire n’importe quel récit de science-fiction au cinéma.
Image – Un exemple de la « Paréidolie ».
On l’évoquait, il y a un autre fantasme, c’est la face cachée de la Lune. Scientifiquement, qu’est-ce qu’on appelle la face cachée de Lune et pourquoi on ne peut la voir ? / Est-ce possible que la Lune puisse un jour sortir de son orbite ?
Je voudrais d’abord vous rappeler que nous n’avons une idée un peu précise de l’origine de la Lune que depuis peu. Selon l’hypothèse la plus solide, la Terre et la Lune auraient en réalité une origine commune. Il y a environ 4,5 milliards, la toute jeune Terre, que les scientifiques appellent la proto-Terre, aurait été heurtée par une petite planète de la taille de Mars. Ce choc titanesque a incliné l’axe de la la Terre qui a récupéré une partie de la masse de l’autre corps et ce dernier est devenu la Lune. Depuis cette époque, la Terre et la Lune forment un vrai couple et s’entraînent mutuellement dans une véritable danse sous l’effet des forces d’attraction mutuelle ; les marées en sont l’illustration la plus évidente.
La rotation de la Lune autour de son axe était auparavant plus rapide qu’aujourd’hui ; elle a peu à peu ralenti et aujourd’hui elle tourne sur elle-même à la même vitesse qu’autour de la Terre : la Lune met 27 jours pour tourner sur elle-même et 27 jours pour faire le tour de la Terre. C’est pourquoi nous voyons toujours la même face.
Grâce aux instruments déposés à la surface de la Lune, par exemple au cours des missions Apollo, nous savons aussi que la Lune s’éloigne de la Terre de presque 4 cm par an ; simultanément, la Terre ralentit de près de 2 millisecondes par siècle. Vous pouvez donc imaginer que la danse Terre-Lune prendra de nouvelles configurations dans l’avenir et que nos lointains successeurs auront de nouvelles images du ciel !
Je vais vous citer quelques « théories » autour de la Lune et vous me dites si, scientifiquement ou non, cela est possible. Il y a beaucoup de théories du complot autour d’une base extra-terrestre sur la Lune, notamment sur sa face cachée ? Vous y croyez ?

C’est une théorie à tiroir. La première hypothèse qu’il faut analyser, c’est de poser la question de la vie extra-terrestre. Cette hypothèse scientifique est extrêmement importante. Les scientifiques la prennent très au sérieux depuis longtemps et les philosophes depuis bien plus longtemps encore. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons aucune preuve de vie ou d’intelligence extra-terrestres. Aucune. Où que ce soit. Pourtant, nous fouillons l’univers de manière précise : la Lune, Mars, notre système solaire… Nous avons donc pu constater qu’autour de nous, au sein de notre système solaire, il n’y avait aucune trace de vie extra-terrestres. Pas de signaux, non plus.
Image – Transformers 3 : La face cachée de la Lune. Parmi les théories, des débris de vaisseaux extra-terrestres seraient entassés sur la face cachée de la Lune.
Ensuite, y’a-t-il une base ? Comme nous ne voyons pas la face cachée de la Lune, cela excite notre imaginaire et, bien entendu, tout est alors possible. J’ai même lu des articles où la face cachée abriterait des dinosaures parce qu’ils se seraient réfugiés sur la Lune. Pourquoi pas, puisque cette face nous est cachée. Depuis les années 60, des sondes nous ont renvoyé des images de la Lune et, jamais, nous n’avons vu quoi que ce soit qui ferait penser à une base extra-terrestre. Le complot devient compliqué car il aurait fallu que, depuis des années, le milieu spatial européen, américain, soviétique, japonais, concluent un accord pour tenir ce secret depuis des années, soit des milliers de gens : scientifiques, ingénieurs, astrophysiciens, astronautes, politiciens… pour tenir ce secret. Les chinois se sont récemment posés sur la face cachée de la Lune. S’ils avaient repérés quoi que ce soit, ils aurait aussi dû se taire. Ça finit par faire un nombre de personnes considérable à tenir au secret ! Ce qui me paraît une difficulté majeure, surtout à l’heure d’internet où plus rien ne peut vraiment rester caché.
Dans le film documentaire-canular Opération Lune de William Karel, on nous révèle que Stanley Kubrick aurait été engagé pour réaliser un film sur la mission d’Apollo 11.
C’est la plus célèbre des théories du complot concernant notre satellite : L’Homme n’a jamais marché sur la Lune. Que répondez-vous à cela ?
La réponse la plus brutale serait celle donnée par Buzz Aldrin, le 2ème homme a avoir posé le pied sur la Lune. On n’arrêtait pas de le harceler avec cette question : soyez honnête, dites-nous que vous n’avez jamais marché sur la Lune ? Un jour, il s’est tellement énervé qu’il a mis par terre, la personne qui l’a accosté. C’est violent mais pour vous dire l’agacement de cet homme qui a risqué sa vie pour poser le pied sur la Lune et accomplir l’un des plus beaux exploits humains avec son copain Neil Armstrong. Plus concrètement, il y a tous ce que les américains ont ramené de la Lune dont des pierres lunaires, des centaines de kilos. Ces pierres n’existent nulle part ailleurs sur Terre. Ce sont des pierres originales dans leurs origines et leurs évolutions. Bien sûr, tous les jours, nous avons des pierres extra-terrestres qui tombent sur la Terre mais pas de la taille de celles qui ont été rapportées de la Lune et pas autant que ça. On a une vraie collection de pierres lunaires.
Les missions dirigées autour et sur la Lune après Apollo par les chinois, les Russes, les Japonais ou les Européens ont évidemment eu le bonheur d’aller photographier les sites d’alunissage américains. Parce que ces sites sont parfaitement localisés. Donc, tous ces sites ont été repérés par d’autres pays que les Américains. Vous imaginez bien que certains pays, s’ils pouvaient apporter la preuve que les Américains ont menti, s’en donneraient à cœur joie. De plus, aujourd’hui, nous avons des appareils capables de compter jusqu’au nombre de pas faits par les astronautes sur la Lune. Il y a aussi des preuves concordantes. […] Je connais la théorie de Kubrik, grand réalisateur, et il est vrai que même dans les années 60 nous étions déjà capable de faire des choses extraordinaires au cinéma. Cependant, et comme je le soulignais dans la question précédente, il faudrait et pendant des dizaines d’années, tenir au silence des milliers de personnes contre une quelconque récompense ou les menaçant d’un sort dramatique. Ce complot me semble difficile à défendre.
Autre théorie, à l’instar de celle de la Terre creuse, la Lune serait creuse ou en partie, et abriterait une civilisation extra-terrestre… Scientifiquement, est-ce possible que la Lune soit creuse ?
Nous savons que la Terre n’est pas creuse. C’était une théorie intéressante. Toutefois, tous les moyens sismologiques ou autres apportés, ont annulé cette théorie là. Ce que nous savons de la Lune aujourd’hui permet de repousser aussi la théorie de la Lune creuse. C’est toujours très fascinant, et on en revient à votre première question. Il y a dans la culture humaine, ce thème commun et cohérent avec les grandes idées. La théorie de la Lune creuse nous en trouvons des traces dans le passé, avec la question des Enfers. N’y a-t-il pas en dessous de nous, sur Terre, des mondes parallèles, des mondes inversés, avec les lesquels il serait possible de communiquer via des volcans ou des fleuves souterrains.
Y aurait-il alors un enfer lunaire, abrité par des démons et, est-ce que les extra-terrestres ne seraient pas ces démons décrits dans les anciennes cultures, dessinés souvent de la même manière ? Tout ceci crée une généalogie dans notre esprit à laquelle on peut croire et que je comprends. Ce qui est intéressant également, c’est que depuis les années 70, on imagine l’Homme vivre dans le creux de structures sphériques, cylindriques.
Je connais même une théorie qui prétend que les OVNI ne viendraient pas de l’espace, mais de l’intérieur de la Terre.
Dans tous les cas, qu’ils s’agissent d’infra-terrestre ou d’infra-lunaire, il n’existe aucune preuve consistante, cohérente, répétée, et publiée. Ce qui rend ce genre d’hypothèse extrêmement fragile.
Est-ce que l’Homme a pour ambition dans les prochaines années de coloniser la Lune et d’installer une base lunaire comme on peut le voir dans certains films comme 2001, L’Odyssée de l’espace ou Ad Astra ? Et est-ce possible ?

Les ambitions et les projets existent. Si vous regardez dans les projets des agences et des entreprises spatiales, il y a des projets précis à la fois de retourner autour de la Lune, de s’y poser et, petit à petit, d’implanter du matériel et, dans un futur plus lointain, d’entreprendre la colonisation de la Lune (ce qui sera une entreprise beaucoup plus longue, demandant des moyens techniques, économiques et surtout humains extrêmement importants). Ce sera sans doute un jour réalisable mais nous ne possédons pas encore toutes les techniques nécessaires, par exemple pour produire de l’eau à partir des ressources lunaires, pour protéger efficacement des rayonnements cosmiques.
Image – La base lunaire imaginée par James Gray pour son film Ad Astra.
Ensuite, en tant qu’expert éthique, ma question c’est : pourquoi faire ? Les scientifiques nous disent que la face cachée de la Lune, protégée par un certain nombre de choses qui viennent de la Terre, serait un lieu idéal pour l’observation de l’espace lointain. ; des scientifiques défendent de tels projets depuis fort longtemps. Installer des instruments, les entretenir exigerait évidemment d’y envoyer des équipages régulièrement, voire en permanence.
La Lune possède-t-elle des ressources à exploiter ? Il est souvent question de l’hélium 3, mais il faudra d’abord maîtriser la technique de la fusion nucléaire…
Après, certains pensent à installer des lieux de vie mais pour y faire quoi ? Du tourisme, avec des hôtels sur la Lune ? Un lunarland pour touristes très riches. Bon, pourquoi pas. Ça pose cependant des questions : est-il raisonnable de le faire ? Est-il nécessaire de le faire ? On rentre dans un débat public, éthique et moral. C’est tout un vaste sujet et qui mérite d’être introduit car certains y pensent.
Est-ce qu’un projet d’ascenseur spatial, qui relierait la Terre à la Lune, est crédible ?

L’ascenseur a pour la première fois, il me semble, été imaginé par Arthur Clarke, connu pour avoir co-écrit 2001, L’Odyssée de l’espace, et la nouvelle dont le film s’inspire : La Sentinelle. Clarke, qui était aussi ingénieur, a donc imaginé l’idée de l’ascenseur spatial : un immense filin qui relierait un point d’ancrage terrestre à une orbite autour de la Terre… Le défi technologique est immense : imaginez le poids d’un filin, même en nanotube, qui serait long de 30 000 km. Et je ne parle même pas de la Lune, à 300 000 km…
Image – L’ascenseur spatial du film Ad Astra de James Gray.
Je crois que le projet est dans les cartons mais les ingénieurs sont conscients de la difficulté, du coût et de l’entretien qu’un tel engin demanderait. Derrière ça, c’est avant tout la question de savoir comment faciliter notre accès à l’espace. Il y a une image qu’il faut toujours garder en tête : la Terre est un puits et, pour pouvoir accéder à l’espace, nous devons sortir de notre puits. Sortir du puits est un exercice pénible car le lien est très fort. Une fois qu’on en est sorti, on peut quasiment aller partout avec très peu de moyens et très peu d’énergies. Jusqu’à présent nous utilisons des fusées. Des ressorts, des catapultes ont aussi été imaginés. Aujourd’hui, pourquoi ne pas imaginer cet immense ascenseur ? Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que cette planète tourne, créant des forces, des contraintes gigantesques.. Ce sont des enjeux techniques assez intenses, assez élevés. Les ingénieurs adorent ce genre de défis même s’ils savent que cela ne sera pas réalisable dans les années qui viennent.
Pourquoi nous ne sommes jamais retournés sur la Lune depuis 1972 ?
L’interrogation éthique, c’est se poser la question du but de nos actions. Dans le cadre du spatial, quel est l’objectif d’un projet, d’une action spatiale. Au début des années 60, lorsque Kennedy a lancé son pays dans la course à la Lune, l’enjeu était clair : battre les soviétiques dans le domaine spatial avec, en sous-texte, les enjeux politiques liés à la Guerre Froide. En juillet 1969, les Américains gagnent cette course après avoir posé ce « drapeau de la victoire » à la surface de la Lune. Le projet de Kennedy a donc été réalisé et le but accompli.
La NASA est retournée 5 fois ensuite sur la Lune, pour confirmer cette victoire, tester d’autres technologies, récolter des pierres lunaires, installer des instruments qui sont encore présents sur place. Si on sait que la Lune s’éloigne de la Terre, c’est aussi grâce à cela, grâce à ces appareils qui permettent de calculer la distance Terre-Lune avec une précision extrême. Si vous avez vu le film Apollo 13, il décrit parfaitement au début, la situation de l’intérêt des Américains pour les programmes lunaires. La mission Apollo 13 est la troisième mission et c’est pratiquement devenu banal, tout le monde s’y désintéresse… Il faudra l’accident d’Apollo 13 pour provoquer un regain d’intérêt médiatique.

Rapidement, les Américains vont annuler les dernières missions prévues. Apollo 18, par exemple, a été annulée. Il fera d’ailleurs l’objet d’un film horrifique, sur fond de théories du complot. Mais Apollo 18 a été annulée car elle n’avait rien à apporter de plus. Le coût, lui, restait énorme et dangereux. Ça ne valait plus la peine de risquer des vies alors que la mission principale avait été accomplie. Depuis, les Américains et les Russes se sont intéressés à l’orbite autour de la Lune. Quand il y a eu, à plusieurs reprises, l’idée de retourner sur la Lune, nous n’avions aucune raison suffisante pour justifier l’investissement technique, économique et humain qu’exigent ce type de mission lunaire.
Image – Affiche du film Apollo 18 de Gonzalo Lopez-Gallego.
Encore en 2009/2010, Barack Obama a annulé le projet de retourner sur la Lune. En 2020/2022, les Américains, les Chinois et d’autres pays considèrent qu’y retourner à du sens. Nous avons les technologies et nous avons encore de la science à faire.
Puis, la Lune est une possible base avancée pour l’exploration spatiale dans le reste du système solaire. Nous savons envoyer des hommes pour de longues missions en orbite autour de la Terre, les faire vivre, les faire travailler, chercher, etc… Il s’agit désormais de passer de 400km d’altitude à 300 000km de la Terre, où les conditions sont plus difficiles. On augmente ainsi la difficulté, pour augmenter aussi nos compétences, nos connaissances techniques qui permettront d’assurer la vie de terriens à 300 000km de la Terre autour de la Lune, qui servira de base avancée. C’est un pas en avant pour être capable, par la suite, de vivre plus longtemps dans l’espace. Sans oublier le caractère prestigieux pour les pays capables de réaliser un tel exploit, le signe politique fort.
Demander la Lune reste aujourd’hui encire un vrai défi.
Je tiens à remercier Raphaël Sart du Centre National d’Etudes Spatiales, qui a de suite répondu favorablement à ma demande. Merci pour cette rencontre et cette belle opportunité. Et à Jacques Arnould pour cette entrevue passionnante et très enrichissante.
À noter la sortie du dernier livre de Jacques Arnould Le Dernier Voyage aux Editions Transboréal. Vous pouvez le commander par ici.
Moonfall sortira le 9 février prochain au cinéma.
