La nouvelle série écrite par Jean-Christophe Grangé, I3P, sera diffusée dès le jeudi 20 octobre sur TF1. Marc Lavoine en est le héros principal. Il y incarne le professeur Mathias Bernardt, un psychiatre aux caractères bien particulier.
À l’occasion de la diffusion des premiers épisodes, l’acteur et chanteur se confie sur ce nouveau rôle, le travail de Grangé et du réalisateur Jérémy Minui ainsi que ses retrouvailles avec Barbara Schultz.
Synopsis :
À Paris, si vous êtes amnésique, si vous avez des visions ou si vous montrez des signes de délire dans la rue, on vous conduit à l’Infirmerie Psychiatrique de la Préfecture de Police. Adresse discrète, l’I3P a pour patron le professeur Mathias Bernardt, un psychiatre qui a le pouvoir de laisser ses patients retourner à leur vie normale, de les hospitaliser mais aussi de les remettre à la police. Ne pouvant garder personne plus de 24 heures, il privilégie toujours une approche humaine aux traitements coercitifs, épaulé par les psychiatres Sophie Tran, Julien Sarment et le jeune interne Samy Jendoubi. Chaque journée commence par l’accueil d’un sujet en crise amené en urgence à l’I3P. À partir de son témoignage, Bernardt et sa garde rapprochée mènent l’enquête en dépit de l’opposition systématique de la commissaire Nathalie Fontaine, qui préfère qu’on n’ajoute pas de dossier à sa pile déjà haute. Une course contre la montre s’engage alors pour résoudre l’énigme de la vie de chaque patient.
« J’ai été charmé par l’équilibre de ce psychiatre et l’aspect collectif du groupe ».
Qu’est-ce qui vous a convaincu d’accepter le rôle de Mathias Bernardt, psychiatre à l’I3P, pour la série TF1 du même nom ?
Avant même d’avoir lu le script, il y avait l’envie de retrouver Barbara Schultz. Ce fut une des raisons importantes à ma participation au projet. C’est une actrice brillante. Jouer avec elle est une véritable joie car elle a une puissance de jeu extraordinaire et, en même temps, une très grande décontraction humaine lorsqu’elle est sur le plateau. Elle est très intelligente et elle a beaucoup de choses à dire. Ensuite, à la lecture, j’ai été avalé par le scénario. J’ai été charmé par l’équilibre de ce psychiatre et l’aspect collectif du groupe. Le contact a d’ailleurs été immédiat et nous avons beaucoup travaillé, tous ensemble. […] Le texte de Grangé est très inspirant. Il est basé sur des choses extrêmement rigoureuses et, en même temps, il y a une grande folie. Il n’y a pas de folie sans rigueur. Grangé est vraiment fort sur la structure, la précision et il laisse place à une atmosphère autour qui est là, écrite, qui est palpable sur le papier. […] C’est une personne solaire. Il venait nous voir, dès que nous avions besoin de lui sur le tournage. Parfois, il y avait des ventres mous sur un tournage et, lui, venait pour nous redonner de l’énergie. C’était très agréable.
J’ai aussi découvert un metteur en scène, Jérémy Minui, qui m’a semblé être surtout un cinéaste, je l’ai senti sensible à énormément de choses. Il aime les acteurs. Et, il est très doué à la fois en réalisation mais également en direction d’acteurs. Il filme parfaitement la ville, les portraits, les actions. Jérémy adore la musique, aussi. C’était un plaisir de faire ce tournage.
« Je me suis laissé aller à une forme animale. J’ai perdu les pédales, en maîtrisant mon jeu ».
Votre personnage a une attitude très inhabituelle. Il a des « tics ». De quelle manière avez-vous travaillé sa démarche, sa gestuelle des mains et de la tête ainsi que sa diction ?
J’y ai beaucoup pensé à ce personnage. Tous ces éléments sont venus petit à petit. C’est un personnage qui a plusieurs facettes, il fallait donc les marquer, sans tomber dans un piège et les réunir. C’est un homme qui est souvent en questionnement, il écoute les autres, il avance, il protège et il est également protégé. Il a une attirance agréable avec Nathalie (Barbara Schultz). C’est très vivant. Je me suis laissé aller à une forme animale. J’ai perdu les pédales, en maîtrisant mon jeu. C’est pour cela que j’ai un costume comme celui que je porte dans la série. Il est assez serré au niveau des épaules et un pantalon très ample, où je pouvais faire une sorte de Taï-chi, tout le long du film. C’est un garçon qui devait être mobile. J’aime beaucoup le léopard car il est timide, on le voit rarement et il chasse de façon extrêmement timide aussi, il ne court pas tellement et il se détend au moment où il le faut. Il y a des pauses comme ça, très lentes. Mon personnage est pareil, il a des pauses. Il regarde derrière l’horizon pour chercher dans sa mémoire. Et, d’un coup, il est focus. Mais il a des passages à vides. On ne sait pas trop où il dort. J’ai essayé de jouer ça. Il est très attaché à la maison de l’hôpital. Il connaît tout le monde. Il dit même « bonjour » aux policiers. Puis, je voulais être le plus crédible possible avec les partenaires avec qui je jouais.

Je me suis créé mon bureau aussi. Les gens de la déco sont venus chez moi et ils ont déménagé mon bureau. Je me retrouvais dans une sorte de boîte crânienne, que je connais bien puisque c’est mon atelier, là où je travaille. Lorsqu’un artiste travaille dans une « boîte crânienne » comme celle-ci, il a un peu le comportement du personnage. C’était important pour moi de recréer ça. Comme ce type n’a pas de maison, il dort dans l’hôpital ou dehors, c’était bien qu’il puisse avoir cet endroit. Et les gens aimaient y venir pendant les pauses. Il y avait un aspect atypique qui attirait.
Image : Le duo Marc Lavoine et Barbara Schultz denouveaux réunis.
Crédit photo : TF1
« Je ne suis rien du tout, je ne vais pas sauver le monde, mais les artistes ensemble, les gens ils les croient […] Quand on travaille sur un sujet comme celui-ci, il faut faire attention aux gens, il faut les aimer ».
J’ai remarqué également que dans le milieu hospitalier ou dans l’Éducation Nationale, qu’il y avait 70% de femmes. Je ne voulais pas que les femmes dans la série soit moins considérées, comme les flics. Mon personnage les appelle par leur prénom. Car ils sont tous et toutes importants. La série devait refléter ça. Je faisais très attention que chacun ait un temps de parole équitable. Mathias est peut-être le héros de la série, mais je prêtais intérêt à ce que tout le monde ait sa place. Et Jean-Christophe Grangé a été fantastique car il m’a laissé faire. Désormais, je fais attention à la place des femmes dans mes choix de films ou séries, à la place des gens eux-mêmes. La période est compliquée. Donc, si l’on est acteur et qu’on a la chance de jouer des rôles, essayons de jouer des rôles qui sont au fond de nos ventres et qui peuvent communiquer quelque chose de positif et d’espérance. […] Je ne suis rien du tout, je ne vais pas sauver le monde, mais les artistes ensemble, les gens les croient. Les salles sont pleines. Les livres sont de plus en plus beaux. Les chansons de plus en plus belles. Les rappeurs font des textes de haute qualité. Alors que je pense pas que tout le monde soit crédible aujourd’hui. Mais les artistes le restent. Quand on travaille sur un sujet comme celui-ci, il faut faire attention aux gens, il faut les aimer. C’est ce que j’essaie de faire.
Avez-vous fait une immersion dans un I3P pour vous préparer au rôle ? Ou auprès d’un psychiatre ?

Non. Je suis beaucoup allé à l’hôpital ces dernières années en province et en banlieue, et j’ai travaillé près de 20 ans avec de jeunes autistes. Ce qui m’intéresse, c’est le dénominateur commun entre tous ces gens. Le personnel fait passer la vie des autres avant la leur. Ce sont des êtres humains incroyables. […] Je ne voulais pas les embêter. Un acteur qui vient faire une étude, c’est un peu déplacé. Je ne me déplace dans les hôpitaux seulement quand j’ai une mission à accomplir avec eux. Jamais en tant qu’artiste. Comment peut-on observer quelqu’un qui travaille ? C’est impossible. Puis, lorsqu’on vous regarde travailler, vous ne pouvez plus être normal. C’est pareil pour un artiste, d’ailleurs.
Image : Flore Bonaventura fait partie des nombreux guests de la saison une d’I3P.
Crédit photo : TF1
Les making-of, ce sont des foutaises. C’est du faux. On ne peut pas faire son travail correctement, si quelqu’un nous filme toute la journée. Puis, c’est encombrer les gens avec des préoccupations qui ne sont pas les leurs. C’est plus important de soigner une personne que de recevoir un acteur pour un film.
Vous l’avez évoqué, vous retrouvez une ancienne partenaire de jeu Barbara Schultz. De quelle nature sont vos rapports dans la série ?
Nous sommes dans la vie, comme dans la série. On se marre, on parle sérieusement, et il y a en même temps une rigueur, un sérieux. Nos personnages ne luttent jamais pour des choses imbéciles comme l’orgueil ou l’ambition, il y a une collaboration, une confiance qui fait qu’on sait qu’ils tiennent l’un à l’autre. On se respecte. Et Barbara est formidable. Elle a récemment reçu un Molière et elle le mérite tellement.
« Ce qui était génial et fluide dans ce tournage, c’est qu’il y avait de la communication et du partage ».
Tchéky Karyo est aussi un acteur que vous connaissez bien…
J’ai eu la chance de jouer plusieurs fois avec Tchéky Karyo, de faire de la musique aussi à ses côtés, c’est un immense acteur. D’une gentillesse rare et d’une concentration absolue mais drôle. C’est un homme simple. Puis, il a cette folie crédible. C’est un frère.

[…] Tout le casting est formidable, même les seconds rôles. Ils viennent tous du théâtre. Il n’y pas de secret. Ils ne sont pas là pour faire la Une des magazines, ils sont là pour être au sein d’une aventure collective et raconter des histoires. Ils s’impliquent à fond dans les personnages. C’était une vraie joie de jouer avec tous ces acteurs et ces actrices. Parfois, dans ce métier, il arrive qu’on joue seul. Ce n’est pas très intéressant et, les gens qui crânent un peu, c’est fatiguant. Ce qui était génial et fluide dans ce tournage, c’est qu’il y avait de la communication et du partage. Je pense aussi à l’équipe technique avec qui je n’ai jamais autant communiqué. Tout le monde était en osmose.
Image : L’équipe d’I3P. De gauche à droite, Mikaël Chirinian (Julien Sarment), Marc Lavoine (Mathias Bernardt), Claire Tran (Sophie Tran) et Walid Ben Mabrouk (Samy Jendoubi).
Crédit photo : Mika Coleton/Storia Television/TF1
Les deux premiers épisodes d’I3P seront diffusés ce 20 octobre sur TF1. Les 6 premiers épisodes, eux, sont d’ores et déjà disponible sur SALTO.
