[CRITIQUE] – KILLER COASTER : LA FAMILLE LAMY MÈNE L’ENQUÊTE

* critiques, sans spoilers, des deux premiers épisodes *

Une enquête en plein cœur d’une fête foraine réunissant pour la première fois à la télévision Alexandre Lamy, Audrey Lamy et Chloé Jouannet, il fallait y penser. Nikola Lange et Thomas Mansuy (Derby Girls) l’ont fait. Mère, sœur et fille pour résoudre une série de meurtres qui frappe le Luna Park de Palavas-Les-Flots, sous fond d’affrontements entre deux clans forains. La nouvelle production française de Prime Video est prometteuse.

Manger une barbe-à-papa ou faire de l’auto-tamponneuse ?

S’il faut choisir entre mettre un PV ou courir après un petit pickpocket, Sandrine Laplace (Alexandre Lamy) n’hésite pas. Elle fonce ! Ce personnage entêté et maladroite, qui rêve d’être bien plus qu’une pervenche n’a pas sa langue dans sa poche. Et s’il faut mentir, se mettre en arrêt maladie pour aller résoudre un crime, là aussi, Sandrine n’hésite pas. C’est par le regard de ce personnage hautement atypique que Nikola Lange et Thomas Mansuy nous introduisent dans l’univers festif et concurrentiel de la fête foraine, où deux clans se tirent la bourre : Le clan Perroni et le clan Poissonnet. Dans cet environnement où règne passion et compétitivité, chacun tente d’asseoir sa domination sur l’autre. Alors, quand un cadavre est découvert dans le manège d’un des deux clans, la fête foraine s’embrase pour devenir le terrain d’un affrontement inévitable. En effet, et si ces meurtres étaient liés à une sombre histoire de guerre manégo-territoriale ?

Sandrine, qui a fait copine-copine avec Yvane Poissonnet, se fond au cœur des pêches au canard et manèges à sensations fortes en prétendant être une nièce revenue des États-Unis avec des méthodes de management innovantes mais carrément douteuses. C’est de la que part toute la comédie de « Killer Coaster », les invraisemblances de cette rencontre inopinée, les nouvelles rencontres aussi surprenantes qu’inattendues, la persévérance de Sandrine Laplace et ses théories à la fois logiques ou totalement fumeuses, la description d’un lieu enchanteur, coloré, où, pourtant, la mort semble se cacher derrière chaque manège. Nikola Lange et Thomas Mansuy parviennent à tisser une véritable narration comique, entourée d’un drame mystérieux. Et puis, il y a l’année. L’action de la série se déroule en 1998 et, forcément, les accoutrements vestimentaires et les coupes de cheveux de certains protagonistes prêtent à sourire. Un rire entre gentille moquerie et nostalgie d’une époque que ma génération aimait tant.

Dans ce paysage de fête foraine, Nikola Lange et Thomas Mansuy créent toute une galerie de personnages volontairement caricaturale avec laquelle ils s’éclatent. Il y a, dans la caractérisation de ces protagonistes, héros ou antagonistes, une volonté d’accentuer la comédie à son paroxysme et l’absurdité de certaines séquences et situations : le commissaire de police à la ramasse, la collègue pervenche de Sandrine un peu trop insistante ou encore les joutes verbales entre les deux grandes rivales de chaque clan incarnées par les talentueuses Lola Le Lann et Chloé Jouannet (épique !).
Néanmoins, « Killer Coaster » est également une authentique pièce de théâtre télévisuelle. Au-delà du pathétique (dans le bon sens du terme) de certains protagonistes, des drames intimes surgissent. Des histoires familiales touchantes mais aussi des histoires d’amour impossible, à la Roméo et Juliette, profondément sincères et émouvantes. Parfois, la série s’octroie même une critique sociétale et le fonctionnement des clans forains : la place des femmes, les mariages arrangés… Une tragi-comédie huilée qui tire son épingle du jeu par son atmosphère singulière et la théâtralité de ses personnages.

Conclusion

Deux premiers épisodes qui posent les bases d’une narration engageante. Tous les ingrédients sont – pour l’instant – réunis pour faire de « Killer Coaster » un objet télévisuelle distingué et enivrant : comiques de situation efficaces, imbroglios stupides et gué-guerre entre clans hilarants, des personnages caricaturaux (volontairement) attachants ainsi qu’un casting exceptionnel. Notons également le travail sur l’image au grain effervescent, bouillonnant la journée, fluorescent et enchanteur la nuit, renforcé par une réalisation qui laisse toute sa place à la comédie. La recette d’un futur succès ?

Killer Coaster, dès le 15 septembre sur Prime Video. 6 épisodes.

Casting : Alexandra Lamy, Audrey Lamy, Chloé Jouannet, Lola Le Lann, Alex Lutz, Jean-Pierre Martins, Oscar Berthe, Yvan Naubron, Bruno Lochet, Tara Martinez.