[INTERVIEW] – PLUS BELLE LA VIE ENCORE PLUS BELLE : LÉA FRANÇOIS ET ZOÉ LAÏB, DEUX ACTRICES EN CONFIDENCE

Zoé Laib et Léa François continuent de faire battre le cœur de Plus Belle la Vie encore Plus Belle grâce à leur talent, leur énergie et leur sensibilité. Les deux comédiennes se confient sur l’évolution d’Apolline et de Barbara au cours des dernières intrigues et lèvent le voilent sur les coulisses de quelques séquences.

Zoé Laïb

« J’adore l’espace de liberté que j’ai avec Apolline »

Depuis notre dernier live, vous avez été au cœur de deux intrigues. La première, bien que tragique, vous a quand même permis de conduire une Ferrari (rire). Est-ce que vous pouvez nous parler de cette intrigue, de la façon dont vous l’avez vécue et des coulisses de cette cascade impressionnante où Apolline est projetée par la fenêtre ?
L’intrigue en elle-même était super chouette, parce qu’elle m’a effectivement permis de conduire une Ferrari (rire). Un jour, je me réveille et on m’annonce que je vais suivre une formation de conduite avec une Ferrari, en plein milieu des Goudes à Marseille. Mon partenaire de jeu était un amour, très à l’écoute, et c’était vraiment agréable de travailler avec lui. Ensuite, il y a eu cette fameuse scène de cascade, mais ce n’était malheureusement pas moi qui l’ai réalisée. J’ai demandé, mais on m’a expliqué que, pour des raisons d’assurance, ce ne serait pas possible. Et puis, cascadeur, c’est un métier ! On n’est pas à l’abri que je fasse une formation un jour, parce que c’est quelque chose qui me plaît beaucoup. C’est donc une super cascadeuse, Mégane Declef, qui m’a doublée. Elle a été formidable parce qu’avec sa physicalité, on ne voit absolument pas la différence. Elle a fait un super boulot. Nous avons tourné un plan qui commençait à l’intérieur : on était épaulés par d’autres cascadeurs qui nous expliquaient la marche à suivre. Il y avait quelqu’un derrière la fenêtre pour me rattraper, avec un énorme échafaudage installé pour éviter toute chute, et qui posait ses mains dans mon dos quand l’acteur faisait la première partie de la chute, afin de me propulser par la fenêtre. La caméra passait ensuite à travers la fenêtre voisine et, à ce moment-là, ce n’était plus moi mais Mégane qui sautait. La cascade était vraiment impressionnante.

Le début de l’intrigue était très malin aussi, car il y a cette discussion où plane le sous-entendu qu’Augustin aurait violé Apolline…
À la lecture, j’ai trouvé ça très intelligent, parce que ce n’était pas linéaire : il n’y avait pas simplement un problème puis une solution. Tout d’un coup, on ne donnait pas la réponse, ni la façon de penser au téléspectateur. Ça laissait place à son imaginaire, pour ensuite mieux le surprendre.

Quand vous recevez des textes comme ça, est-ce que vous imaginez déjà la façon dont vous les jouer ? Ou est-ce que c’est encore un petit peu trop récent pour toi d’incarner Apolline ?

Oui, forcément. Il y a toujours une première pensée, une première énergie qui se met dans le texte. Après, mon travail, c’est surtout de ne rien figer, pour rester malléable. Parce que si je travaille à fond en me disant : « c’est comme ça qu’il faut le jouer et pas autrement », et que j’arrive sur le plateau avec un réalisateur qui a une vision complètement différente, pour moi c’est fini : je n’arrive plus à répondre à ce qu’il me demande. Vous pouvez être force de proposition, mais aussi accepter que parfois ça marche et parfois non, et dans ce cas il faut changer tout de suite, sans ego, en étant très réactif. En plus, le temps est compté sur le tournage d’une quotidienne. Puis, il faut être très à l’écoute des envies des autres, parce que ce n’est pas un métier qui se fait seul.

Vous avez un espace de liberté pour créer ?
Oui, j’adore l’espace de liberté que j’ai avec Apolline. C’est pour ça que je me sens extrêmement chanceuse de l’interpréter. Je ne sais pas exactement comment la production ou la chaîne avait imaginé ce personnage au départ, mais on l’a rendu de plus en plus comique, malgré son sérieux et ses failles. Il y a beaucoup de registres de comédie, et je ne savais pas que je pouvais être une comédienne comique. J’en avais aucune idée, moi qui me voyais plutôt comme une comédienne dramatique. D’autant que je viens du théâtre. Quand j’ai vu que ça marchait, que des gens rigolaient, je me disais : « Mais qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ils rient ? Est-ce que c’est moi qui les fais rire ? » Et j’ai trouvé ça formidable. Là-dessus, ils me laissent une énorme liberté. Je propose, ils me disent si je dois réduire ou non le curseur comique. Mais ils préfèrent que je prenne de la liberté – quitte à me dire : « Là, c’est un peu too much, on descend » – plutôt que : « Fais plus comme ci, fais plus comme ça ». C’est génial pour moi. Je préfère largement avoir un grand terrain de jeu, une grande liberté, et ensuite qu’on module. […] Le registre comique est libérateur. C’est une autre énergie. Ça fait du bien !

La seconde intrigue, c’est celle de votre rupture avec le cabinet Kepler et Ulysse. Un moment difficile pour Apolline. Il y a des séquences très touchantes et dures émotionnellement, notamment ce face-à-face déchirant où il met fin à votre collaboration. De quelle manière avez-vous préparé et joué cette séquence ?

On ne l’a pas vraiment préparée. On savait simplement qu’après ça, on n’allait plus jouer ensemble pendant longtemps. Comme on est devenus très copains dans la vie et qu’on adore travailler ensemble, tourner cette séquence a été terrible, parce qu’on savait que c’était une fin. Du coup, il n’y avait pas besoin de fabriquer une grande émotion : elle était déjà là. On a juste joué avec les énergies qu’on avait ce jour-là, et c’est ça qui a créé cette scène, qui nous a un peu surpris.
Pour l’anecdote, concernant la robe déchirée, l’équipe de l’habillage avait prévu un système avec un aimant pour qu’on puisse refaire la scène plusieurs fois. Le son de la déchirure devait être rajouté en post-production.

Mais la première prise a été la bonne, parce qu’on était tellement dedans. Jérémy se retenait de pleurer, il était tellement en colère qu’il a arraché la robe pour de vrai, beaucoup plus bas que prévu. Ça m’a fait sursauter, je ne m’y attendais pas du tout, j’ai vraiment eu peur. Ensuite, il a fallu refaire plusieurs valeurs de plans, mais on s’est dit : « C’est cette émotion que nous devons garder ».

Comment avez-vous réagi en apprenant cette rupture ?
Les gens sur Plus Belle savent qu’on s’entend tellement bien que c’est Clémentine, notre productrice, qui est venue me voir un jour, entre deux séquences, pour m’annoncer ce qu’il allait advenir de mon personnage. Elle m’a expliqué qu’il y aurait une rupture avec Ulysse et que nous n’allions plus jouer ensemble pendant longtemps. J’étais dégoûtée. Mais que faire, à part leur faire confiance ? En fait, si c’est toujours tout beau, tout rose et que ça va dans la même direction, la série n’a plus de raison d’être. Leur travail est de changer les dynamiques, de casser les binômes, et c’est fait avec beaucoup d’intelligence. Nous rejouerons ensemble avec Jérémy, c’est certain.

C’est là qu’on voit qu’Apolline sait rebondir rapidement.
C’est une tête brûlée. Je pense que c’est une qualité incroyable qu’elle a. C’est pour ça que la réaction d’Ulysse est assez incompréhensible quand il réalise qu’elle a rebondi aussi vite. Alors qu’il devrait comprendre, et même en être fier. À ce moment-là, il y a un grand mélange d’émotions qui s’entrechoquent. Mais oui, c’est une qualité qu’on ne peut pas lui enlever : elle est courageuse, elle fonce.

Qu’est-ce que ces deux intrigues vous ont apporté personnellement, en tant que comédienne ?
Beaucoup d’expérience, forcément, parce que j’explore des registres que je n’ai pas forcément l’habitude d’aborder. C’est aussi pour ça qu’une quotidienne, c’est fantastique : non seulement parce que c’est très intense, mais aussi parce qu’il faut faire attention – c’est toujours le même personnage. Néanmoins, on explore toutes les émotions possibles et inimaginables. Donc, c’est énormément d’expérience pour la suite : de la réactivité, des rencontres avec des partenaires différents, et au final, c’est très formateur.

Léa François

« J’arrive à renouveler dans le jeu et avec Barbara car c’est un métier dans lequel on apprend toute notre vie »

Le couple Barbara/Louis est désormais officiel depuis quelques semaines. Une nouvelle vie pour Barbara…
Oui, c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre. Et c’est super agréable pour elle. Comme pour moi, d’ailleurs, de rejouer un peu ses premiers émois, ses petits papillons dans le ventre, cette légèreté. Et puis cet amour qui les unit, je trouve ça trop chouette. […] Guillaume est un super partenaire et on s’éclate vraiment à jouer ensemble, donc c’est un plaisir. Comme on partage beaucoup de séquences, c’est quand même mieux de bien s’entendre. Je m’entends bien avec beaucoup de monde, mais quand il y a une petite alchimie particulière, c’est encore mieux. Et là, c’est le cas. J’adore toujours autant la relation entre nos personnages : Barbara, qui est un peu fan de tout ce que fait Louis et qui l’admire énormément, ça me fait marrer.

Ça a été compliqué au début de vous apprivoiser l’un et l’autre ?
Non, ça s’est fait assez naturellement. D’autant que nous avons commencé par tourner des scènes marrantes, où mon personnage avait un gros crush et se faisait recaler. Louis n’était pas du tout dans l’optique de faire une rencontre. Commencer directement avec ces scènes de loose pour Barbara, et en rigoler ensemble, nous a je crois aidés à nous rencontrer dans le jeu et à nous décomplexer vis-à-vis de la suite.

Récemment, vous avez joué dans une autre intrigue assez marrante, une intrigue de chasse aux trésors pourrait-on dire…

C’était vraiment trop marrant, parce qu’on avait déjà une dream team de copains. J’adore jouer avec la team du bar, j’adore tourner avec eux. Je trouve que cette équipe fonctionne parfaitement. Quand je vois toutes les scènes avec des coups de feu, où tout le monde court partout, se balance des vannes, je me rends compte que c’est fluide, rythmé, effervescent. Les retrouver est toujours un plaisir, et puis ce ne sont pas les derniers pour rigoler.
Sur l’intrigue de la chasse aux trésors, c’était franchement bien trouvé. Se dire que nous quatre allions faire un casse, c’était quand même la blague du siècle ! L’histoire était bien dosée entre suspense et comédie, et très bien écrite.

On n’était pas devenus des ceintures noires de karaté ou des super-héros ninja, mais on n’était pas non plus de gros boulets. Il y avait quand même un enjeu super fort, donc on ne pouvait pas faire n’importe quoi ni basculer uniquement dans la comédie.
Personnellement, j’ai trouvé les séquences très drôles. Et puis, ça, c’est Plus Belle la Vie : une intrigue chorale, avec beaucoup de personnages, et ça plaît beaucoup au public.

[…] Puis, nous avons accueilli David Baïot. C’était surprenant et en même temps une évidence. Je ne sais pas ce qu’en pensent les gens, mais moi, je trouve qu’il faut absolument qu’il reste au bar avec nous. Il apporte plein de choses, une fraîcheur. Son personnage est cash, drôle.

Et je pense que les fans sont heureux aussi de retrouver un ancien récurrent…
Oui, les fans étaient attachés au personnage de Djawad. Il y a des personnages comme ça qui sont aimés, et les gens sont contents lorsqu’ils restent. Et ça tombe bien parce qu’a priori, on va encore les voir : les Djawad, les Baptiste… ce sont des personnages que le public adore.

Quand vous recevez les textes, quelles sont vos premières interrogations ? Et avez-vous déjà des idées, rien qu’en lisant, de la façon dont vous allez jouer les séquences ?

Globalement, je suis une bonne cliente : je marche à fond dans toutes ces intrigues et je suis trop contente à chaque fois de découvrir ce qui va m’arriver. Je suis toujours en suspense, chaque semaine, à me demander : « Qu’est-ce qu’ils vont m’écrire ? » Et je suis rarement déçue. Sur l’interprétation, si je ne l’ai pas d’office, je la cherche. Souvent, je lis et je vois exactement comment réagirait Barbara dans telle ou telle situation. Après, mon but, c’est aussi de ne pas toujours aller dans l’évidence, d’essayer parfois de trouver quelque chose de plus intéressant ou de plus marrant. Quand je reçois une scène que je trouve déjà très bien écrite, j’adore tenter d’y rajouter une petite touche.

Que ce soit une impro, une phrase à la fin, un déplacement que j’imagine… sachant que tout peut être chamboulé sur le plateau si le réalisateur a prévu autre façon de faire.

Vous avez eu des retours de fans sur la nouvelle version de PBLV ?
Sur cette nouvelle version, j’ai l’impression que les gens apprécient. Ils trouvent ça peut-être un peu plus rythmé, notamment parce que les intrigues principales durent un peu moins longtemps. Avant, je me souviens que ça pouvait s’étaler sur un mois et demi, voire deux mois. Là, c’est vrai que ça avance plus vite, on passe rapidement d’une intrigue à une autre. Et ce qui me plaît beaucoup, c’est qu’ils gardent souvent les conséquences de ce qui s’est passé dans une arche pour nourrir la suivante. Je trouve qu’il y a plein de choses qui se lient, dont on reparle, avec des petites allusions. Et ça, j’adore. Vraiment, ça ajoute des couches à nos personnages, ça les nourrit. Pour nous, comédiens, c’est génial.

Interview réalisée au Festival de la Fiction de La Rochelle 2025 (format 10 minutes)

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