[INTERVIEW] – ENCHAÎNÉS – LAURE DE BUTLER, RÉALISATRICE HUMANISTE : « C’est pour ça que je veux faire ce métier, pour faire ces voyages humains »

À l’occasion de la sortie de Enchaînés sur France.tv, la réalisatrice Laure de Butler nous plonge dans les coulisses de la création de la série et de l’épisode 1, qui s’ouvre sur une scène immersive et importante : une tempête qui ravage les plantations de Charles Bellevue et… sa vie.
Tournée sous la chaleur écrasante de La Réunion, cette fresque historique explore autant les corps que les âmes, portée par une direction d’acteurs subtile. Entre travail de préparation, recherche de vérité et intensité émotionnelle, la réalisatrice revient avec nous sur un projet profondément humain et nécessaire.

Quelles ont été vos impressions, en tant que réalisatrice et citoyenne, en découvrant le scénario de la série ?
Je me suis dit que c’était un sujet rare, peu traité à la télévision – un peu au cinéma, mais en tout cas, cela faisait longtemps qu’on n’y avait pas été confrontés. C’est une part de l’Histoire encore très méconnue, et il me semblait important d’en parler.
J’ai aussi été frappée par la dimension romanesque du récit, qui m’a beaucoup plu. Et ce qui m’a particulièrement interrogée, c’est le caractère non manichéen des personnages. J’aimais cette trajectoire, le fait que rien ne soit simple et qu’il existe des zones d’ombre de tous les côtés.

C’est un scénario qui m’a profondément remuée. Quand je lis un projet, j’essaie de le faire avec un regard de spectatrice, mais j’y parviens rarement : le regard de réalisatrice prend très vite le dessus. La lecture m’emmène alors immédiatement vers un univers visuel – ou non. Ici, j’ai tout de suite été séduite par le voyage proposé : La Réunion, la temporalité, cette terre encore peu filmée et peu exploitée… Toute cette nouveauté m’a vraiment enthousiasmée. Ensuite, il y a la dureté du sujet – les scènes de fouet, les rapports de domination. Je les perçois immédiatement comme un défi. Dès que je me dis : « Waouh, comment va-t-on raconter cela ? Comment traiter une histoire comme celle-ci avec toute la responsabilité qu’elle implique ? », cela fait émerger des curseurs très stimulants, presque à la frontière du danger. Et c’est précisément ce qui rend le projet singulier, particulier, atypique.

Justement, de quelle façon s’empare-t-on d’un tel scénario, d’un sujet aussi fort, pour en composer la réalisation ? Quelles ont été vos ambitions artistiques pour être la plus sincère et crédible possible ?
Il y a d’abord eu tout un travail de recherche. Les auteurs, Alain Moreau et les deux autrices avec lesquelles il a écrit, ont collaboré tout au long de l’élaboration du scénario avec un historien, Albert José, qui était en quelque sorte le garant de la crédibilité historique. Ils se sont véritablement plongés dans cette période. Par ailleurs, Alain Moreau étant réunionnais, il portait aussi en lui cet héritage.
À mon arrivée sur le projet, il m’a transmis plusieurs ouvrages, ce qui m’a permis de me documenter à mon tour. Ensuite vient le travail artistique. L’écriture proposait déjà ce huis clos dans une habitation, sous le soleil, et cela m’a tout de suite évoqué des références de western, mais aussi des films de prison à ciel ouvert, avec cette attention – toute relative – portée à la notion de « famille » que formaient maîtres et esclaves. À partir de là, l’artistique vient se greffer naturellement. Par exemple, pour les costumes, nous avons mené de nombreuses recherches afin de déterminer quels types de tissus circulaient à cette époque : s’agissait-il de productions locales ou d’importations ? En l’occurrence, beaucoup de tissus provenaient d’Inde, avec des couleurs très particulières et très fortes. Même démarche pour les décors. C’est un travail de recherche très différent de celui mené sur une série contemporaine.
Une fois cette base historique acquise et assimilée, la fiction peut reprendre un peu le dessus. J’avais notamment envie de rendre hommage à de grands films romanesques comme Autant en emporte le vent, mais aussi à des œuvres comme Avril brisé.

C’est vrai qu’en tant que spectateur, on ne pense pas toujours à tous ces détails, comme le choix des tissus pour les costumes…

C’est justement ce qui est excitant dans un projet d’époque. Et pour moi, c’était une première, ce qui a aussi beaucoup compté. Cela faisait longtemps, avec le producteur Alexandre Boyer, que nous cherchions un projet à faire ensemble. Lorsqu’il m’a proposé celui-ci, j’ai immédiatement été attirée par l’ampleur du travail artistique. Toute cette recherche a été passionnante. Lorsque nous avons découvert que les tissus provenaient d’Inde, avec des teintes liées aux plantes utilisées à l’époque dans ces régions, cela a nourri une réflexion très poussée sur la cohérence visuelle, notamment sur la colorimétrie de l’image, qui est essentielle pour moi.

J’avais déjà tourné à La Réunion lorsque j’étais assistante, donc je connaissais déjà un peu l’île, visuellement, physiquement et émotionnellement. C’est un territoire d’une grande intensité, qui porte parfaitement son surnom d’île intense. C’est aussi une terre où le vert est omniprésent, presque envahissant, avec une nature luxuriante et profonde, déclinée en une multitude de nuances. Je ne pouvais pas faire abstraction de ce vert : il fallait l’embrasser, l’assumer.
Parallèlement, je souhaitais travailler sur des teintes plus organiques – les marrons, les ocres, les noirs – en lien avec la terre et la peau des esclaves. À partir de cette base, entre un vert très présent et des tonalités plus sombres, il fallait trouver des couleurs capables de créer du contraste. C’est ce qui a guidé le travail sur les costumes ainsi que celui sur les décors.

La série s’ouvre sur une tempête qui ravage les plantations de Charles Bellevue, et vous avez vous-même dû faire face à une véritable tempête. Pouvez-vous nous raconter cet imprévu ?

Absolument. La fiction a complètement dépassé la réalité. Nous étions en préparation sur La Réunion depuis plusieurs mois. Le tournage approchait – nous étions à une semaine du début – et nous avions déjà pris la décision de le décaler légèrement, sachant que nous entrions dans la période cyclonique. Nous espérions ainsi passer entre les mailles du filet… mais cela n’a pas suffi.
Nous avons commencé à entendre parler du cyclone Garance, qui se rapprochait de manière assez inquiétante, sans que l’on sache précisément quand il frapperait ni quelle serait son intensité. La date de l’impact n’a cessé d’être repoussée – ce qui est généralement mauvais signe, car cela signifie que le cyclone gagne en puissance.

Le jour où tout s’est précisé, nous étions en repérage au Maïdo. Il était huit heures du matin lorsque le producteur exécutif nous a appelés : le cyclone allait toucher l’île dans la nuit. L’annonce officielle est tombée quelques heures plus tard : confinement à partir de seize heures. Il fallait rentrer immédiatement et préparer nos maisons – sans vraiment comprendre ce que cela impliquait. Nous avons alors vécu trois jours confinés, enfermés, sans aucune visibilité sur l’extérieur. Le vent était d’une violence extrême, des objets se brisaient tout autour de nous. C’était une expérience très impressionnante, d’autant plus que nous ignorions combien de temps cela allait durer et quelles en seraient les conséquences. Lorsque l’alerte a été levée, nous avons découvert l’ampleur des dégâts : la nature était ravagée. Mon chef décorateur m’a appelée pour m’annoncer que le décor principal – la maison choisie pour l’habitation Bellevue, sur laquelle nous travaillions depuis deux mois – avait été détruit. La case des esclaves que nous avions construite n’existait plus. Lorsque nous avons pu accéder au site, il ne restait qu’un amas d’arbres. C’était terrifiant.
Au-delà du choc, cette expérience a été profondément marquante humainement. On se sent soudain très petit, très dépendant de la nature. Cela nous a aussi appris une forme d’humilité : il n’y avait rien d’autre à faire que de s’adapter. J’ai appelé mon producteur, Alexandre Boyer, pour lui dire que la situation était critique. Il était impossible de tourner dans ces conditions à court terme. Nous avons dû prendre des décisions rapides : décaler le tournage, sans trop l’éloigner pour ne pas perdre les acteurs ni les autres décors – un véritable casse-tête logistique et financier. Mais face à cela, il y a eu une solidarité incroyable. Toute l’équipe s’est mobilisée, et l’île elle-même fonctionne beaucoup sur l’entraide dans ce type de situation. Cela a créé une véritable cohésion de groupe. Nous avons repris les repérages, reconstruit ailleurs, réorganisé le plan de travail.
Cette contrainte a même eu un impact direct sur l’écriture. Le début de la série devait initialement se dérouler en extérieur, avec une tempête vécue à ciel ouvert. Mais cela n’était plus possible : la nature était déjà dévastée. Ayant moi-même vécu le cyclone de l’intérieur, j’ai proposé de repenser cette ouverture en plaçant les personnages à l’intérieur de la maison. Cela nous a permis d’introduire une dimension symbolique forte, presque comme dans le conte des Trois Petits Cochons : les maîtres, protégés dans une maison solide, face aux esclaves, relégués dans des habitations précaires. Cette opposition, posée dès le départ, a finalement servi la série.

Le tournage a été particulièrement compliqué. Il a presque fallu « reconstruire » l’île. Les hélicoptères étaient omniprésents, acheminant du matériel au-dessus de nos têtes – ce qui, évidemment, posait un vrai problème pour une histoire censée se dérouler en 1806. Nous devions interrompre régulièrement les prises pour laisser passer les équipes et les opérations logistiques. À cela se sont ajoutées les “queues” du cyclone : de violentes pluies tropicales, qui nous obligeaient à suspendre le tournage, à protéger le matériel, puis à attendre que les conditions s’améliorent avant de reprendre. Le tournage a donc été chaotique. Mais au cœur de cette difficulté, il y a eu une véritable solidarité, une entraide presque décuplée, comme si le cyclone avait renforcé nos forces vives – à l’image de ce que traversent les personnages dans la série. Cela a été un déclencheur fort : il a fallu faire front ensemble. Et, d’une certaine manière, c’était aussi quelque chose de très beau.

Cette séquence d’introduction est particulièrement impressionnante. Comment l’avez-vous tournée ? Comment simule-t-on une tempête ?
Nous avons travaillé avec des équipes SFX, qui installent des rampes à pluie un peu partout sur le plateau. Nous utilisions également d’immenses ventilateurs, d’une puissance impressionnante, bien plus hauts qu’un être humain – nous en avions trois. Ensuite, tout se met en place : les équipes déclenchent la pluie et les ventilateurs. En amont, la décoration installe des éléments capables d’être projetés ou déplacés. Par exemple, nous envoyions des branches devant les turbines pour créer des effets de projection et renforcer l’impression de chaos. L’équipe technique est évidemment très préparée : tout le monde est protégé, y compris les caméras, mais chacun reste plongé au cœur de la tempête, dans des conditions assez extrêmes.
Pour l’effondrement de la cabane, nous avons utilisé des vérins, installés par les SFX et actionnés à l’aide d’une machinerie spécifique, permettant littéralement de soulever et de désarticuler la structure. C’était une séquence particulièrement excitante à tourner.

Comment vous êtes-vous approprié l’environnement de La Réunion pour l’intégrer à votre réalisation ? Vous évoquiez les teintes vertes : y a-t-il d’autres éléments qui ont nourri votre approche ?

J’ai un rapport très sensoriel à la nature : cela passe beaucoup par l’observation, mais aussi par le ressenti. J’avais envie de travailler la chaleur, de faire exister ce soleil omniprésent. C’est une île où, à certains endroits, il y a très peu de vent, ce qui rend l’atmosphère immédiatement étouffante. Tout cela m’a amenée à explorer l’idée d’une “horreur au soleil”. Contrairement à certaines représentations classiques, l’horreur n’est pas forcément liée à l’obscurité ou à des lieux glauques. On la retrouve aussi dans des univers très lumineux – comme dans certains westerns – où le soleil devient presque plus anxiogène encore. Je voulais donc mettre cette chaleur en avant et entourer constamment les personnages par la nature. Car aujourd’hui déjà – et plus encore à l’époque – elle était omniprésente, et les hommes vivaient en interdépendance totale avec elle. La nature devait être un personnage à part entière de la série, d’autant plus que c’est elle qui impose son rythme, notamment avec l’arrivée du cyclone.

Avez-vous pu vous servir des dégâts causés par la tempête pour nourrir la première partie de l’épisode 1 ?

C’est un peu l’ironie du sort. Mon chef décorateur, avec qui j’avais déjà travaillé sur La Promesse, avait une certaine expérience pour raconter un après-tempête. Mais cette fois, le travail n’a pas été de détruire, plutôt de reconstruire par endroits. Les effets visuels nous ont d’ailleurs beaucoup aidés : après le passage du cyclone, la végétation avait été tellement endommagée qu’on redécouvrait des éléments modernes en arrière-plan comme la ville. Il a donc fallu les effacer en postproduction.
Concernant le premier plan, lorsque Charles sort de la maison et découvre les dégâts, nous l’avons tourné au tout début, en conservant un maximum de traces de la tempête. Nous avions dégagé le sol pour pouvoir circuler, mais tout ce qui concernait les arbres – brisés, étêtés, fragiles – était réel. Ce sont des choses que nous n’aurions jamais pu recréer de manière crédible. Même constat pour les champs de café. D’une certaine manière, la nature avait déjà travaillé pour nous. Et oui, nous en avons profité.

Vous évoquiez la chaleur. C’est quelque chose qui se ressent fortement à l’image, tout comme cette sensation d’enfermement, avec une île qui devient presque une prison à ciel ouvert…

L’idée, c’était justement de renforcer cet enfermement visuellement, en ne montrant jamais ce qui se passe ailleurs sur l’île. Rester avec eux, dans ce petit monde qui est le leur, et qu’ils pensent unique. Il y a bien cette promesse, à travers des rumeurs qui commencent à circuler. Il faut savoir que la série se déroule en 1806. En 1812 aura lieu la première grande révolte d’esclaves à Saint-Leu. Ici, on est encore au stade des premiers frémissements : l’idée qu’une autre vie est possible, que certains parviennent à s’échapper, qu’il existe peut-être quelque chose au-delà des habitations. Mais cela devait rester une promesse. Un imaginaire.
Ensuite, il y a tout le travail sur la chaleur, qui accentue ce sentiment d’accablement. Nous avons joué sur les optiques, mais aussi beaucoup avec les équipes maquillage, pour obtenir cette texture de peau brillante, presque ruisselante, et donner en permanence cette sensation d’écrasement.

Une partie de l’intrigue repose sur le duo entre Enzo Rose et Olivier Gourmet. Pouvez-vous nous parler de cette relation et de votre direction d’acteurs sur la série ?
J’ai toujours tendance, presque malgré moi, à mettre l’humain au premier plan, même chez les personnages les plus sombres. Je pars du principe qu’il y a toujours une part d’enfance, d’humanité, qu’il faut aller chercher. Olivier a naturellement cette stature imposante, et dégage aussi une forme de mystère. C’est quelqu’un de pudique, alors il peut paraître un peu difficile d’accès au premier abord, ce qui était très intéressant pour le personnage de Charles. Ce n’est pas un acteur qu’on dirige à proprement parler : c’est quelqu’un avec qui on échange. Il a une telle intelligence du personnage, du sous-texte, de ce qui se joue au-delà des mots… que le travail consiste surtout à chercher la nuance, l’amusement, à affiner. C’est une chance de travailler avec un acteur de cette qualité. L’enjeu avec lui, c’était de questionner la part d’humanité de Charles : où se situe-t-elle, et à quel moment peut-elle s’exprimer – ou non.

Concernant Enzo, il s’est imposé assez vite lors du casting. Nous avions vu beaucoup de comédiens sans trouver, puis il est arrivé dans une seconde vague et nous a immédiatement touchés par sa sensibilité. C’est un acteur très à fleur de peau, avec une grande sincérité. Il correspondait parfaitement à Isaac et à la trajectoire du personnage. Il a moins d’expérience qu’Olivier, donc l’accompagnement a été plus présent. Nous avons beaucoup échangé, cherché ensemble, pour trouver une forme de vérité dans les scènes. Mais il était tellement investi que c’était un vrai plaisir de travailler avec lui.

Entre les prises, Olivier venait souvent le provoquer, le bousculer un peu. Au début, cela a déstabilisé Enzo, puis il a compris que c’était du jeu… et c’est devenu un véritable terrain d’échange entre eux. Et ça se ressent à l’écran. C’était très émouvant de voir naître ce dialogue, qui était aussi le leur.

Y a-t-il des scènes qui ont été particulièrement éprouvantes à tourner ? Je pense notamment aux séquences de fouet.
Oui, définitivement les scènes de fouet. On savait que c’étaient des moments clés. La séquence du deuxième épisode, notamment, marque un tournant décisif pour le personnage d’Isaac. Nous avons mis une journée entière à la tourner, et nous savions tous que ce serait une journée difficile. Comédiens comme non-professionnels – et je tiens à le souligner, car il y a eu un véritable travail collectif – avaient la boule au ventre. Même si l’on sait que tout est fabriqué, qu’il y a les caméras, que le fouet est faux… l’intensité émotionnelle prend le dessus. Ce furent des journées très concentrées, mais aussi éprouvantes. Il fallait parfois relâcher la pression. Le soir, on mettait de la musique, on dansait… il fallait expulser ce que l’on venait de vivre.

Je me souviens qu’Enzo passait par des vagues émotionnelles très fortes, entre rires et larmes. Il était complètement traversé par le rôle. Et puis, il ne faut pas oublier qu’on est loin de chez soi. C’est là où ce métier est merveilleux. Ce n’est pas juste un travail, c’est un voyage humaniste. On avait conscience, tous, qu’on faisait quelque chose de fort, on en prenait soin et c’était hyper beau. Moi, c’est pour ça que je veux faire ce métier, pour faire ces voyages humains. 

Enchaînés, dès le 30 avril sur France.tv

* Ma critique de la série est à retrouver ici.
* Mon interview avec Olivier Gourmet est à retrouver ici.

Crédits photos de tournage : David Pagnoux-Bousquet, second assistant caméra.

Synopsis
Île Bourbon, 1806.
Après un cyclone dévastateur, l’habitation Bellevue est ravagée. Bien qu’au bord de la ruine, le propriétaire Charles Bellevue décide de se battre pour redresser son exploitation. En récompense de son sang-froid pendant le cyclone, un jeune esclave nommé Isaac se voit promu commandeur. C’est désormais lui qui fera claquer le fouet. Après des années de bons et loyaux services, Isaac sera peut-être un jour affranchi et deviendra un homme libre.  En attendant, le jeune homme se retrouve dans une position détestable. Une situation d’autant plus difficile que Charles Bellevue n’est pas seulement son maître. C’est aussi son père.

Casting : Olivier Gourmet, Enzo Rose, Elsa Lepoivre, Baptiste Carrion-Weiss, Théa Burdin, Francis Canvert, Eric Caravaca, Lula Cotton-Frappier, Lolita Tergémina, Edmond Gomis, Alséni Bathily…