PILOTE : LA PREMIÈRE RÉALISATION PERCUTANTE DE PAUL DOUCET (INTERVIEW AVEC L’ÉQUIPE DU FILM + CRITIQUE)

Le 10 mai prochain, OCS sortira une de ses nouvelles créations originales : Pilote.
Un premier film pour Paul Doucet après une décennie d’attente et une révélation pour le cinéma français qui continue de voir émerger les futurs talents de demain. Avec Pilote, le réalisateur impose déjà une identité visuelle forte et des idées narratives audacieuses. De leur côté, les producteurs Éric Gendarme et Thomas Lubeau de chez Full Time Studios, eux, confirment leur attachement à développer des premiers longs-métrages dans une ligne éditoriale toujours aussi passionnante et offrir leur chance à des jeunes metteurs en scène en quête d’histoire à raconter. Après Mathieu Turi, Paul Doucet fait donc lui aussi une entrée éclatante dans le milieu du 7ème art et intègre cette nouvelle génération prometteuse, dont la France a besoin pour créer un souffle inédit à la production cinématographique française.

Entretien avec Paul Doucet et les producteurs Éric Gendarme et Thomas Lubeau : genèse du projet, production, coulisses du tournage, casting, ils évoquent tous les secrets de la fabrication de Pilote.

Racontez-nous la genèse du projet…
Cela fait 10 ans que je connais Éric et Thomas. Le cinéma fonctionne par génération. Il y a eu la génération Xavier Gens, Christophe Gans, Pascal Laugier, Nicolas Boukrief. Et la nouvelle qui commence à pousser avec notamment Guillaume Pierret, Pascal Sid, Mathieu Turi, François Descraques, Julien Mokrani et Samuel Bodin… dont une bonne partie traînait sur le fameux forum des vidéastes amateurs. À l’époque, il n’y avait pas beaucoup de sites internet qui parlaient de la conception de film et on s’est tous retrouvé là-bas. C’était un petit éco-système. Éric et Thomas traînait sur ce forum et c’est ici qu’on a fait connaissance. Puis, ils se sont lancés dans la production. Pendant 10 ans, chaque année, je leur ai envoyé environ 2 scripts. Ils me répondaient « non », à chaque fois. Et ils avaient raison car les scénarios n’étaient pas assez bons. Néanmoins, ils prenaient toujours le temps de lire, de me conseiller. J’ai continué d’écrire jusqu’à ce que je pitche le projet « Pilote » à Éric qui a été séduit.
Il y a plusieurs éléments qui se sont croisés pour réaliser Pilote. Je voulais d’abord avoir un concept fort mais qui ne coûte pas cher. Ensuite, traiter de l’actualité. Les américains le font parfaitement et de manière très rapide, ils sont réactifs sur les sujets d’actualité. En France, on l’est moins. François Hollande venait de déclarer la guerre aux djihadistes au Mali. Je me disais qu’il y avait un sujet intéressant à mettre en lumière. Toutefois, faire un film de guerre qui ne coûte pas cher c’est presque mission impossible et le huis-clos s’est imposé. J’avais vu Unfriend : Dark Web et, l’astuce de tourner un screen-life où tout est raconté par les écrans des protagonistes, me paraissait jouable. Cela permet à la fois d’être en huis-clos mais aussi de jouer avec tout ce qu’on ne voit pas. C’est ainsi qu’est né le projet « Pilote ».

Pourquoi une sortie sur la plateforme OCS ?
Éric Gendarme : Entre septembre 2020 et décembre 2020, on commençait à envoyer le projet à tout le monde dont OCS. Nous avions déjà un distributeur France pour le sortir en salles. Puis, OCS est arrivé avec une proposition et, devant l’inconnu, puisque les salles de cinéma étaient fermées, nous nous sommes dit que c’était plus sûr pour nous de partir sur un projet plateforme. Ce projet s’y prête bien car c’est un screen-life movie, les jeunes peuvent le regarder sur leurs écrans.

Thomas Lubeau : Avec un marché qui allait être saturé, Pilote n’aurait peut-être pas eu une bonne visibilité d’autant que c’est un film qui n’attirerait pas un grand public. La proposition d’OCS était vraiment intéressante dans le sens où nous allions avoir une meilleure exposition et une meilleure promo que si nous étions passés par le cinéma.

Quelles sont les qualités principales d’Éric Gendarme et Thomas Lubeau, selon vous ?
Ils s’attachent à une seule chose essentielle : le script. Ils ne sont pas dans cette logique de ne réaliser que des premiers films. Si demain un réalisateur plus chevronné vient les voir avec un script béton et avec une économie viable, alors ils seront ravis de l’accueillir. Alfred Hitchcock disait : « un film, c’est trois choses : un script, un script et un script ». On peut avoir un excellent casting et une super équipe technique, si le scénario n’est pas à la hauteur, le film sera bancale. Ça, ils en ont conscience. C’est pour ça que je les remercie d’avoir refusé mes projets pendant 10 ans, parce que ça m’a permis de bosser mon écriture encore et encore. Quand ils ont accepté de produire Pilote, nous avons fait pas moins de 23 versions sur une période de 6 à 9 mois. Une fois que le scénario a été validé, le film s’est monté rapidement. C’est ça, je pense, leur qualité principale, s’investir à l’écriture. Tant qu’ils ne seront pas satisfaits du scénario, même si cela prend 3 mois de plus, ils continueront de bosser dessus.
Leur deuxième qualité, c’est de savoir entourer leur réalisateur. Leur préoccupation première, ce n’est pas de prendre une grande marge sur le budget d’un film, c’est de l’investir correctement à l’écran. Et pour que l’argent soit à l’écran, il faut que l’équipe technique soit expérimentée. Moi j’étais un novice et j’étais entouré de vrais professionnels, qui ont des CV longs comme le bras.

Où et comment le film a-t-il été tourné ?

Sur un film classique, on filme en champ/contre-champ. Nous, nous avons fait autrement en plaçant tous nos acteurs face caméra : les dronistes et ceux dans la chambre d’hôtel. Nous avons fait cela pour une raison principale, quand tous les acteurs jouent en même temps, tu as un niveau de jeu qui monte et permet des petites improvisations. Lorsque des acteurs jouent de manière désynchronisée, où un champ est tourné un jour et le contrechamp le lendemain à cause de contraintes de calendrier, tu perds cette spontanéité. Sur Pilote, on a créé plein de nouvelles situations, plein de petits changements par rapport à ce que j’avais écrit et que j’ai gardé au montage. On avait donc besoin de construire 2 décors de cabines de drones + un décor de chambre d’hôtel.

Nous avons donc tourné dans les locaux de Full Time à Paris, qui a un espace de 150m2. 3 décors ont été conçus dans cet espace. Il fallait parfois slalomer pour passer entre les décors, mais ça avait l’avantage pour les acteurs de jouer à l’unisson tout en restant isolé phoniquement les uns des autres. Isolé mais très proche à la fois car, entre deux prises, il n’y avait qu’une porte à ouvrir. On pouvait alors discuter ensemble, améliorer tous ensemble des choses qui n’allaient pas.
[…] On a tourné le film sur seulement 9 jours et nous réalisions parfois sur une seule journée, 35 minutes utiles. Je peux vous dire que 35 minutes de film sur une journée, c’est de la folie furieuse. Et ce jour-là, il y avait une grosse pression. Parfois, j’aurais aimé une prise supplémentaire, avoir plus de temps pour retravailler un point avec les acteurs. Mais c’était le deal. Tout le monde était au courant. C’était épuisant mais le résultat en valait la chandelle. […] On a tourné à 5-6 caméras car on filmait plein de choses en même temps. Même si notre tournage était réduit, on s’est rendu compte qu’on avait autant de rush, sinon plus, que sur un tournage classique de plusieurs semaines.

La partie censée se dérouler au Mali, devait initialement être tournée au Maroc. La COVID est arrivée et le Maroc repoussait la réouverture de ses frontières. Au bout d’un mois, la situation devenait compliquée, car nous devions absolument tourner avant que d’autres ne partent sur d’autres obligations professionnelles. Deux choix s’offraient à nous : l’Espagne ou l’Europe de l’Est. On est parti sur l’Espagne qui possède des déserts intéressants. C’est dans la région d’Alméria qu’on a réalisé les extérieurs. Nous sommes d’ailleurs tombés sur les restes d’un décor d’un film de Ridley Scott « Exodus ». Il y a un des décors d’un des villages qui a été construit pour le film qu’on a transformé en village malien et qui sert dans une des toutes premières scènes du film : un assaut de nuit. Cela nous a donné de la production value en étant malin.

Pour concevoir les screen-life (moniteurs) est-ce que vous avez fait appel à un « consultant drone » et, aviez-vous des consultants militaires sur place pour vous aider sur les scènes d’actions extérieures ?
Sur la partie drone, nous n’avons pas eu accès aux informations. Nous nous sommes basés sur un film américain « Good Kill » avec Ethan Hawke, qui est pilote de drone. On a aussi fait des recherches sur internet car on peut désormais trouver des images fuitées des interfaces. Ensuite, on a créé nos propres interfaces en essayant de leur donner un côté pratico-pratique. Nous ne voulions pas que nos interfaces soient belles mais qu’elles aient l’air efficace. On triche d’ailleurs un peu puisqu’on a réuni toutes les informations sur un seul écran alors qu’en réalité les pilotes de drones ont 2-3 écrans autour d’eux, chacun étant dédié à une typologie d’informations bien spécifique.

Nous avons envoyé le scénario au service média des armées afin d’avoir un retour sur l’aspect réaliste de notre fiction. Il se trouve que j’ai un beau-frère dans l’armée. Il m’a aussi fait un retour avec quelques points à retravailler. Globalement, nous avons un film qui tient la route sur le plan du réalisme. Il y a une unique entorse à la réalité mais nous en avions besoin : les familles ne sont pas autorisées à venir sur les théâtres d’opérations. Sur le reste, nous avons essayé d’être le plus réaliste possible. Sur le tournage, nous avions un consultant technique, en service actif, pour coacher nos acteurs à la fois sur le côté soldat – les aider à se mettre dans l’état d’esprit d’un militaire – et pour accompagner les terroristes sur la posture, l’attitude. Pour les séquences en Espagne, notre régleur a pas mal travaillé sur les déplacements.

Je crois savoir que c’est votre femme qui vous a soufflé la fin du film… (sans spoilers)
J’avais une première fin assez scooby-doo, et nous n’en étions pas contents avec Éric et Thomas. C’était un vrai casse-tête. Heureusement, j’ai deux lectrices de mes projets : ma mère et ma femme. Ma compagne a de suite trouvé la solution. Lorsqu’elle m’a soufflé l’idée pour cette fin, ce fut une évidence. La fin actuelle qui, je pense, est très efficace, vient d’elle. Tous les retours que nous avons a présent nous confortent dans l’idée que nous avons bien fait de suivre cette option.

Était-ce difficile pour Hugo Becker de tourner des scènes aussi violentes émotionnellement, dans un cadre fixe comme celui-ci ? Et pourquoi le choix de cet acteur en particulier ?
Oui et non. Pour la petite histoire, lorsqu’on a fini le script avec Éric et Thomas, on a dû se poser pour réfléchir au casting. On a réfléchi chacun de notre côté et quand nous nous sommes revus, il s’avère qu’on avait eu la même idée : Hugo Becker. Nous avons croisé les doigts et il nous a dit « oui » assez vite. Il est même revenu faire une séance d’écriture avec moi pour affiner certaines choses. Il s’est impliqué fortement dès le début et je l’en remercie.

Sur le tournage, le film repose en grande partie sur ses épaules. Sur cette journée de 35 minutes utiles dont je parlais tout à l’heure, nous lui avons fait faire des ascenseurs émotionnels sur un court laps de temps et, lorsque tu t’investis émotionnellement, c’est épuisant pour un acteur. Ce fut des journées difficiles pour lui, vraiment. Il n’a rien lâché. Je lui tire mon chapeau. Je souhaite à tout le monde de tourner avec des acteurs aussi investis que lui. Mais nous ne l’avons pas trop traumatisé puisque pour l’anecdote, lors du tournage en Espagne, Hugo est venu nous voir. Il joue un des terroristes qui se fait tuer dans une des maisons. Il est bien caché (rire). Ça prouve qu’il était content et motivé de travailler avec nous.

J’avais repéré Hugo dans Baron Noir. Toutes les séances où il était avec Kad Merad étaient très réussies. Puis, pour créer de l’empathie avec le personnage de Daniel, il me fallait un acteur avec une tête sympathique, que les filles trouvent beau gosse et que les garçons aient envie d’aller boire un verre avec lui. Hugo dégage ça. Mais plus que ça, je souhaitais un acteur qui sache jouer et Hugo a un CV qui parle pour lui. Enfin, avec le format du tournage, il me fallait un comédien qui soit impliqué et sache mouiller la chemise. Thomas l’avait croisé notamment lorsqu’Hugo tournait L’Assaut. Il me disait qu’humainement, c’était un mec bien. J’ai aussi besoin de ça.

Concernant le reste du casting ?
T.L : On s’est tous mis d’accord sur Hugo, très rapidement comme le disait Paul. Rien qu’avec lui, on pouvait monter le film. OCS nous suivait. C’est la difficulté de monter un film, c’est un investissement et il faut avoir une tête d’affiche afin aussi d’avoir une exposition. Par la suite, nous devions avoir un casting autour de lui qui soit cohérent. Grégory est un ami, on lui a proposé. Il a adoré le scénario et même s’il n’est que trois minutes à l’écran, il nous as dit « oui ».
C’est Nathalie Cheron qui a construit le casting. Il s’est fait naturellement, empiriquement. Nathalie proposait, Paul acceptait ou non. On passait des essais et voilà.

E.G : Il y a des noms qui sortait instinctivement. Gregory, par exemple, mais nous n’osions pas le lui proposer car c’est un petit rôle. Eye Haïdara, on en a parlé très vite. On lui a demandé sans trop y croire pour être honnête. En lisant le scénario, elle a tout de suite accepté de nous rejoindre.

Une de vos spécialités, c’est de produire des premiers films. Qu’est-ce qui vous pousse à faire confiance à des jeunes réalisateurs ?
E.G : On reçoit beaucoup de premiers films, car les gens ont effectivement cette vision qu’on ne produit que des premiers longs-métrages. On reçoit néanmoins d’autres projets de réalisateurs plus confirmés. Mais il est vrai qu’on a aussi l’envie de construire une petite famille de cinéma, de travailler avec des personnes qu’on aime bien, et des artistes qui ont des choses à raconter. Ça ne nous déplaît pas.

T.L : Ce qui est cool avec le premier film, c’est qu’il y a une vraie plus value à ce que l’on fait. Nous préparons actuellement le 3ème film de Mathieu, mais nous avons beaucoup moins à lui apporter que sur le premier. Il sait ce qu’il veut, il sait où il va. Nous, nous aimons réellement accompagner les artistes et faire sortir des projets. C’est également notre rôle.

E.G : Nous sommes des producteurs proches du plateau et du réalisateur, il y a donc une logique à ce qu’on accompagne des premiers films. Les jeunes réalisateurs aiment se sentir soutenu par la production quand ils débutent. C’est le rôle d’un producteur.

Est-ce que vous recevez plus de projets, depuis le COVID ?
T.L : Je pense que Méandre a eu un succès d’estime et de savoir-faire, qui fait qu’aujourd’hui nous recevons davantage de projets qu’avant. Il y a aussi notre promotion sur les réseaux du tournage de Pilote, avec des têtes d’affiches comme Hugo Becker, qui a boosté les demandes.

E.G : Ce n’est pas lié qu’au COVID. Nous avons eu une activité post-COVID intense. Hostile est passé sur Canal + et Amazon, dans le même temps nous sortions Méandre au cinéma. Forcément, dès que tu as une plus grande exposition, tu reçois plus de scénarios.

AVIS – PILOTE : PERMIS DE TUER ?

Pilote conjugue habilement deux genres : le huis-clos et le film de guerre. La partie en huis-clos constitue la majeure partie du film. L’écran est alors partagé en 4 modules, où sont mis en scène les 4 pilotes de drones, derrière leur moniteur, dont Daniel (Hugo Becker) et sa collègue (Eye Haïdara). Ils supervisent ensemble les mouvements des troupes au sol et interceptent notamment tout véhicule dangereux qui s’approcherait de la zone de mission. Cependant, un odieux chantage va bouleverser la vie de Daniel : sa famille contre l’exfiltration d’un chef djihadiste. Depuis son poste, il doit manœuvrer pour exfiltrer le terroriste, tandis que sa famille est prise en otage dans une chambre d’hôtel qu’il suit en direct depuis son téléphone portable.

La structure narrative du film s’appuie sur un séquençage assez malin, dans lequel Paul Doucet échelonne tous ses rebondissements de manière à créer un ascenseur émotionnel saisissant pour ses personnages. Comme une partition musicale, le scénario de Pilote monte crescendo. Le piège se renferme progressivement sur Daniel, jusqu’à troubler la perception de son propre avenir. Les revendications des preneurs d’otage sont insurmontables à exécuter mais ne laissent parfois d’autre choix à Daniel que d’obtempérer malgré ses réticences. Des tirs à des endroits stratégiques contre la vie de sa femme et de sa fille. Paul Doucet maîtrise parfaitement son scénario, son rythme et les exigences que requiert un tel huis-clos. Outre l’aspect haletant que demande ce type de scénario, Paul Doucet y ajoute un ingrédient supplémentaire. Il prend le spectateur en otage. Otage des horreurs qui se déroulent sur les écrans interposés, otage des choix cornéliens et moraux auxquels Daniel est sauvagement confronté. Ainsi, c’est à travers les yeux de Daniel (et non plus à travers un regard extérieur aux événements) que le film se poursuit. Une manière de lier le spectateur à la souffrance de Daniel, à ses colères, à ses frustrations, à ses dilemmes, de l’investir émotionnellement, intimement dans cette histoire tragique. Par ailleurs, Pilote ne se contente pas de mettre en scène un banal chantage. Chaque décision prise aura des conséquences désastreuses, aussi bien dans la mission militaire en cours, que sur la famille de Daniel. C’est là que réside la force de Pilote, le courage dont le film fait preuve à ne pas édulcorer les situations dramatiques. Paul Doucet assume totalement les atrocités de la guerre, du terrorisme ou les conséquences d’un chantage et met en scène chacun de ses aspects avec une brutalité qui prend aux tripes. Et ça fonctionne ! Le film bouleverse, comme la prestation d’Hugo Becker, émotionnellement fragile et détruit. À mesure que la conclusion se profile, l’étau se referme et notre perception s’obscurcit. Y’aura-t-il un happy end ?

Conclusion

Pour sa première réalisation, Paul Doucet parvient à sortir des carcans du genre pour proposer une vision originale du film de guerre. Avec une partie en huis-clos, il maintient son film dans une tension permanente et livre un véritable long-métrage à suspens poignant et fracassant. En effet, Pilote est un film éprouvant, aussi bien émotionnellement que physiquement.