[INTERVIEW] – GUEULES NOIRES : ENTRETIEN AVEC AMIR EL KACEM : « Le décor a imposé le rythme, sa rigueur »

Sur le tournage de « Gueules Noires » à Angoulême, après une journée éreintante à courir dans tous les sens et à affronter une créature terrifiante, le comédien Amir El Kacem s’est confié quelques minutes sur cette aventure inédite.
Dans « Gueules Noires », il incarne Amir, un jeune d’origine maghrébine qui, espérant une vie meilleure, accepte de partir en France pour travailler dans les mines. Alors qu’il tente de s’intégrer au sein d’un petit groupe de mineurs disparate, Amir se retrouve embarqué dans un « voyage historique » au cœur des mines du Nord de la France. Là, ils découvriront une civilisation disparue et une créature monstrueuse prête à déverser sa rage sur le monde.

« Gueules Noires » est un projet unique dans le cinéma français. C’est ce qui vous a convaincu d’accepter ce rôle ?
C’est ça qui m’a donné envie d’y aller mais également les défis face à ce genre. Ce n’est pas des projets qui courent les rues, écrits de cette manière. C’était l’occasion de travailler avec Mathieu, se plonger dans son univers, qui est un univers à part entière, où les codes du tournage normal sont assez différents ici puisque c’est un film d’horreur. Le public nous attend autre part, il a des codes précis. C’était ça aussi le défi, le surprendre malgré tout. […] D’ailleurs, lorsque j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite compris où est-ce qu’on allait. Je n’ai pas eu besoin de beaucoup d’entrevues pour accepter car je sais que Mathieu va aller chercher des choses assez profondes, quitter les sentiers battus des tournages habituels, comme je le disais. C’est ce qui m’a plu chez lui. Puis, le casting était très intéressant. Comment refuser ?

De quelle façon avez-vous vécu cette immersion dans les décors du film, particulièrement rudes ?

Effectivement, les décors sont très durs. Nous avons tourné dans des mines, dans des grottes, c’est donc un décor que l’on subit. Nous sommes plongés dans le noir, nous ne respirions pas bien, il fait humide, il fait froid, mais nous sommes rentrés dans le moule au bout de 3-4 jours. De force parce que le décor a imposé le rythme, sa rigueur. Mon rôle a été imposé par le décor. En rentrant dedans, j’ai tout de suite compris que ça serait fatiguant. Cette fatigue s’est accumulée et ce sont des choses en moins à jouer parce qu’elle est réelle. La préparation s’est faite pendant le tournage parce qu’on ne peut pas préparer ce genre de rôle en amont. D’autant que mon personnage n’est pas mineur, il ne connaît rien à ce métier. Il quitte le Maroc pour venir trouver une vie meilleure en France. Il arrive tel qu’il est. J’ai simplement suivi le scénario et, à l’image de mon personnage, subi ce qui lui arrive et son environnement.

[…] Les journées étaient longues. Mathieu est un réalisateur pointilleux. Il veut un truc précis, il veut un jeu précis. Sa séquence, elle est déjà dessinée dans sa tête. Donc, pour un seul plan, il pouvait arriver qu’on la rejoue une dizaine voire une vingtaine de fois. Il faut savoir garder au fil des prises, la rigueur, le rythme, le jeu, il faut garder cette précision et, cela, c’est quelque chose de très particulier.

Image : Amir El Kacem, sur le tournage de « Gueules Noires » à Angoulême.
Crédit photo : Capitaine Cinemaxx (Loïc Marie).

Je vous ai vu sur le tournage courir un nombre incalculable de fois pour une seule scène…
Oui, courir, 10 fois, 30 fois, 50 fois s’il faut, et jouer derrière les émotions. C’était ça nos journées (rire).

Vous avez pu jouer en direct avec la créature. Est-ce que c’est une aide d’avoir quelque chose de « vivant » face à soi ?
Oui. Encore une fois, ce sont des choses en moins à jouer. Vous avez cette créature devant vous donc, la sensation de grandeur, l’espace qu’elle prend, nous n’avons pas besoin de l’inventer avec notre regard. Nous pourrions tomber dans l’habitude puisque nous la voyons tous les jours et ne plus être effrayé, mais si nous ne l’avions pas, nous le serions encore moins. C’est hyper bénéfique pour tout le monde, que ce soit les comédiens et l’équipe technique, d’avoir cette créature sur place, à nos côtés. Puis, cette fabrication est une prouesse technique. Ce sont des heures de création pour parvenir à ce résultat. La première fois que je l’ai vue, j’ai été impressionné ! On a envie de se rapprocher pour voir les détails, la matière…

Image : Amir El Kacem, sur le tournage de « Gueules Noires » à Angoulême.
Crédit photo : Capitaine Cinemaxx (Loïc Marie).

Courir, courir, courir !

. Vous pouvez retrouver mon interview avec Mathieu Turi, sur le tournage du film ici.
. Vous pouvez retrouver ma critique du film, ici.
. Et une interview avec Jean-Christophe Spadaccini, créateur du monstre, ici.

« Gueules Noires », actuellement au cinéma.

Casting : Samuel Le Bihan, Amir El Kacem, Bruno Sanches, Thomas Solivérès, Marc Riso, Diego Martin, Philippe Torreton, Jean-Hugues Anglade…

1 commentaire sur “[INTERVIEW] – GUEULES NOIRES : ENTRETIEN AVEC AMIR EL KACEM : « Le décor a imposé le rythme, sa rigueur »

Les commentaires sont fermés.