Iel est le nouveau visage de l’univers « Games of Thrones », Phoebe Campbell incarne Rhaena Targaryen dans le spin-off « House of Dragons ». Membre du jury de la 35ème édition du Festival du Film Britannique et Irlandais de Dinard, Phoebe Campbell s’est confié/e sur son expérience au sein de la série HBO MAX.
Le grand public vous connaît aujourd’hui grâce à votre rôle dans la série « House of Dragons », le spin-off de « Game of Thrones ». Vous venez du théâtre. Est-ce que votre formation théâtrale et le fait d’avoir joué dans des pièces classiques vous ont aidé à construire la posture et la façon de parler de Rhaena Targaryen ?
Le théâtre a eu une grande influence sur mon jeu et notamment, il est vrai, dans ma façon de m’exprimer mais aussi sur la manière de se comporter comme étant des membres d’une famille royale et d’autres choses de ce genre. Il y a beaucoup d’étiquettes à respecter dans les discours. Il est donc très utile d’avoir une formation théâtrale. Ces environnements monarchiques nous obligent à nous accrocher à une étiquette. Donc, ma formation théâtrale m’a bien entendu aidé/e à me sentir bien dans cet univers.
Vous avez joué dans des tragédies grecques. Ces pièces et « House of Dragons » peuvent avoir des similitudes dans leur approche politique et l’écriture des personnages… Vous le ressentez ainsi vous aussi ?

Jouer dans des tragédies grecques m’a énormément servi parce que le théâtre grec est tellement massif et les sentiments sont tellement grands, exactement comme dans « House of Dragons ». Est-ce similaire au monde dans lequel nous vivons bien qu’il donne l’impression d’être si petit parce qu’il est à l’écran ? C’est une excellente question parce que je n’avais pas pensé à ce lien avant, mais c’est certainement la raison pour laquelle j’ai trouvé que le monde d’« House of Dragons » était si évident à appréhender pour moi. On peut dire que c’est grâce aux Grecs, donc je vous remercie. Puis, les Grecs traitent effectivement de thèmes très similaires comme ceux de la famille, de la mort, de la tragédie et de la trahison. Je n’ai pas été déboussolé/e.
Les décors de la série sont toujours très impressionnants. De quelle façon les décors influent sur votre jeu ?

Ils sont incroyables ! Parce que les décors donnent l’impression d’être réels. Vous n’avez pas besoin d’imaginer grand chose, tout est fait pour vous. Et Rhaena a une personnalité discrète et toutes les pressions autour d’elle la font se sentir plus petite. Le fait que le plateau soit si grand aide beaucoup, on s’imprègne plus facilement de notre rang social, de notre position dans la société, de l’importance de notre rôle. Cela influe directement sur notre manière d’interpréter nos personnages.
[…] Je me souviens que le premier endroit où nous avons tourné c’était au Portugal. Il n’y avait pas vraiment de décor construit, mais nous étions sur une immense falaise. C’était épique et une expérience dingue, même s’il n’y avait là que la nature, du décor réel.
Pour l’anecdote, je me rappelle que sur place, j’avais pu voir des tas de bâtiments, etc. Et lorsque nous avons regardé la séquence finale, nous ne voyions plus que la mer comme s’ils avaient tout supprimé au montage (rire).
« Je trouve bizarre de croire aux dragons et de ne pas considérer que les gens peuvent avoir des couleurs différentes »
Est-ce qu’il y a une pression particulière à jouer dans le spin-off d’une série devenue culte et comment gère-t-on cette pression ?
Pas seulement à cause de « Game of Thrones », mais aussi à cause de la première saison d’« House of Dragons » qui a très bien marché. La pression est alors énorme. Mais je pense aussi que vous réalisez que tout le monde ne va pas aimer votre performance. Pour moi, la seule chose que je peux faire est d’essayer d’être le plus fidèle possible à ce que je pense devoir faire dans le cas de mon personnage. C’est tout ce que je peux faire. Les gens et les acteurs sont tous extraordinaires, ce qui m’aide beaucoup. Ce qui est également important, c’est la solidarité entre les gens. Tout le monde s’entend très bien et c’est en regardant les autres que l’on apprend.
Et vous faites partie de l’une des plus célèbres Familles de cet univers…
Oui, il y a une pression d’autant plus que les gens ne pensaient pas que les Targaryen nous ressembleraient. En général, ils sont tous blancs avec de longs cheveux gris. Cela a pu surprendre des gens. Il y a donc une pression pour prouver que certains spectateurs ont tort, que nous à notre place et qu’il y a une bonne raison pour laquelle les auteurs ont fait ces choix, que nous sommes les bonnes personnes pour jouer ces rôles. C’est une pression.
Vous avez reçu des messages de haine par rapport à ça ?
Oui, il y a eu beaucoup de réactions négatives et nous en faisons tous l’expérience, mais c’est comme ça parce que c’est une série qui appartient autant aux fans qu’à nous. Il y aura toujours des personnes pour critiquer mais il y a aussi des fans, donc c’est équilibré. Ils ont leur vision des choses. Néanmoins, si vous n’aimez pas la série ou que vous êtes fans des livres et pas de la série, lisez les romans et vous y trouverez votre compte. Je vous avoue que je trouve malgré tout bizarre de croire aux dragons et de ne pas considérer que les gens peuvent avoir des couleurs différentes (rire).
Interview réalisée au Festival du Film Britannique et Irlandais de Dinard.
