Ses histoires vous les avez déjà vues à la télévision. Pour certaines, elles ont même fait le tour du monde. « Vortex », « Lupin », « Les Bracelets Rouges », « En Place » – pour ne citer qu’elles -, autant de fictions auxquelles Camille Couasse a participé ou crée. Mais comment devient-on scénariste ? Comment écrit-on une série ? Comment caractérise-t-on un personnage ? Quels sont les ingrédients d’une bonne histoire ? La scénariste Camille Couasse se confie sur son métier exigeant et palpitant, et donne quelques clés pour mieux comprendre ce qu’est l’écriture scénaristique.
Pour vous, c’est quoi être scénariste ? Quelle définition en donneriez-vous ?
C’est écrire en collaboration. Puis, écrire des histoires qui vont essayer de toucher le plus grand nombre. Ce qui peut être un risque puisque quand vous voulez toucher trop de monde, vous finissez par ne plus rien dire du tout. Il faut trouver un juste équilibre. Ensuite, je ne dirais pas qu’il faille à tout prix raconter le monde et ses problèmes. L’objectif, ce n’est pas de déprimer des gens qui le sont peut-être déjà. Une série, c’est aussi divertir. On doit, parfois, essayer de leur faire oublier leur problème, leur offrir un sas de décompression. Par exemple, dans « Tom et Lola » ou « Lupin », nous ne parlons pas du monde et nous n’évoquons pas de thématiques sociales en particulier, ce sont des séries conçues davantage pour donner au public un souffle, un répit. Mais si on parvient à allier les deux, le divertissement tout en mettant le doigt sur le social, c’est encore mieux.
« Nous avons, depuis quelques années, une culture de l’écriture qui fait que nos séries sont de plus en plus exigeantes et de meilleure qualité »
En quelques mots, quel a été votre parcours ?
J’ai commencé seule, persuadée que pour devenir scénariste il fallait simplement écrire. Je me suis lancée en lisant 2-3 bouquins. Mais je n’écrivais que des choses très mauvaises. Je me rappelle d’une personne qui m’avait conseillé de suivre une formation après avoir lu un de mes scénarios dans lequel il avait trouvé qu’une seule scène était à sauver. J’ai donc fait le CEA, l’une des rares formations reconnues par l’État (à l’époque), accessible pour ceux qui ont des finances restreintes. Ce fut le plus beau jour de ma vie. J’ai compris qu’un scénario devait avoir un objectif, de bons personnages, et j’ai appris à être plus concise, plus claire. Souvent, les jeunes scénaristes écrivent : « Tel personnage entre dans telle pièce et commence à parler ». C’est une erreur. Il faut découper. Si vous décrivez la pièce, son style, son décor, ce qu’on y trouve, vous donnez tout de suite une ambiance et vous donnez aussi des indications sur la personnalité d’un personnage. La manière dont votre personnage se tient dans la pièce raconte beaucoup : s’il est appuyé sur le mur, s’il est assis sur une chaise, s’il est par terre contre le canapé. Tous ces mouvements-là en disent long sur le personnage. La formation m’a vraiment appris à être précise et spécifique.

Malgré mes deux ans de formation, je trouvais que je n’arrivais pas tout à fait à mettre la main sur ce qui ne fonctionnait pas lorsque j’écrivais. J’ai continué de me former. En 2016, j’ai suivi le programme européen de formation à l’écriture et à la production artistique de séries, Serial Eyes, à Berlin. Une superbe expérience. J’ai écrit en anglais. Là, j’ai appris comment gérer les thématiques et les points de vue des personnages. Par la suite, j’ai enchaîné avec l’UCLA, à Los Angeles. Les américains ne s’embarrassent pas des bibles comme en France, ils écrivent direct le pilote d’une série. Ils s’en fichent si vous n’êtes pas sûr de ce que vous voulez raconter. Vous devez écrire et reprendre après. En France, c’est l’inverse. Vous réécrivez plusieurs fois la bible et un peu moins le pilote. La vérité est, selon moi, entre les deux. Grâce à l’UCLA, j’ai écrit trois pilotes. Ça vous oblige à écrire énormément.
Légende : Camille Couasse (promo 2012) et Sarah Farkas démarrent l’écriture de la série thriller fantastique « VORTEX » (6×52’ d’après une idée originale de Franck Thilliez), produite par QUAD TV, pour France 2.
L’équipe d’écriture est composée de Louis Aubert (promo 2012), Guillaume Cochard (promo 2012) et Marine Lachenaud (promo 2011), sous la direction de Camille Couasse (promo 2012) et Sarah Farkas.
C’est très formateur. Mais c’est à Serial Eyes que je me suis construit un réseau. J’ai gardé contact avec un de mes professeurs qui m’a engagée récemment sur sa série qui s’appelle « Deadspace » (le pitch : le premier meurtre dans l’espace à bord de l’ISS).
Désormais, lorsque je construis une bible, je réalise aussi un teaser très détaillé pour faire entrer les gens dans l’univers. Si je peux, j’écris carrément le pilote. Les gens se projettent mieux avec un dialogué. Pour « Vortex », nous avions pu envoyer le pilote à France Télévisons car nous avons eu l’aide du CNC. C’est cela qui les a convaincus.
Vous qui fréquentez les deux mondes, pourquoi, selon-vous, les Français sont frileux à l’idée de regarder une série française fantastique ?
Il est vrai que nous avons tendance à accepter plus facilement certaines séries fantastiques ou de SF provenant des États-Unis, parce que c’est américain, tandis qu’en France, lorsque nous créons une série du même type, ça passe moins. « Les Revenants », par exemple, c’est du fantastique, mais cela avait fonctionné car c’était très ancré. En France, de manière générale, nous entrons plus facilement dans un univers où il y a du concret. Il y a une intolérance à la fantasy – qu’on accepte donc plus aisément quand elle est américaine – alors que nous la voulons aussi chez nous. […] Nous avons, depuis quelques années, une culture de l’écriture qui fait que nos séries sont de plus en plus exigeantes et de meilleure qualité.
« On caractérise un héros par rapport à la thématique »
C’est quoi un bon héros ou une bonne héroïne de fiction ? Et vous, quels sont vos partis pris sur la caractérisation d’un héros ?

C’est une personne qui n’est pas parfaite. Quelqu’un qui a ses faiblesses, ses défauts, qui n’est pas passive, qui va essayer d’atteindre un objectif, quitte à se planter. Il faut aussi qu’on ait de l’empathie pour lui ou pour elle, même si nous ne sommes pas en accord avec ses choix. Dans « Culte », pour citer un exemple français récent, l’héroïne est très arriviste mais nous avons néanmoins de l’empathie pour elle car nous voyons qu’elle vient d’une famille bourgeoise qui la snobe. De fait, nous avons envie qu’elle réussisse. Et lorsqu’elle veut prendre la place de son patron, elle trouve une solution, dont il ressort aussi gagnant. C’est win-win. C’est pour ça que nous la comprenons. Un autre exemple, américain, « Breaking Bad » : l’histoire d’un homme frustré qui pense qu’il n’a pas eu la vie qu’il méritait et qui devient un baron de la drogue après un diagnostic de cancer afin de mettre sa famille à l’abri.
Nous sommes directement en empathie avec lui. Nous comprenons ses choix au départ. Et pourtant, les spectateurs sont complètement happés par ce personnage. Même s’il est un anti-héros qui tue de sang-froid, on l’accepte, on reste avec lui et on veut le voir réussir.
On peut aussi caractériser un héros par rapport à la thématique. Dans « Vortex », c’était : quand nous nous attachons trop au passé, quand nous n’arrivons pas à tourner la page, nous passons à côté de notre vie. C’est ce qu’il risque en permanence. Notre héros incarne cette thématique-là et, nous avons essayé, avec ma co-auteure Sarah, de le montrer de manière concrète.
Est-ce la caractérisation du héros qui va influencer l’histoire ou l’histoire qui va influencer la caractérisation du héros ?
C’est l’œuf ou la poule (rire). Cela dépend de l’idée qu’on a eue en premier. Si on a commencé à avoir l’idée d’un personnage, c’est lui qui va insuffler quelque chose dans l’histoire. À contrario, si on a envie de raconter une histoire d’amour, un triangle amoureux, coincé dans le passé (« Vortex »), on se demande quel genre de personnage on va créer qui incarne ce qu’on veut raconter et appuyer notre propos.
Vous préférez apporter plus de soin aux héros/personnages ou à l’histoire ?
Aux héros et aux personnages ! L’histoire est importante mais si le spectateur n’aime pas le héros qu’il suit, ou les protagonistes, il abandonnera. Vous aurez beau avoir des rebondissements ou des retournements de situations incroyables, si les gens ne prennent aucun plaisir avec les personnages, l’histoire ne vaudra rien.
Et une bonne histoire ?
Une histoire qui n’est pas linéaire. Qu’il y ait du rythme, des surprises et donc un personnage fort, avec des objectifs clairs, des moments de respiration. Ce sont plein de petits ingrédients comme ceux-là. Mais il n’y a pas de méthodes. Je pense que si nous savions comment écrire une bonne histoire, nous le ferions tous. Personnellement, ce qui va être au-dessus de tout, c’est le propos. Il doit être ambigu/gris, pas manichéen. « Une amie dévouée » est l’exemple parfait. Vous avez une héroïne qui souffre tellement de solitude qu’elle s’invente une vie pour se faire des amis. Et, paradoxalement, plus elle va se faire d’amis, plus elle va s’enliser dans ses mensonges et cela va l’isoler. Toutefois, nous la comprenons et nous sommes en empathie avec elle, avec ce qu’elle ressent, malgré le fait qu’elle fasse des choses terribles. C’est ça la grande force d’un récit.
Quelles sont vos étapes de travail en tant que scénariste ? Par quoi on commence-t-on ?

Quand c’est une idée originale, je commence par la fin : qu’est-ce que j’ai envie de raconter ? Quel est mon propos ? Il m’arrive également de regarder des séries dans le même style que la série que je crée. Avec Sarah Farkas, une de mes coautrices, nous avons créé une série d’espionnage et nous avons alors regardé tous les « Mission Impossible » et la série « The Americans ». Nous avons découpé le pilote de la série en séquencier, pour voir de quelle façon la structure était établie.
En revanche, quand je suis engagée sur une série qui n’est pas la mienne, par exemple pour un seul épisode, mon but va être de me fondre dans le style du créateur de la série. Là, je suis en pleine adaptation d’un roman. Je lis le livre et je cherche quels fils je pourrais tirer pour construire une série qui se tient, ce qu’il manque… Par exemple, il y a beaucoup d’action dans ce livre mais il n’y a pas assez d’enjeux personnels pour les personnages. Ils sont trop extérieurs, on n’a pas assez peur pour eux. Donc, c’est un point à renforcer.
Quand on est scénariste, il faut être touche-à-tout. Vous, vous avez écrit de la SF (« Vortex »), des histoires dans le milieu hospitalier ( « Nina » / « Les Bracelets Rouges ») ou encore de la comédie policière (« Tom et Lola »). Vous êtes même passé par le dessin animé. Est-ce difficile de devoir s’adapter à tous les genres, sur des sujets qu’on ne maîtrise pas forcément et de quelle manière y parvient-on ?

Ça peut l’être. Lorsque j’ai travaillé sur la série « En place », je ne connaissais rien en politique. Et même quand je me renseignais, ce n’était jamais assez. J’avais trop de retard. Pour « Vortex », nous avions un consultant-policier qui lisait nos scripts et nous faisait des remarques. Il nous guidait pour savoir ce qui était possible de faire ou non. Et sur « Nina », nous avions des soignants qui venaient nous raconter leurs histoires et nous aidaient au besoin pour la crédibilité d’une situation ou d’une action.
Puis, il y a un gros travail de recherche. Ce qui va nous aider aussi, c’est de vivre en immersion au côté de… Pour les besoins d’une série, j’avais passé deux jours entiers avec des ambulanciers. Ça permet de mieux comprendre comment tout fonctionne. Discuter avec une personne, vivre pleinement son quotidien, est bien plus enrichissant qu’un travail de recherche. Tout ça vient combler nos lacunes.
« Pour amener l’émotion, il faut être du bon point de vue »
Est-ce que la première réplique d’un scénario est difficile à écrire, comme l’est la première phrase d’un livre ? Et, avez-vous déjà eu le syndrome de la page blanche ?
Quand on écrit une scène, on coupe souvent les 2-3 premières phrases et les deux dernières phrases pour être plus percutant. Parce qu’on ne peut pas commencer par un simple « Salut, ça va ? ». Pour une scène d’interrogatoire, on ne va pas la démarrer par un « asseyez-vous » ou les phrases ennuyeuses de ce type. On va démarrer directement par les questions ou au milieu de l’interrogatoire. Ça donne davantage de rythme.
Pour la seconde question, j’ai plutôt le syndrome de la page de pourrie (rire). Le plus dur ce n’est pas de trouver les idées, c’est de trouver LA bonne idée. Quand on travaille à deux, c’est plus simple.
Sur une série comme « Vortex », qui fait appel à un genre que le spectateur français auquel n’est pas habitué, la science-fiction, comment parvient-on à créer un univers comme celui-ci, crédible ?
Nous avons pu discuter avec un gendarme et nous avons pu lui exposer notre idée. Eux ont déjà la possibilité de revoir des scènes de crime en 3D sur leur ordinateur. Et ce gendarme nous avait dit qu’une salle VR n’était donc pas une idée si farfelue. Ça nous a donné confiance. Ensuite, la meilleure SF, à mon sens, c’est quand on reste en partie ancré dans la réalité. Que ce soit « Vortex » ou « Les Revenants », la SF n’est qu’un tout petit élément, tout le reste ne change pas. Après, nous enrichissons avec des intrigues fortes. « Vortex », c’est l’histoire d’amour, ce triangle amoureux, et les hommes peuvent aussi s’y retrouver car il y a de l’action et la SF.
Pour approfondir cette thématique, l’émotion, de quelle manière arrive-t-on à la créer ?

Dans « Vortex », ce fut de tirer le dilemme impossible/amoureux au maximum. Il n’y a pas de solution, pas de bonne réponse, il ne suffit pas de… Dans les deux cas, le héros perd quelque chose. Soit il perd de nouveau sa première femme, soit il perd sa deuxième femme avec qui il a désormais un enfant. Du coup, nous nous mettons facilement à sa place, nous nous demandons nous-même comment nous réagirions dans cette situation. Dès lors, vous suscitez l’émotion.
Plus généralement, pour amener l’émotion, il faut être du bon point de vue et ne pas juger le personnage. Le point de vue, c’est quand nous sommes avec le personnage et que nous n’avons pas un regard omniscient.
Si j’écris « elle se met à ricaner bêtement », nous sommes dans le jugement. Nous ne sommes plus avec elle. Alors que si j’écris « elle se met à rire nerveusement car elle se sent gênée », là vous suscitez l’empathie envers elle.
Les décors et l’environnement ont un impact sur les personnages d’une série ou d’un film. Quand on écrit un scénario, on ne met que des indications. De quelle façon, malgré tout, les décors interviennent dans l’écriture d’un scénario ?
Les gens sous-estiment énormément l’importance des décors. Lorsque vous décrivez un environnement, vous devez vous mettre à la place du réalisateur et placer votre caméra afin de voir comment les personnages vont se déplacer dans la scène. Dans la séquence d’ouverture de « Vortex », nous devions comprendre qu’ils sont dans une maison en travaux, qu’ils dorment dans un lit-canapé, qu’il y ait un lit pour bébé pour dire aux spectateurs que ce sont des jeunes parents, et faire comprendre qu’on est en 1998. De fait, nous nous retrouvions avec des descriptions très longues. Quant à la description des personnages… On doit ressentir tout cela tout de suite, tout en gardant un aspect visuel. Les auteurs de « The Good Wife » sont forts pour ça. Ils caractérisent parfaitement leurs personnages en deux ou trois phrases. Genre : « Le beau gosse qu’on a envie de claquer ». C’est court, percutant, ça nous fait sourire : on comprend vite à qui nous avons à faire. J’invite tous les jeunes scénaristes à lire les scripts du J’invite tous les jeunes scénaristes à lire les scripts de Robert et Michelle King.
« 86 % des scénaristes sont obligés d’avoir un travail à côté »
Vous travaillez beaucoup en duo avec Sarah Farkas. Parlez-nous de votre rencontre et de votre collaboration ensemble.
Ma co-auteure d’amour ! Nous nous sommes rencontrés il y a 13 ans chez GMT productions. C’était mon premier jour de stage dans une boîte dans une production, et elle, son dernier jour. Elle m’a montré comment faire le café, comment relier les textes, mais j’étais une cause perdue : les feuilles se détachaient en permanence. Nous sommes restés en contact et nous sommes devenus amis. Très vite, est venue l’envie d’écrire ensemble. Nous avons envoyé un texte au producteur Joachim de Vasselot qui l’a très poliment refusé. Quelques années plus tard, nous avons relu ce texte et compris pourquoi il l’avait refusé. C’était vraiment mauvais !
Avec Sarah, nous avons la même méthodologie de travail, nous avançons vite, nous sommes organisées. Nous sommes assez similaires. Cependant, elle est meilleure que moi en orthographe (rire) et elle est plus optimiste que moi. Ça contrebalance bien. Ce qui n’est pas toujours le cas avec d’autres auteurs, que nous ne connaissons pas, où là, effectivement, il faut un temps d’adaptation. Le temps de comprendre comment l’autre fonctionne, le temps de s’accorder, les compromis à faire. Et il ne faut pas s’accorder sur un truc moyen, il faut qu’on soit d’accord sur une idée et qu’on en soit extrêmement content.
Parlez-nous des conditions de travail de votre métier…
J’ai de la chance de pouvoir vivre de mon métier et j’ai eu cette chance au bout de seulement 3-4 ans. Ce n’est pas le cas de 86 % des scénaristes qui sont obligés d’avoir un autre travail à côté. Quand on est scénariste, on n’a pas de patron, on travaille seul, souvent chez soi, donc il faut être discipliné, écrire tous les jours. Et vous devez être sur plusieurs projets en même temps, minimum entre 3 et 5. Un seul, ça ne suffit pas pour vivre. Si vous n’avez pas suffisamment de projets, je conseille d’écrire des bibles et de dialoguer pour les vendre à des productions.
Concernant l’IA, je ne suis pas inquiète et en l’état. Je ne me sens pas menacée. Elle est loin d’avoir les capacités de créer un scénario original. Je le vois davantage comme un assistant. Je ne m’en sers que pour corriger mes fautes d’orthographe ou checker les incohérences.
Pour aller plus loin : retrouvez mon interview dans les coulisses de la série « Vortex » avec le réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun ici. La série est d’ailleurs toujours dispinible sur Netflix.

Une Interview de qualité ! BRAVO