[INTERVIEW] : ÉCHANGE AVEC LA COMÉDIENNE MONA CLAUDE : « J’adore véhiculer des émotions, que des gens puissent s’identifier à des personnages que j’ai pu jouer »

Mona Claude, c’est la finesse du jeu, la délicatesse des sentiments. Dans « Zonz », où elle incarne une adolescente enfermée dans une prison pour mineurs, la comédienne de 23 ans révèle un talent fou pour l’interprétation, entre sincérité et authenticité. Mona ne triche pas, elle incarne.
Alors qu’elle démarre une carrière d’actrice qu’on imagine déjà longue et riche, Mona Claude se confie sur ses débuts ainsi que ses premières expériences à la télévision.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’être comédienne ?
Je suis intéressée par le milieu du cinéma depuis l’âge de 12-13 ans. Je ne savais pas quoi exactement, mais l’écriture me passionne et je pensais aussi à la réalisation. Très vite m’est venue l’idée de passer des castings, qui étaient, selon moi, le seul moyen à mon âge de rentrer dans le milieu. Quand j’ai commencé à avoir des rôles, c’est là que j’ai pris goût à l’acting. J’adore ça ! J’espère avoir l’occasion de continuer à jouer et, en parallèle, un jour, de réaliser.
[…] Je ne sais pas s’il y a eu un déclic, toutefois la performance de Natalie Portman dans « Léon » de Luc Besson m’avait marquée à l’époque. Je crois que je souhaitais faire ça, quelque part. Cependant, je suis une personne qui aime l’art de manière générale et le cinéma m’a toujours parlé. La chance que j’ai eue également, c’est d’avoir des parents qui m’ont soutenue dans ma démarche. Puis, j’étais studieuse comme élève, donc ils ne s’inquiétaient pas trop pour moi et mon avenir.

Vous n’avez pas suivi de formation théâtrale ?
Non. L’année dernière j’ai fait un atelier de théâtre avec ma meilleure amie qui était gratuit et proposé par le CROUS. C’était la première fois que je prêtais à l’exercice. Ça a duré quelques mois. Je devrais en faire davantage car, sincèrement, je pense que cela m’aiderait beaucoup. Surtout pour le lâcher-prise et sur la façon de porter ma voix. Mais le théâtre me terrifie. Ça me fait plus peur que de tourner devant une caméra.

Ça représente quoi pour vous d’être comédienne ?
J’adore véhiculer des émotions, que des gens puissent s’identifier à des personnages que j’ai pu jouer. C’est le grand pouvoir de l’acteur. Lorsqu’une personne me dit qu’elle a retenu telle ou telle chose de mon jeu et que ça lui a rappelé ceci ou cela dans sa vie, ça me touche. Tout le monde a besoin de ça et de l’art. Je suis persuadée que, même si on pointe souvent l’art du doigt, l’humanité aura toujours besoin des arts pour progresser et évoluer. L’art est de toute façon trop puissant pour disparaître.

Vous avez joué dans quelques épisodes de la quotidienne « Un si grand soleil ». C’est une de vos premières expériences télévisuelles. Ce fut une bonne école ?
C’était une très bonne école parce que ce sont des quotidiennes où le rythme est intense. Ce fut mon premier tournage, alors j’ai directement été habituée à être dedans immédiatement, à faire peu de prises… Après, est-ce le meilleur moyen d’entrer dans le milieu ? Je ne saurais le dire. Mais j’ai rencontré une équipe magnifique et j’étais folle de joie d’être là. Ça m’a servi pour la suite. J’ai désormais cette connaissance du plateau, je sais où me placer, j’ai acquis quelques réflexes qui sont là grâce à cette expérience dans la quotidienne.
[…] C’est d’ailleurs sur le tournage d’« Un si grand soleil » que j’ai rencontré mon agent. Je jouais la fille d’une actrice qui s’appelle Lydie Melki et il y avait son agent, Julie Chen, sur place. Julie savait que c’était mon premier tournage et m’a dit qu’elle cherchait de jeunes talents. Elle a parlé de moi et j’ai intégré l’agence. Une chance, après seulement un premier tournage.

« Après le tournage d’OPJ, je crois que je n’ai plus été la même personne »

Vous avez joué également dans trois séries françaises importantes : « Camping Paradis », qui a ce statut culte aujourd’hui, et « Léo Mattéï » et « Tropiques Criminels », qui cartonnent en termes d’audience. Qu’est-ce que vous retiendrez de ces trois expériences ?

Sur « Léo Mattéï », c’était un rôle assez complexe puisqu’on évoquait le suicide avec mon personnage. J’allais chercher des choses plus sombres à jouer. Ce furent trois beaux rôles, différents, mais j’ai pris énormément de plaisir à les interpréter. J’ai pu prendre les conseils de plein de gens différents aussi, et cela m’a enrichie. Ces expériences m’ont également confirmé l’envie de poursuivre dans cette voie, celle de la comédie.
[…] J’étais jeune et il y avait une certaine appréhension néanmoins, ma joie d’être sur un plateau et de jouer surpassait ma timidité ou mon stress. Après, il est vrai que c’est intimidant lorsqu’on tourne avec des figures comme Jean-Luc Reichmann. C’est un amour, mais il en impose : on sent que c’est lui le boss (rire).

[…] Mes parents sont mes plus grands fans. Il faut savoir que la moindre petite chose que je fais, ils la regardent en boucle à la télé. Pour « Camping Paradis », ils étaient super contents car nous regardions beaucoup ça. Mes parents sont fans de Monsieur Parizot (Patrick Paroux) et ils étaient excités à l’idée que je tourne avec lui.

Parlez-nous de la série « OPJ » dans laquelle vous tenez votre premier rôle récurent…

Nous allons démarrer le tournage de la saison 7 cet été. Je suis arrivée dans la cinquième saison. Nous tournons dans le cadre magique de La Réunion. C’est effectivement mon premier grand rôle et une série pour laquelle j’ai un temps de tournage de plusieurs mois d’affilée, chose que je n’avais pas encore faite. Sur la saison 5, j’avais tourné trois mois. En rentrant en France, je crois que je n’ai plus été la même personne. J’ai senti un avant et un après « OPJ », que ce soit professionnellement ou dans ma vie privée. J’étais âgée de 21 ans et je tournais avec des personnes plus âgées que moi.

Cela m’a fait grandir, j’ai gagné en maturité. D’autant que le rôle était plus vieux que moi : Alice a autour de 25 ans. C’était intéressant. Puis, je jouais sur un registre différent. Se glisser dans la peau d’une policière, résoudre des meurtres, ce n’est pas si évident. […] Sur place, nous avons eu une formation avec la gendarmerie de La Réunion. Ils font ça chaque année. Bien qu’on ait eu peu de temps, j’ai appris à tenir une arme, nous avons eu une séance de tir, nous avons appris les postures à avoir, etc. Par exemple, lorsque vous braquez quelqu’un et que vous devez ensuite ranger votre arme, moi, j’avais tendance à baisser les yeux et fixer le rangement de l’arme. Alors qu’en réalité, vous devez toujours garder un œil sur la personne que vous avez tenue en joue. Ce genre de détails.

« Il y a un truc magique quand je suis sur un plateau et que j’entends Action, je rentre en un état de transe »

Dans « Zonz », vous incarnez Alice, une adolescente qui se retrouve dans une prison pour mineurs. Elle souhaite, de surcroît, travailler dans le milieu judiciaire. De quelle façon avez-vous travaillé ce rôle ?
J’ai beaucoup travaillé son passé. Quel animal préfère-t-elle ? Son plat préféré ? Des questions qui peuvent paraître bêtes, mais qui m’ont aidée à créer le personnage d’Alice en profondeur. Je voulais vraiment construire ce personnage de A à Z. Par la suite, j’ai commencé à décortiquer mon scénario, à classer les émotions que je devais jouer par séquence, avec des légendes et des codes couleur. Je suis allée loin. Le scénario a fini en chiffon tellement je l’ai usé (rire). La seconde étape a été de travailler mes scènes avec un coach. Une étape qui m’a aidée parce qu’il y avait des nuances sur mon personnage que je n’avais pas forcément vues. Avoir un avis extérieur est toujours important. Enfin, j’ai façonné mon personnage en fonction de ses rapports avec les autres. En amont du tournage, j’ai donc fait beaucoup de lectures avec mes camarades.
Sur le tournage, j’avais un système de post-it où je notais dans quel mood je devais être, et pour chaque séquence. J’adore les méthodes visuelles comme celles-ci.

Aussi, tourner dans une vraie prison désinfectée a été un vrai support pour le jeu et pour mieux nous plonger dans notre rôle. Nous n’avions pas à faire semblant d’imaginer être dans une prison. C’est un travail en moins à fournir. C’était aussi impressionnant d’être dans sa propre cellule, décorée avec des photos de la vie d’Alice, d’avoir ses affaires à soi. En tant que comédien, ce sont des expériences uniques, que ce soit tourner dans une prison ou partir en Martinique ou à La Réunion pour une série.

C’est une série où chacun des jeunes va puiser des émotions très intenses. Vous, personnellement, où allez-vous chercher ces émotions ?

Je vais parfois chercher dans la vie de Mona, ce qui me mettrait dans tel ou tel état. De plus en plus, ça va être la manière dont le personnage me touche par ce qu’il vit. Cependant, je trouve cela assez compliqué. Je pense qu’on parvient à atteindre ça à force de jouer. Et je n’en suis pas encore au stade où j’arrive à le faire parfaitement. […] Dans la séquence où je vois ma mère dans une scène hallucinée, j’avais pensé à Alice et au fait qu’elle revoit sa mère malade, et je suis restée dans cet état-là. Mais il y a un truc magique : quand je suis sur un plateau et que j’entends « Action », je rentre en un état de transe et, d’un coup, il y a des émotions qui me traversent instantanément, que je ne ressens pas avant.

En début d’interview, vous avez évoqué l’envie de réaliser. Quel type de cinéma aimeriez-vous créer ?
J’aime les films psychologiques, les films où, lorsque vous sortez de la salle, vous avez pris une claque. Parce que le scénario vous a absorbé ou que les rebondissements étaient inattendus. J’adore le cinéma de Jordan Peele (« Get Out », « Us », « Nope »). Je veux réaliser ce type de longs-métrages. Il m’impressionne par l’intelligence de ses récits et sa manière de combiner l’horreur au concret. […] J’espère avoir mes propres histoires à mettre en scène. C’est encore abstrait, mais je verrai ce que l’avenir me réserve.

« Zonz » actuellement sur France TV Slash.

Ma critique de la série est à retrouver ici.

Synopsis « Zonz » :
Pour Alice, élève modèle de 17 ans, l’arrivée dans le quartier pour mineurs de la prison de Dante est un choc. Afin de retrouver au plus vite sa mère malade, elle accepte un pacte dangereux : infiltrer un groupe de jeunes détenus planifiant une évasion. Son objectif ? Les trahir pour obtenir sa liberté. Mais plus elle apprend à les connaître, plus elle s’attache à eux. Alice va devoir faire un choix : trahir ses nouveaux amis ou s’enfuir avec eux.

Casting : Mona Claude, Camille Chamoux, Romain Doduik, Fauve Hautot, Tihpaine Daviot, Adem Benosmane, Bilel Chegrani, Hind Faiz, Nelligan, Poqsi, Nicole Ferroni, Rachid Guellaz, Jean-Claude Muaka, Chad Zem, Mohamed Cissé, Bastien Ughetto, Alicia Hava, Rachid Guellaz…

1 commentaire sur “[INTERVIEW] : ÉCHANGE AVEC LA COMÉDIENNE MONA CLAUDE : « J’adore véhiculer des émotions, que des gens puissent s’identifier à des personnages que j’ai pu jouer »

  1. bonjour je regarde la serie opj je trouve l’actrice mona claude super j’espere qu’ont la verra la saison 7. merci a elle pour sa sincerite et sont professionnalisme
    merci

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