Alors que TF1 domine largement le marché des feuilletons quotidiens avec Demain nous appartient, Ici tout commence, Plus belle la vie, encore plus belle et, plus récemment, Tout pour la lumière (en collaboration avec Netflix), M6 entre dans la course avec Nouveau Jour. Une quotidienne ambitieuse, à l’identité visuelle forte, qui dès son premier épisode nous happe avec ses personnages troubles et ses situations intenses.
Note : il s’agit d’une critique du seul premier épisode qu’M6 nous a transmis.
Synopsis
Après la disparition en mer de Lucien Bartoli, propriétaire d’un très beau 4 étoiles, sa fille aînée Louise (Helena Noguerra) a repris l’hôtel. Aidée par son fils Gabriel (Jean-Baptiste Maunier), elle gère d’une main de fer son équipe d’employés, lésant ainsi ses frère et sœur Tarek (Mhamed Arezki) et Audrey (Gabrielle Atger). Or, la fratrie est déjà déchirée par un très lourd secret de famille. Mais Louise a le soutien de son nouveau mari Aurèle (Alexandre Varga), propriétaire du club de fitness voisin et de Sofia (Aurélie Konaté), capitaine des pompiers de la ville.
Le retour en ville de Théa (Marion Aymé), la fille d’Audrey (Gabrielle Atger) et Erwan (Vincent Desagnat), va totalement rebattre les cartes. En effet, celle-ci est bien décidée à en apprendre plus sur les secrets qui déchirent la famille de sa mère mais aussi sur l’hôtel Bartoli, établissement qu’elle rêve secrètement de conquérir. Elle n’est pas la seule. L’hôtel attise les convoitises, et la présence mystérieuse d’Émilia (Laëtitia Milot) n’y est sans doute pas étrangère. Mais Théa pourra compter sur l’aide de son parrain Franck (Bruno Solo) ainsi que de la plupart des jeunes qui travaillent au domaine.
Pourtant, la véritable menace arrive plus tôt que prévu : le domaine devient la cible des attaques d’un étrange corbeau. Tiraillés entre liens familiaux et ambitions personnelles, tout devient alors possible pour les membres du clan Bartoli et son entourage : pour chacun, l’heure est à un nouveau départ, à un nouveau jour.
Le Domaine Bartoli, terrain de tous les maux

Après une séquence d’ouverture tragique, où Emilia découvre un cadavre dans l’une des pièces du Domaine Bartoli (dont l’identité reste secrète), l’histoire nous ramène quatre mois plus tôt, alors que Louise s’apprête à épouser Aurèle. C’est dans ce contexte en pleine ébullition, marqué par l’arrivée de Théa au Domaine, que l’intrigue démarre…
Là où les auteurs sont malins, c’est qu’ils ne lancent pas immédiatement une enquête autour de cette mort mystérieuse. Au lieu de cela, ils prennent le temps d’introduire progressivement les éléments clés permettant de comprendre l’univers dans lequel les spectateurs sont plongés, les enjeux qui entourent la famille Bartoli et les personnages principaux. Des protagonistes brillamment caractérisés, aux complexités émotionnelles bien dessinées et aux ambiguïtés marquées par leurs fractures familiales.
Leur introduction dans ce premier épisode est particulièrement astucieuse – comme l’apparition de Lætitia Milot en ouverture et en clôture d’épisode, instaurant un suspense troublant sur son rôle dans l’affaire Bartoli. Et ce n’est pas la seule interrogation :
Pourquoi Louise ne parle-t-elle plus à sa sœur ?
Qui est véritablement Aurèle, dont les motivations semblent troubles ?
Pourquoi Théa a-t-elle absolument voulu travailler au sein du domaine Bartoli ? Et pourquoi a-t-elle menti à ses parents concernant ses études ?
Et surtout : qui est le mystérieux corbeau qui a envoyé un compte à rebours à Louise, allant jusqu’à saboter son mariage ?
Une mine d’or scénaristique – à condition qu’elle soit exploitée avec justesse et ampleur pour captiver le spectateur, sans tomber dans la surenchère ni l’effet « fourre-tout » qui risquerait d’étirer l’intrigue à l’excès. Car le danger est bien là : accumuler des sous-intrigues sans intérêt, qui viendraient ralentir le rythme de la narration principale.
Ce premier épisode ne présente ni tous les personnages, ni tous les lieux où se développera l’intrigue. Mais cette construction narrative s’avère très intelligente : elle permet non seulement de ne pas s’éparpiller, de recentrer la dramaturgie, mais aussi de conserver une part de surprise sur ce que nous réservent les épisodes à venir…

D’un point de vue graphique, on ressent à l’image toute la chaleur du Sud : les couleurs sont vives, chatoyantes, généreuses. La pureté et la netteté de l’image offrent un véritable confort visuel, renforcé par des décors somptueux qui captent merveilleusement la lumière naturelle. L’esthétique est léchée, et le Domaine Bartoli qui constitue le décor central, a été conçu comme un personnage à part entière. En seulement vingt minutes, il imprègne l’image par son architecture, son vaste espace extérieur, mais aussi par son histoire. On comprend d’emblée ce qu’il représente dans la région, pour les Bartoli, et que la défense de ce lieu – convoité par des ennemis tapis dans l’ombre – sera source de nombreux rebondissements.
La caméra est également très immersive. Elle nous plonge à la fois dans ces décors avec aisance et fluidité, accentuant les mystères du domaine Bartoli, invoquant le dicton « les murs ont des oreilles », tout en explorant l’intimité des personnages. L’optique profite des plans serrés pour ébranler nos perceptions, et des plans larges pour perturber nos sens quant à la vraie nature des personnes que l’on voit à l’écran. Subtil !
Conclusion
L’ambition de ce premier épisode est bien là, posant des bases solides et suffisamment intrigantes pour donner envie au spectateur de poursuivre l’aventure.
Reste désormais à savoir si ce format de course contre la montre et d’enquête – jusqu’à la résolution du drame – saura tenir la distance dans le cadre d’une quotidienne mais les aspects émotionnels et sociétaux déjà aperçus dans cette grande introduction, et ce que cela raconte de notre époque, sont prometteurs.
Nouveau Jour, dès le 30 juin sur M6.
Casting : Helena Noguerra, Alexandre Varga, Bruno Solo, Mhamed Arezki, Laëtitia Milot, Aurélie Konaté, Vincent Desagnat, Juliette Chêne, Jean-Baptiste Maunier, Jean-Baptiste Shelmerdine, Gabrielle Atger, Marion Aymé…

1 commentaire sur “[CRITIQUE] – NOUVEAU JOUR : UN PREMIER ÉPISODE RICHE EN MYSTÈRES”
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