[INTERVIEW] – PLUS BELLE LA VIE, ENCORE PLUS BELLE : ÉCHANGE AVEC LA COMÉDIENNE LÉA FRANÇOIS : « Si les auteurs avaient écrit cette histoire d’amour plus tôt, je crois que je n’aurais pas été prête »

Son retour dans « Plus Belle la Vie, Encore Plus Belle » avait ravi les fans de la quotidienne. Depuis plus d’un an, le personnage de Barbara a dû faire face à de nombreux défis, notamment après la disparition tragique du personnage d’Abdel, incarné par le regretté Marwan Berreni. Pour Barbara, une lueur d’espoir et un renouveau apparaissent avec le retour surprise de Louis Robbie (Guillaume Faure), avec qui elle forme un joli duo et un nouveau couple à la fois drôle et touchant.
Dans cet entretien, Léa François revient sur les deux dernières intrigues de son héroïne ainsi que sur cette histoire d’amour inattendue.

Comment avez-vous vécu cette première année (presque et demie) de reprise d’un point de vue professionnel et personnel ?
Très heureuse. Notamment de la tournure que cela a pris. Les intrigues sont top, ça correspond bien à l’ADN de la série, à nos personnages et je continue de m’éclater. Surtout, le public est au rendez-vous et c’est une vraie belle surprise. Ensuite, ça fut très intense car, en parallèle, je jouais deux pièces au théâtre et je devais jongler aussi avec ma vie de famille. Mais je savais que si je reprenais mon rôle de Barbara, ça allait être deux années sportives. C’est la dernière ligne droite. Je dois bien m’organiser. Mais je fais des choses que j’aime donc ça nous emporte, ça nous galvanise. Je prends conscience que j’ai beaucoup de chance aussi. Cependant, dès que j’ai une demi-journée de libre ou une journée complète, je rentre chez moi retrouver ma famille.

Il y a eu récemment deux intrigues assez intenses pour votre personnage, la première est celle avec Anne Décis, Cécilia Hornus et Diane Dassigny. Une intrigue où votre personnage est passé par plusieurs étapes émotionnelles…

En tant qu’acteur, nous adorons lorsque nous avons plein de choses à jouer et que nos personnages se retrouvent dans ces positions. Il y avait tellement d’enjeux et nous avions des scènes très fortes de drame et même de comédie. Puis, ce secret les lie désormais. Elles ont ça en commun.
[…] J’ai trouvé ça chouette, par ailleurs, qu’une de nous 4 ne s’en sorte pas. C’est une idée qui me plaît que les personnages, même récurrents, puissent subir les conséquences d’une intrigue au point de partir en prison. C’est culotté. Puis, ça a permis aux auteurs de pouvoir construire cette arche sur la durée et de la poursuivre avec une intrigue en prison. Les conséquences sur le long-terme sont très intéressantes aussi pour nous car on ne sait jamais ce qu’il va nous arriver.

Là, je suis en train de lire mes prochaines intrigues et elles s’emboîtent avec une intrigue précédente. Le spectateur adore ça. Pour ceux qui nous suivent depuis longtemps, voir l’impact de ce qu’on a vécu par le passé ressurgir, ça les maintient en haleine. Voilà, j’ai pris beaucoup de plaisir à la tourner avec mes 3 partenaires. Ça m’a fait du bien. C’était une brillante idée des auteurs de nous avoir réuni et de faire de Barbara et Jennifer des amies. On adore tourner ensemble.

« En tournant ces deux intrigues coup sur coup, je me suis rendue compte que la reprise de la série avait été compliquée pour Barbara et pour moi aussi »

La seconde est celle autour de la mort de Madeleine. De nouveau avec Diane Dassigny, et Elisabeth Commelin. Une intrigue autour du deuil. Vous avez aimé porter cette intrigue où, là encore, Barbara est confrontée à son passé mais aussi à son présent et ce qu’elle désire vraiment ?

Énormément ! D’abord, j’ai aimé tourner avec Élisabeth Commelin. Avec cette intrigue, j’ai redécouvert son personnage. On parlait des intrigues qui reviennent, le deuil de Jocelyn a été repris pour cette intrigue d’une façon magnifique. C’est un bel hommage. Puis, ce sont des personnages que les spectateurs ont connu donc, ça les touche également. On vient toucher leur émotionnel. Enfin, c’était amusant de voir Tic et Tac (Jennifer et Barbara) mener l’enquête. Nous nous sommes beaucoup amusées. Et, il y a en toile de fond ce gros crush de Barbara pour Louis Robbie, que je n’avais pas vu venir. Je reçois une tonne de messages par rapport à ça. Personne ne s’y attendait. Les auteurs ont encore été innovants.

En tournant ces deux intrigues coup sur coup, je me suis rendue compte que la reprise de la série avait été compliquée pour Barbara et pour moi aussi. Ce que j’avais à jouer était lourd. Mais ça m’a procuré une grande bouffée d’oxygène de jouer ça et de voir Barbara aller mieux. […] Si les auteurs avaient écrit cette histoire d’amour plus tôt, je crois que je n’aurais pas été prête. Ils ont toujours le bon timing, je les remercie.

Il y a une scène très forte avec la voyante, où l’on évoque le personnage d’Abdel. C’était un moment difficile sur le tournage ?
C’est une scène que je redoutais. Comme toutes celles où l’on parle d’Abdel. J’ai ressenti beaucoup de stress. Peut-être parce que je mets une pression folle à vouloir lui rendre un bel hommage. De fait, je me sens plus libre et naturelle. Ce sont des séquences où je me trouve très mauvaise parce que je ne suis plus en pleine possession de mes moyens. J’ai le sensation d’arriver en freinant des 4 fers, en essayant de garder une énorme distance avec ma vie et mes émotions car si je lâche les vannes je ne peux plus tourner. Donc, oui, c’est compliqué. Cependant, je suis contente que les auteurs aient ajouté cette scène. Je l’ai trouvée bien écrite, sur le fil, juste, pudique. Ça correspond à ce que je ressens. Elle ne dit pas grand-chose mais on comprend, c’est toute en subtilité. C’est important de continuer à faire vivre ce personnage malgré les difficultés que ça me demande.

Ça me surprend que vous vous trouviez mauvaise. Car vous êtes vraiment sublime et émouvante dans ces scènes… Il y a une vraie justesse dans l’émotion.
Ça me fait du bien ce que vous dites. Si vous l’avez ressenti comme ça, c’est génial. Mais personnellement, je pense que je ne serais jamais à la hauteur de l’hommage que j’aimerais lui rendre. Alors, je me trouverais toujours en-deçà de ce que je voudrais faire. Je regarde ça avec distance et je sais que j’ai été en souffrance. Sur le plateau, je laisse le réalisateur décider. Si la prise le satisfait alors je me fie à son jugement.

Le Mistral a connu un départ dernièrement, qui a attristé tous les fans de la série. Comment avez-vous vécu le départ de Tim Rousseau ?
Ça nous a fait quelque chose parce que nous nous amusions bien. […] Il nous l’a annoncé plusieurs mois avant. On a eu le temps de savourer nos dernières séquences ensemble. Toutefois, je suis contente pour lui et je lui souhaite de nouvelles belles aventures. Il a du talent. Il faut suivre son instinct et c’est ce qu’il fait. Je vais suivre ça de près.

« Je trouve ça drôle ce rapport entre les deux personnages qui sont des handicapés des sentiments, surtout lui »

Vous avez un nouveau partenaire de jeu : Guillaume Faure alias Louis Robbie.
Jamais je n’aurais imaginé ces deux personnages ensemble. Guillaume est un très chouette partenaire. Nous nous amusons à chercher des maladresses, des petites bêtises ou des lapsus. Guillaume est très bon public et, dès qu’on sort un peu des sentiers battus, il a le rire facile. Ça stimule ma créativité (rire). Comme on est rieurs tous les deux, on a eu pas mal de fous rires. Imaginez quand il y avait lui et Diane en même temps…

Pourtant, il y a une scène hilarante que vous avez tourné ensemble, celle du rêve de Robbie où tu es enceinte. Racontez-nous les coulisses de cette séquence…

Nous avons rajouté plein de bêtises comme cette fin où je lui demande d’embrasser mon ventre. On pouvait se lâcher. Et finalement, les monteurs ont gardé ça. Puis, c’était très drôle de tourner avec ce faux ventre qui m’a ramené à une époque pas si lointaine (rire). Si vous regardez bien, lui aussi porte un faux-ventre. On lui a mis un petit bide. Avec leur look « encroûté », c’est magnifique.
[…] Je trouve ça drôle ce rapport entre les deux personnages qui sont des handicapés des sentiments, surtout lui. Car Barbara se livre davantage. Ils prennent leur temps et c’est génial de pouvoir explorer les angoisses de l’un et de l’autre. Ce cauchemar est le reflet de cela. Je les trouve assez complémentaires. Barbara est une femme parfois bordélique, qui s’enflamme vite et peu se mettre rapidement dans des histoires qui la mettent en danger. Lui est plus carré, rassurant. Il mesure tous les risques.

Vous êtes actuellement au théâtre en parallèle avec « Et si on en parlait ? ». Qu’est-ce que le théâtre vous apporte en plus de la télé ?
J’ai toujours eu les deux en parallèle, et c’est vraiment complémentaire. Dans cette pièce, j’ai un rôle de composition. Souvent, à l’année sur PBLV, même si évidemment c’est de la composition, je me sers de mes émotions, de mes réactions et pousse le curseur selon ce que je dois jouer mais je prends beaucoup de moi. Au théâtre, on a davantage besoin d’inventer, d’aller puiser et voir ailleurs. C’est très précis la comédie et, pourtant, si vous changez votre manière de dire une phrase vous n’avez plus le rire au même moment. Je trouve ça jouissif d’analyser ça d’une salle à une autre. C’est une pièce qui parle aux gens. On passe pas mal de choses en revue sur les problématiques des femmes.

« Plus Belle la Vie, Encore Plus Belle » du lundi au vendredi dès 13h50 sur TF1.

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