Crédit photo : Sipa/Laurent Vu
Elle est l’une des figures emblématiques de « Plus Belle la Vie, Encore Plus Belle », Cécila Hornus incarne Blanche Marci depuis bientôt 20 ans. Son retour fracassant dans la quotidienne, désormais diffusée sur TF1, a vu naître chez son personnage de multiplies changements inattendus. Alors que la série fête ses 1 an, la comédienne Cécilia Hornus se confie sur son retour, la façon dont elle a abordé les nouveautés pour son rôle et sa nouvelle amitié avec Anne Décis.
Cela fait maintenant un peu plus d’un an que vous avez repris le tournage de « Plus Belle la Vie ». Comment vous avez vécu cette reprise ?
Dans notre inconscient, nous pensions que ça allait recommencer comme avant et… pas du tout. Notamment car ce n’est pas le même projet artistique – même s’il y a une continuité avec la création du feuilleton – qu’il y avait des nouveaux décors pour les familles et les différents corps de métiers à l’exception du commissariat bien qu’il fut revisité, un nouveau décor central à Allauch, une nouvelle direction d’écriture, et une distribution avec de nouveaux personnages. Il y avait donc un temps d’adaptabilité qui était nécessaire pour que tout se recale dans ce rythme de guerre puisque, comme vous le savez, nous tournons beaucoup de séquence par jour. Mais j’ai eu de la chance dans cette année intense, d’avoir eu belles choses pour mon personnage qui ont été développées.
La transition a été difficile pour vous entre l’arrêt de la série et le retour à une vie, disons plus calme ?
Ce qui était difficile, c’est de savoir que ça s’arrêtait, de savoir que je ne reviendrais plus aussi souvent à Marseille, que je ne verrais plus aussi souvent mes amis/amies, que je ne croiserais plus les collègues de travail avec qui j’ai eu tant de bons moments. Oui, ça me rendait triste. Le lendemain de la dernière soirée de PBLV, je répétais pour le théâtre. Ça s’était calé ainsi, de fait, j’ai enchaîné avec ce projet de théâtre. Cela a permis une transition en douceur et de me plonger corps et âme au théâtre. Lorsqu’on m’a appelée pour prendre mon rôle de Blanche Marci, je venais de terminer cette tournée avant d’entamer le Festival d’Avignon. Pour revenir à la question précédente, j’ai eu une année intense également parce que j’enchaînais entre le théâtre, le tournage d’un « Meurtre à… » et la reprise de PBLV.
« J’avais demandé à travailler avec Anne Décis pour cette nouvelle version »
Aviez-vous des conditions à votre retour ?
Quand Vincent Mellet, le producteur historique de la série m’a appelée je crois que j’ai dit « oui » tout de suite sans prendre le temps de la réflexion. « Les conditions », c’était donc dans une seconde étape. Ce coup de fil était fin avril, et nous avons eu quelques échanges avec la production, mais c’est surtout en juin avec la productrice Clémentine Planchon et la directrice de collection Mariem Hamidat que nous avons pu discuter vraiment sur ce que je souhaitais pour Blanche. Je leur ai dit que, pour moi, ce qui était important, c’est qu’on développe des thématiques sur les femmes de ma génération.
Vous avez tout de suite retrouvé le personnage de Blanche ou il vous a fallu un petit temps d’adaptation là aussi ?
Comme je n’avais pas beaucoup tourné les mois d’avant, j’avais le trac. J’ai toujours le trac mais là, il était plus important. J’en ai parlé avec d’autres camarades qui m’ont dit la même chose. Le fait que ce soit un nouveau projet, nous ne rentrions pas totalement dans nos petits chaussons. Donc, il a effectivement fallu un petit temps, mais nous connaissons bien nos personnages maintenant, ils font partis intégrante de nous. C’était surtout les enjeux. Il y avait des attentes sur un avenir proche qui était très important, très impressionnant.
Et sur les nouveaux décors ? Vous êtes parvenu à trouver vos marques rapidement ?
Oui. Ce n’était pas évident d’avoir la place du Mistral en extérieur mais, finalement, je pense que c’était nécessaire. Cela aurait été compliqué de démarrer cette nouvelle série dans les mêmes studios. Là, il y avait une vraie rupture et ça a initié un nouveau souffle de tourner à Allauch. Et cette place est adorable. C’est une vraie place du Sud, typique de ce qu’on imagine dans l’inconscient collectif de la place du Midi avec les platanes, la fontaine, l’église…
Avec le Pavillon des Fleurs votre personnage trouve une nouvelle vie. Un lieu où vous abordez plein de thèmes sociaux très actuels : le harcèlement, les violences faites aux femmes, l’immigration… Est-ce que ça a été un des points forts qui a peut-être joué dans votre envie de revenir ?

Absolument ! Quand j’ai eu les rendez-vous pour parler du destin de mon personnage, j’étais un peu interloquée puisque mon fils de fiction Noé, incarné par Florian Lesieur, malgré son envie de revenir avait tellement de projets en cours qu’il ne pouvait pas répondre affirmativement à la production pour un retour sur PBLV. Donc, je n’avais plus d’enfants, je n’étais plus prof – la production avait décidé d’arrêter la partie lycéenne de la série pour se concentrer sur des étudiants – et je divorçais une fois encore avec François. Tout ça fut perturbant. On m’a ensuite parlé de ce lieu associatif et j’ai trouvé ça formidable. Le tissu associatif est si puissant que c’est grâce à lui que notre société peut tenir.
Cécilia Hornus et Agathe de la Boulaye les nouvelles grandes rivales de PBLV.
Par rapport à mon personnage, c’était une bonne idée puisque Blanche est une personne positive, tournée vers les autres, qui a déjà, dans son histoire fictionnelle, été dans des situations où elle aidait au niveau sociétal et humain. Avec tout ce qui se passe avec le mouvement #MeToo, c’est superbe de parler d’un lieu comme celui-ci qui donne une part importante aux problèmes que vivent les femmes au quotidien. Ça dépasse même le sujet des femmes puisque, comme vous le disiez, on parle d’immigration, où Blanche peut d’ailleurs donner des cours de français. J’étais touchée et contente d’avoir cet objectif pour Blanche. […] J’avais demandé à travailler avec Anne Décis. Dans la version précédente, Blanche et Luna n’étaient pas si proches, et nous voulions toutes les deux créer des liens avec nos deux personnages. On prend beaucoup de plaisir à tourner ensemble. C’est mon âme sœur que ce soit dans la vie ou dans le travail. C’était aussi une belle récompense.
Dans cette nouvelle version, vous le disiez, Blanche est désormais plus proche du personnage de Luna. Une vraie amitié s’est construite. Est-ce que vous avez redécouvert la comédienne qu’est Anne Décis en la côtoyant davantage ?

Ce n’était pas une découverte pour moi car je savais la personne qu’elle est et la comédienne extraordinaire que c’était. Néanmoins, c’est un vrai plaisir de se dire qu’on a, chaque fois que je vais au studio, quelques séquences à tourner ensemble. Ce qui est intéressant, par rapport à cette entente, c’est que comme nous travaillons dans un rythme soutenu, le fait de bien s’entendre avec ses partenaires et d’avoir une vraie complicité, un vrai instinct de jeu, permet de travailler vite et convenablement. Quand on s’entend bien, c’est hyper précieux, tout est évident. Les choses s’imposent de façon lumineuse.
« C’est comme un album de famille de suivre des personnages depuis autant de temps »
Une de vos dernières intrigues, celles avec Anne Décis, Léa François, Diane Dassigny, été passionnante. A la lecture du scénario, quelle a été votre ressenti ? Est-ce que comme nous spectateurs, vous vous demandiez comment cette histoire allait finir ?
C’était une super idée des auteurs de nous faire tourner ensemble toutes les 4 avec chacune son énergie, sa beauté, sa folie. Mais ce qui était intéressant dans cette intrigue, où chacune mettait son émotion propre, c’est que les rebondissements étaient incroyables et inattendus. Plus on avançait, plus les rebondissements et le suspens s’accentuaient. Ainsi, chaque personnage avait son moment d’angoisse, de crise, de soulagement, d’espoir et de désespoir… et ce jusqu’à la fin de l’intrigue, qui ne finit pas très bien pour toutes, puisque Luna part en prison. Et on a adoré partager ça toutes les 4. Quand on porte une intrigue, nous espérons toujours que les gens soient contents, qu’ils aient envie de découvrir/voir la suite. C’est une vraie réussite d’écriture. […] Toute l’histoire est générée par l’influence qu’a Luna sur les 3 autres. Les décisions prises émanent du personnage de Luna et même si c’est accidentel, peut-être que c’était important qu’il y ait un prix à payer.
Comment se déroulait les scènes de parloir avec Anne ?
C’était particulier. Nous tournions au studio le 1000, là où il y avait l’ancienne place du Mistral. Il restait quelques pans de murs des anciens décors mais tout avait été détruit puis vidé. Les murs sont imprégnés de nos répliques que nous avons joué pendant 18 ans, c’est un endroit chargé. L’équipe déco avait installé un parloir dans ce décor, où sont tournés nos scènes. Ce sont des séquences puissantes. C’est la magie de bien s’entendre, d’être sur la même longueur d’ondes et d’avoir la même énergie. Nous avons tourné ces scènes seulement 2 fois me semble-t-il. Nous les avons à peine répétées.
La série cartonne en termes d’audience. Qu’est ce qui fait que selon vous que les gens adhérent à cette nouvelle version ?
« Plus Belle la Vie, Encore Plus Belle » c’est toujours le feuilleton, à mon sens, qui parle le plus aux Français, le plus aux gens qui la regarde. Il y a évidemment beaucoup d’histoires policières parce qu’il faut du suspens, tenir les gens en haleine, mais il y a aussi des histoires sociétales, toutes les générations et leurs problématiques sont représentées, avec tout ce qui peut se passer dans un quartier (bar, gendarmerie, cabinet médical…). C’est l’ADN de Plus Belle, c’est pour ça que ça fonctionne toujours. Il est différent des autres feuilletons pour tous ces aspects. Et puis, quelques anciens sont revenus et le public était heureux de nous retrouver, autour de nouveaux personnages. Et je crois que ce mélange entre anciens et nouveaux plaît. C’est comme un album de famille de suivre des personnages depuis autant de temps. On a envie de savoir ce qu’ils deviennent…
« Plus Belle la Vie, Encore Plus Belle » du lundi au vendredi à 13h50 sur TF1.

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