La scénariste et productrice Fanny Riedberger, à l’origine des succès Lycée Toulouse-Lautrec et Les Randonneuses, dévoile sa nouvelle création : Le Diplôme. Six adultes repassent le bac. Six parcours, six histoires différentes, et autant de thèmes de société forts abordés à travers un récit émouvant et profondément porteur d’espoir. Un véritable coup de cœur !
Des personnages sublimes
Delphine (60 ans), Leïla (41 ans), Pierre (35 ans), Sam (66 ans), Hussein (26 ans) et Jen (21 ans) ont tous un point commun : ils repassent l’épreuve du baccalauréat. Pour certains, l’enjeu n’est pas tant d’accéder aux études supérieures que de se prouver quelque chose à eux-mêmes, voire de se redéfinir. Mais derrière ce défi commun, chacun doit affronter des combats plus intimes, qui viennent fragiliser ce projet. Delphine (Clémentine Célarié) est une femme battue, sous l’emprise de son mari (un Charles Berling terrifiant). Leïla (Camille Lellouche) est une mère de famille débordée, jonglant entre son travail et l’école, tout comme Pierre (Guillaume Labbé), en semi-liberté, qui tente aussi de renouer avec sa fille. Sam (Bernard Campan), retraité, entretient une relation difficile, presque froide, avec son père. Hussein (Ahmad Kontar), étudiant brillant, attend avec impatience ses papiers pour pouvoir intégrer une école de médecine après le bac. Quant à Jen, elle a décroché du lycée après avoir subi un harcèlement violent de la part de ses anciens camarades.

Des personnages finement caractérisés par des auteurs qui racontent notre monde, ses maux, les combats menés au quotidien par les femmes, la jeunesse, et par des adultes parfois rongés par leur incapacité à s’exprimer. Des personnages humains, incarnés par des comédiens et comédiennes d’un immense talent. Clémentine Célarié en tête, récompensée par le prix d’interprétation au Festival de la Fiction de La Rochelle, bouleversante dans ce rôle de femme battue qui tente de protéger ses enfants de la vérité. Une interprétation à fleur de peau, traversée par les larmes et la douleur, dont on ressent toute l’intensité.
Guillaume Labbé et Bernard Campan sont deux comédiens qui n’ont plus rien à prouver. Pourtant, ce dernier continue de surprendre et d’exceller dans le registre du drame.
Après L’Enfant qui mesurait le monde ou le récent Jean Valjean, il révèle une fois encore toute sa sensibilité et sa capacité à émouvoir. Dans ce rôle d’un homme incapable d’entretenir des conversations tendres et sincères avec son père, il offre des moments de grâce authentiques. Quant à Guillaume Labbé, les rôles de père de famille lui sied décidément à merveille. Ici, aux côtés de Swann Chiarini, il touche en plein cœur.
Ahmad Kontar et Julie Sassoust forment un très joli duo. La tendresse qui s’en dégage est émouvante. La jeune comédienne, elle, hérite de partitions extrêmement difficiles, qu’elle interprète avec une telle sincérité qu’il est impossible de ne pas lui entrevoir un avenir radieux au cinéma et à la télévision.
Camille Lellouche a également des séquences difficiles. Sans mal, grâce à sa sensibilité et son énergie, elle nous cueille et apporte à une dimension dramaturgique poignante à son personnage.
Le bac, un outil d’indépendance
Pour eux, l’épreuve du baccalauréat est aussi un moyen de s’émanciper, de reprendre leur vie en main, de la transformer, d’aller plus loin que leur propre condition. Il s’agit à la fois de la recherche d’un bonheur, d’une liberté, mais aussi de la volonté de prouver leur valeur aux yeux de leurs proches et de la société. S’ils ne cherchent pas l’approbation à tout prix, cet acte de courage devient très vite la preuve d’une envie de changement évidente.

Pour Delphine, par exemple, longtemps enfermée dans un rôle de femme au foyer sans autre horizon que sa famille, repasser le bac est une véritable libération : une manière de s’affirmer, de se prouver qu’elle peut accomplir quelque chose seule et reprendre son destin en main. Pour d’autres, c’est une revanche sur un échec passé, le reflet d’un parcours de vie chaotique et de difficultés sociales viscérales. En somme, le bac devient un objectif à atteindre non par caprice, mais porté par un désir plus profond : celui d’exister enfin pour soi.
Et puis, il y a cette ambiance de troupe, ce soutien indéfectible. Ils n’affrontent plus les épreuves seuls, ils sont désormais ensemble. Ces six héros forment un tout et se soutiennent aussi bien face aux défis du bac que dans leurs combats personnels.
C’est là toute la beauté de la série : avoir su créer une amitié puissante entre ces personnages, auxquels on s’attache émotionnellement et dans lesquels on peut se reconnaître. D’ailleurs, la réalisation de Philippe Lefebvre et Vianney Lebasque contribue largement à la beauté des relations humaines développées dans la série, à la création de cette atmosphère presque familiale entre ces personnages, et à donner du rythme aux échanges, tantôt âpres, tantôt doux.
Conclusion
Le Diplôme est une série profondément dramatique. Néanmoins, elle ne tombe jamais dans le pathos, ni dans le larmoyant gratuit. Elle reste lumineuse, chaleureuse et, surtout, porteuse d’espoir. Oui, la série est parfois tragique, tant elle aborde des thèmes durs et percutants, mais ses auteurs parviennent à maintenir un équilibre juste entre le drame et des instants plus légers, porté notamment par des personnages secondaires, le corps éducatif, drôles et mignons (Marc Riso, Fred Hazan, Cécile Rebboah et Vanessa Guide, qui entretient par ailleurs une relation très belle avec le personnage de Guillaume Labbé).
À travers ce travail autour de la fratrie, de la notion de groupe et de solidarité, Le Diplôme raconte comment des individus, réunis par un même objectif, finissent par se souder et avancer ensemble, d’un même élan. Une série sur l’union, la résilience et la force du collectif.
Le Diplôme rappelle avec justesse que l’apprentissage n’a pas d’âge, et que se relever est finalement la plus belle des réussites. Magnifique !
Le Diplôme le 12 janvier sur TF1.
* Mon interview avec la comédienne Julie Sassoust est à retrouver ici.

Très bof cette série et très peu captivant !! Même pas regarder jusqu ‘ au bout !!