[INTERVIEW] – DÉSENCHANTÉES/ANAON : CAPUCINE MALARRE, NOUVELLE FIGURE DE LA TÉLÉVISION FRANÇAISE : « Quand on tourne très jeune, on ne réalise pas forcément l’importance de notre place, ni tout le travail que cela demande »

Révélée très jeune à l’écran, Capucine Malarre trace depuis un parcours sensible et exigeant, entre fictions populaires et projets plus intimes. De Désenchantées à Anaon, la comédienne enchaîne les rôles habités, où l’émotion affleure toujours derrière la justesse du jeu.
Rencontre avec une actrice instinctive, profondément attachée à ses personnages, qui se confie sur ses débuts et raconte les coulisses de ses deux dernières productions télévisées.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir comédienne ?
J’ai commencé le théâtre assez tôt, quand j’étais jeune. J’en ai toujours un peu fait à travers des cours et c’est quelque chose qui m’a toujours plu. Mais au début, je pensais que c’était un art que tout le monde aimait, que ça nous amusait tous autant. J’ai vite réalisé que, moi, ça me plaisait particulièrement.
J’ai ensuite fait un court métrage dans une sorte de colo de cinéma avec une amie à moi, qui s’appelait Moonlight. Il y avait eu un casting et je m’étais retrouvée à jouer dans ce film, et l’expérience m’avait énormément plu. Mais surtout, le réalisateur m’avait dit après le tournage que je pouvais me renseigner sur des castings à Paris, prendre des cours de théâtre, ce genre de choses, et que c’était vraiment une voie possible pour moi. C’est à ce moment-là que j’ai repris des cours de théâtre, que j’ai commencé à me renseigner davantage, et à jouer des choses qui ont vraiment commencé à me plaire. J’ai peu à peu découvert l’art du jeu. C’est ça qui m’a réellement donné envie, je dirais.
J’ai eu un agent à l’âge de 15 ans et je tournais dès l’âge de 16 ans. En parallèle, j’ai suivi les cours Florent après le bac avant un passage en fac de cinéma, pratique de l’esthétique.

Vous avez fait vos débuts dans des séries très populaires comme Sam ou Camping Paradis. Qu’est-ce que vous retenez de ces premières expériences professionnelles ?
C’était en 2021, et ce fut l’un de mes premiers « gros » rôles, avec un épisode centré principalement sur mon personnage. Du coup, ça a été mes premiers vrais questionnements autour de la construction d’un rôle.
Ce sont des expériences importantes, où l’on apprend aussi à se comporter au sein d’un groupe, à s’intégrer dans une dynamique de travail, à prendre des responsabilités par rapport à son personnage, et à apprendre à se connaître face à une caméra. Quand on tourne très jeune, on ne réalise pas forcément l’importance de notre place, ni tout le travail que cela demande. Pendant toutes ces années, je cherchais un peu quelle serait ma méthode, et si ce métier allait vraiment me plaire.
C’étaient de vrais terrains d’expérimentation, et je suis très reconnaissante d’avoir été choisie pour ces premiers projets. Ça m’a permis de tester des choses différentes dans le jeu, avec des thématiques variées aussi.

À la télévision, vous avez eu de magnifiques partitions à défendre, notamment dans Désenchantées. Vous incarniez Angélique Courtin-Ado, un personnage complexe et touchant. Comment avez-vous abordé ce rôle à l’époque ?

J’ai découvert Les Désenchantées d’abord par le livre. David Hourrègue m’avait offert le roman, donc j’ai lu toute l’histoire. Il y a beaucoup plus de détails sur Angélique dans le livre : son enfance, sa rencontre avec Sarah Leroy… Tout ça, je l’ai gardé en mémoire pour nourrir mon personnage.
Ensuite, il y a eu beaucoup de discussions et de répétitions avec David : sur sa vision du personnage, sur ce qui était écrit dans le livre, sur ce que moi j’avais envie d’y apporter. Ces échanges ont vraiment façonné Angélique. J’avais très envie de la protéger et de l’aimer. On découvre d’abord une Angélique magnétique, en pleine puissance, qui attire le regard.

À la lecture, ça peut presque être intimidant. Et puis, très vite, elle traverse un événement dramatique. Il fallait aborder ça avec beaucoup de tact, faire attention à ce qu’on montre d’elle et à ce que peuvent ressentir les personnes qui vivent ce type de situation. Jouer toutes ces subtilités, c’était une opportunité magnifique. Sur un plateau, tout est très condensé, et ça pose beaucoup de questions très fines. Heureusement, David était là pour nous guider, nous rappeler les nuances, éviter qu’on tombe trop dans le côté uniquement meurtri, et montrer aussi son évolution, sa reconstruction.

C’était une très belle expérience de vivre Angélique. On passait émotionnellement d’un extrême à l’autre, et c’est à la fois ce que j’aime dans ce métier et ce qui peut le rendre complexe. Mais ce qui compte, c’est de raconter l’histoire au plus juste et de vivre pleinement ce qui arrive au personnage.

C’était un tournage éreintant ?
Oui, d’autant plus que nous avons commencé le tournage par des séquences très importantes et décisives pour nos personnages, notamment celle de la fin de l’histoire des Désenchantées. On est donc entrés tout de suite dans le vif du sujet, et ça a pu être un peu abrupt au début. Mais comme c’est une très belle histoire, et qu’on avait vraiment envie de défendre Angélique, Sarah, toutes les Désenchantées, et plus largement toutes les jeunes filles qu’elles représentent, ça nous a portés tout du long. Par rapport aux autres projets que j’ai faits depuis, c’est sans doute l’un des tournages les plus intenses que j’ai vécus, à la fois émotionnellement et physiquement.

Vous disiez, à juste titre, que le personnage d’Angélique est magnétique au début. Elle doit capter tout de suite l’écran. Cette partie-là était difficile à travailler ?
Oui et non. Dans le livre, elle est décrite comme magnétique, blonde, magnifique, avec plein d’adjectifs très forts. L’idée, pour moi, ça a été de trouver Angélique notamment dans les différences que j’ai avec elle, dans d’autres choses que ce qui est écrit et que je ne suis pas forcément. C’était de la chercher dans des éléments plus simples, plus humains, auxquels on s’attache plus facilement que des termes comme magnétique, qui sont assez abstraits et finalement difficiles à traduire à l’écran. J’ai beaucoup suivi la direction de David, dans la manière dont elle est filmée, dans sa joie, son entrain, sa curiosité… Tout ça participe à ce rayonnement. À la lecture, c’était un peu impressionnant, presque intimidant, mais au final on a travaillé sur d’autres nuances, tout en essayant de retrouver l’Angélique telle qu’elle est décrite dans le livre. Et puis ça passe aussi énormément par les dynamiques avec les autres personnages : le regard de la mère de Sarah, celui de Sarah elle-même, de Benjamin, d’Éric… C’est à travers eux aussi qu’on comprend qui est Angélique.

« Sur le plateau, comme souvent, on se rapproche à travers les galères, les réussites et les beaux moments de tournage »

Je sais que David a préparé avec soin la maison, et surtout la chambre d’Angélique. De quelle manière vous êtes-vous approprié cet environnement pour construire votre personnage ?
Avant le tournage, forcément, je m’imaginais la chambre, la maison. On nous avait montré quelques photos en amont, ce genre de choses qu’on garde en tête. Mais sur un tournage, on n’a pas toujours le temps de vraiment s’imprégner des lieux dès qu’on arrive, de s’arrêter sur tous les détails d’une chambre. Cela dit, c’était génial de découvrir les photos, les posters, tous ces éléments. On s’en imprègne sur le moment. On avait la mer tout près, donc on pouvait se balader, être dans la ville, et ça, ça aide aussi à nourrir le personnage. Sur les décors intérieurs, c’était un peu plus compliqué de prendre le temps. Moi, par exemple, j’aimais bien réfléchir au personnage en marchant dehors, dans la rue.
Sur le tournage de la série Anaon, on est restés une semaine dans la maison où vivait mon personnage. Pendant mes pauses, j’allais souvent me poser dans sa chambre, regarder les photos, m’asseoir sur son lit… Forcément, ça crée un lien très fort avec le lieu. Mais il y a aussi quelque chose de très excitant dans le fait de découvrir les décors au moment du tournage. Quand on a découvert la chambre avec Nelligan, on était trop heureuses d’être là ensemble.

Sur Désenchantées ou Anaon, avez-vous pu apporter des éléments dans la chambre de vos personnages : une photo, un objet, quelque chose de familier ?
Je n’ai pas ramené d’objets, mais j’ai envoyé pas mal de photos. Du coup, c’était toujours un grand jeu pour moi de voir lesquelles avaient été choisies. Ça me fait beaucoup rire et ça me plaît énormément de voir des éléments de ma vie posés là, ou des photos de moi petite, ou de ma famille.
Je sais que sur Anaon, à un moment – même si je ne crois pas qu’on la voie à l’écran – il y avait par exemple une photo de moi avec mon grand-père, dans la maison de retraite de ma grand-mère. Ce sont des éléments qui me touchent sur le plateau et que je trouve trop mignons comme rappels.

Désenchantées est avant tout une histoire d’amitié entre quatre jeunes filles. Vous aviez la plupart de vos scènes avec Leïna, Clémence et Nelligan. De quelle façon avez-vous créé ensemble ce quatuor en amont et pendant le tournage ?

On a d’abord fait une rencontre avec le réalisateur David Hourrègue et la productrice Carole Della Valle. Ça nous a permis de créer un premier contact. Leïna et Clémence se connaissaient déjà. Avec Nelligan, on s’est retrouvées toutes les deux dans une salle à un moment, et David nous a dit : « Je vous laisse faire connaissance », puis il est parti. Ce sont des petits moments de complicité qui commencent à créer des liens. Ensuite, on a discuté toutes les quatre dans cette même salle. David nous a apporté un bonnet qui allait être celui de Sarah pour son départ en mer. Il nous a proposé d’écrire des mots pour elle dessus. C’était un premier moment un peu dans nos personnages : on écrivait sur ce bonnet des paroles de chansons, des choses venant de nos personnages pour celui de Nelligan.

C’était déjà très touchant.
Ensuite, on a fait plusieurs répétitions. Ça nous a permis de voir, en jeu, ce qui se passait entre nous. Avec Leïna, il y a des choses qui nous ont touchées toutes les deux, des regards échangés avec les filles pendant ces répétitions, qui étaient très importants. Avec Nelligan, on a aussi eu des répétitions de danse pour les chorégraphies de la série. On s’est liées par la danse. Comme on joue une amitié très forte dans la série, c’était chouette de rater les chorégraphies ensemble et de les réussir ensemble.
Sur le plateau, comme souvent, on se rapproche à travers les galères, les réussites et les beaux moments de tournage.

Quand il y a les feux d’artifice dans la série et qu’on a réalisé qu’il y avait de vrais feux d’artifice, on avait toutes des étoiles dans les yeux. On s’est regardées, tellement heureuses de vivre ce moment.

« C’était une chance d’avoir une vraie créature face à nous pour jouer »

Après Désenchantée, il y a eu Anaon, toujours avec David Hourrègue, un rôle qui est très différent. Là aussi, comment l’avez-vous abordé ?
C’était la première fois que je travaillais avec David car, chronologiquement, nous avons tourné Anaon en premier. On a eu un entretien tous les deux où il m’a parlé du personnage et de son évolution épisode par épisode, pour m’expliquer ce qu’elle traversait et les endroits un peu spécifiques où il avait envie d’aller. C’était aussi l’occasion de faire un point plus général. Comme c’était la première fois que j’avais un rôle aussi important, il voulait savoir si j’avais des craintes par rapport au personnage, des peurs particulières. Ça a été très bénéfique de parler de tout ça. Pour moi, c’était important d’être au clair avec les épisodes et de savoir que j’allais évoluer dans un espace de confiance pour travailler.
Wendy, c’est une fille sensible, un peu impulsive dans ses choix. J’ai fait attention aux phrases qui me parlaient particulièrement, qui me touchaient directement. D’abord, je fais une lecture globale pour voir ce qui résonne tout de suite en moi. Ensuite, je regarde là où ça bloque, là où le cheminement est moins clair. Wendy est confrontée à beaucoup d’événements à chaque épisode. Elle a des dynamiques différentes avec chaque personnage : avec son père, sa meilleure amie, sa grand-mère. Il y a aussi le deuil de sa mère, qui est très douloureux pour elle. J’ai essayé de voir comment nuancer tout ça à chaque étape. J’ai repéré dans le scénario qu’il y avait beaucoup de moments où Wendy s’effondre, est triste, en colère, meurtrie. Ce sont des choses qu’on a affinées au fur et à mesure du tournage. Mais je me suis sentie assez vite proche d’elle.
Enfin, j’ai fait des recherches sur le deuil, sur les ressentis que ça peut provoquer, en m’intéressant à différents témoignages. David m’en a aussi parlé, lui qui l’a vécu à un jeune âge. C’était précieux de recueillir ce que chacun avait à dire. Ça m’a nourrie pour construire le personnage de Wendy.

Tout à l’heure, on parlait de la déco. Vous avez eu la chance de tourner dans des extérieurs absolument sublimes, qui appellent en plus à l’imaginaire…
C’est clair. Au moment où on recherche Gwen lors de la battue, dans cette forêt avec ses pierres géantes, avec la fumée, dans ce lieu presque fantastique, on se projette directement dans l’histoire. Et quand tout le monde est à ce point au taquet – toute la figuration, toute cette énergie – c’est assez génial.
La Bretagne, c’était vraiment magnifique pour tourner. Et puis tout le travail de la déco, en plus des lieux sublimes qui avaient été trouvés en repérage… C’était un mélange qui rendait ce tournage assez hallucinant. J’étais comme une enfant.

Il y a de très belles scènes, notamment avec la comédienne Christiane Cohendy, qui incarne votre grand-mère. Où êtes-vous allée chercher ces émotions-là ?

Christiane est une personne très douce, très aimante et une super comédienne. J’étais ravie de tourner avec elle. C’est une dynamique qu’on joue peut-être plus rarement : avoir autant de scènes avec sa grand-mère. Elle, elle était comme une enfant à l’idée de jouer quelqu’un possédé, d’avoir des visions, d’incarner tout cet héritage familial de pouvoirs. C’était assez excitant.
Ensuite, c’est le fait d’être nourrie par tout le reste qui m’a permis de jouer ces scènes d’intimité et de sensibilité avec elle. Par exemple, la scène où on regarde les extraits des cassettes (photo ci-dessous) : on n’avait rien en face de nous à la télévision. C’est David, le réalisateur, qui était dans la même salle que nous, à un mètre, et qui nous décrivait ce qu’on était censées voir à l’écran.

Et là, franchement, c’est grâce à ses mots. Il choisit tellement bien ses mots, il a une précision sur ce qu’on voit à l’image… Moi, ça m’a tout de suite touchée et ça allait exactement à l’endroit où j’avais besoin que ça aille.
Un bon metteur en scène, c’est aussi quelqu’un qui trouve les endroits qui vont te parler et t’emmener ailleurs que ce que tu avais prévu. Les souvenirs, ça peut être dur parfois. Ce sont des moments de connexion intenses.

Vous avez évoqué son nom : Guillaume Labbé joue votre père de fiction. Est-ce que vous pouvez nous parler de cette collaboration avec lui ?
J’ai beaucoup aimé travailler avec Guillaume. C’est vrai que, par rapport à d’autres projets, on s’est vraiment connus, je dirais, à travers les personnages. On a commencé assez rapidement avec des scènes où il y avait une grosse proximité entre nos personnages. Une des premières scènes que nous avons tournées ensemble est celle où nous sommes tous les deux au cimetière, devant la tombe de ma mère. Le fait de commencer par des séquences fortes comme celles-ci, tous les deux, nous a permis de vraiment nous souder pour le reste du tournage. J’ai vraiment beaucoup aimé tourner avec lui.
On avait parlé avec David d’un pacte « d’aller bien » parce que quand la série commence, on retrouve les deux personnages après avoir tout perdu. Moi, j’ai perdu ma mère et lui, il a perdu sa femme. Ils se font le pacte d’essayer d’aller mieux dans leur vie. Je sais qu’il y a des séquences que j’aurais pu aborder un peu plus violemment, ou d’une manière un peu plus adolescente, un peu agacée par son père ou par la vie. Du coup, David me rappelait à ce pacte d’aller bien. Il utilisait le terme de doux-amer pour qualifier leur relation et l’atmosphère de la séquence. Et toutes ces petites choses ont aidé à construire notre relation à tous les deux.

En dehors du personnage, Guillaume est quelqu’un que je trouve très chouette, bienveillant, et tout ce dont j’ai besoin pour jouer avec quelqu’un. Ce qu’il envoyait, ça me touchait vraiment en plein cœur. J’étais à l’écoute de ce qu’il proposait, et je trouve que c’est un super comédien, extrêmement sensible, hyper intéressant et curieux.

C’était impressionnant de tourner face à une vraie créature ?

Oui, c’est très impressionnant les premières fois. Je sais qu’on a fait des essais caméra avant. David n’avait pas très envie qu’on voie énormément la créature, pour qu’on se garde un peu la découverte pour le tournage. Du coup, on avait créé tout un mystère autour d’elle, dont on ne voyait que des bribes. Ils avaient fait des essais de caméra avec de la fumée, du bruit, de la musique… Donc c’était très inquiétant. On se faisait des petites frayeurs, et c’était génial.
Ensuite, quand vous voyez le comédien à moitié dans le costume, ça brise un peu le mythe (rire). Sous son costume, il ne voyait pas très bien. Il était guidé à la voix par David. Parfois, il partait dans la mauvaise direction au moment de nous faire peur.

Ça créait des petits moments de fou rire qui étaient assez géniaux et qui amenaient autre chose. Ils ont travaillé une sorte de chorégraphie, tout un mouvement avec David, pour qu’il ait une manière d’avancer. Et nous, on a travaillé des chorégraphies avec la créature, sans costume, pour les combats.

C’était une chance d’avoir une vraie créature face à nous pour jouer. C’est mieux qu’un truc en CGI qu’on ne voit pas ou qu’on doit deviner. Il y a un moment où la créature m’attrape par le cou, me soulève et m’approche tout près de lui. Il y avait une sorte de bave noire qui coulait de sa bouche et qui me tombait presque dessus.

J’avais un vrai dégoût en moi, et de la peur. Sans la vraie créature, ça aurait été plus difficile.
Et le costume était super bien fait. Franchement, l’équipe a travaillé de manière magnifique.

Avec David Hourrègue, c’est une belle histoire. Vous serez à l’affiche de ses deux prochaines fictions, Oro et 1er Mai. Est-ce que vous pouvez nous raconter votre première rencontre et comment cette relation évolue ?
On s’est rencontrés en casting pour Anaon. J’avais envoyé des tapes pour le rôle de Wendy, puis je suis revenue pour le callback. C’était ma première rencontre avec David. Je pense que, comme beaucoup de gens, quand on rencontre David, on n’a plus envie de repartir. J’ai adoré son énergie, son enthousiasme et son entrain pour le projet, la manière dont il en parlait. J’avais très envie de travailler avec lui.
Pendant mon callback, il avait joué le rôle du père. J’avais trouvé ça génial d’avoir quelqu’un d’aussi investi. Et ça a été comme ça pendant tout le tournage : quelqu’un qui lie une équipe, qui sait où il veut aller, qui a ses souvenirs, ses références, tout cet amour du cinéma et du jeu, et qui dirige énormément.
Puis il y a eu Désenchantées. J’ai eu la chance d’avoir quelqu’un qui me voyait aussi dans des rôles différents, qui n’a pas eu peur de m’emmener complètement ailleurs. On avait même une sorte de pacte : prendre des risques sur les projets, faire des choses différentes, être exigeants sur les séquences. On est touchés par les mêmes choses, on a une sensibilité commune. J’admire beaucoup ce qu’il fait, son travail, ce qu’il a fait avant et ce qu’il continue de faire.
Il se challenge lui-même en passant d’un type de tournage à un autre. Passer de Désenchantées, en France, avec tout le matériel nécessaire, à Oro, avec seulement vingt jours de tournage, dans la boue… il faut le faire.

Un petit mot sur Oro pour conclure. Retour au fantastique. Est-ce que ça a été un tournage éprouvant ?
C’est drôle, mais paradoxalement, pas vraiment. Certes, ça a été très intense. On avait énormément de séquences à tourner par jour, dans des conditions parfois complexes. Je m’attendais vraiment à ce que ce soit le chaos, que ce soit plus difficile sur plein d’aspects. Je savais dans quoi je me lançais, David aussi : vingt jours de tournage pour quatre épisodes, comme sur Désenchantées. Il y avait parfois jusqu’à douze séquences par jour, avec des thématiques très fortes à chaque fois. Mais finalement, non, notamment parce qu’on tournait beaucoup au même endroit.
Par moments, on avait vraiment les pieds dans la boue jusqu’aux genoux. Mais on était tellement pris dans l’histoire que j’ai surtout trouvé ça excitant. J’en ai juste profité. Ça a été l’un de mes plus beaux tournages, et clairement un de ceux que j’ai préférés. Ça valait tout : le HMC dans la boue, les vingt minutes de bateau tous les matins, etc. David a rendu cette aventure géniale et on a vécu une expérience complètement folle.

Anaon dès le 4 février sur France Télévisions. Et déjà disponible sur Prime Video.

* Mon interview making-of de la série Anaon avec le réalisateur David Hourrègue est à retrouver ici.
* Ma critique de Anaon est à retrouver ici.
* Ma critique de la série Désenchantées est à retrouver ici.
* Mon interview avec David Hourrègue pour Désenchantées est à retrouver ici.
* Mon interview avec Constance Labbé est à retrouver ici.
* Mes deux interviews avec la compositrice Audrey Ismaël sont à retrouver ici et ici.